Retour hommage

Retour entraîneur

Raymond

GOETHALS

.

.

.

.

Carrière de joueur

Poste : Gardien de buts

Daring Bruxelles (1933/49)

Racing Bruxelles (1949/52)

 

.

.

Carrière d'entraîneur

FC Hannutois (1956/57)

Stade Waremme (1957/59)

Saint Trond (1959/66)

RSC Anderlecht (1976/79)

Bordeaux (1979/80)

Sao Paulo FC (1980/81)

Standard Liège (1981/84)

Vitoria Guimarès (1984/85)

Racing Jet Bruxelles (1985/87)

RSC Anderlecht (1987/89)

Bordeaux (1989/90)

Marseille (1990/93)

RSC Anderlecht (1994/96)

 .

.

.

Carrière de Sélectionneur

Sélectionneur adjoint de l'équipe de Belgique (1962/66)

Sélectionneur de l'équipe de Belgique (1966/68)

.

.

.

.

.

.

Raymond-la-Science, Raimundo, Raymond le Belge, le Sorcier, le Magicien: les surnoms ne manquaient pas à Raymond Goethals. La mort a calmé ce personnage à l'âge de 83 ans, le 06 décembre 2004. Il laissera le souvenir d'un entraîneur de foot hors pair, champion d'Europe avec l'OM.

Cherchant constamment refuge chez le figaro-teinturier plutôt que chez l'apothicaire, il s'en remettait à la nature pour lui dicter son hygiène de vie. Ni gastronome ni oenologue, il ne vivait pas pour autant en ascète, se couchant souvent au milieu de la nuit et se levant rarement au chant du coq. Expansif, il n'avait pas son pareil pour évacuer le stress. Chacun se souvient de ses gesticulations, de son emportement, de ses vociférations, de ses colères noires comme de ses interminables éclats de rire. Cet homme-là vivait constamment sur les charbons ardents, éprouvant jusqu'à l'extrême limite de l'entendement sa résistance nerveuse.

L'exercice de son art l'emmena aux quatre coins du monde. Durant des années, il planta son quotidien entre les quatre murs d'une chambre d'hôtel, avec un lit pour dormir, un bain pour se rafraîchir et un bureau pour réfléchir.

Hormis un diplôme délivré par l'école des entraîneurs, il ne pouvait guère se targuer de soutenir la conversation avec les gens du savoir. Ancien huissier au ministère des Affaires étrangères, il ne maîtrisait aucune langue mais les parlait toutes, écorchant presqu'à plaisir les mots comme les noms propres. Sa mémoire, par-dessus tout, était phénoménale et s'il la perdait, l'ombre d'un instant et le temps de se passer la main dans sa crinière de jais, c'était pour mieux peaufiner sa répartie et démanteler l'ultime argument de son interlocuteur. Sa gouaille de ketje bruxellois n'avait d'égal que sa mauvaise foi.

Bonimenteur infatigable, il n'avait pas son pareil pour faire prendre au parterre de ses admirateurs des vessies pour des lanternes. Il usait et abusait de ses mimiques comme de ses tics. Clope éternellement vissée au coin des lèvres, il mastiquait le filtre de sa Belga comme il l'aurait fait d'une chique, à la différence près qu'au lieu d'ingurgiter la nicotine, qu'il assimilait à du poison, il la renvoyait, en épaisses volutes de fumée nauséabonde, dans le visage de ses rares contradicteurs. Devenu, au fil des ans, un sujet de contemplation ou de méditation pour les scientifiques les plus avertis, ce consultant dans l'âme combla de ses réflexions et de sa verve des générations entières de chroniqueurs.

Son expérience et son palmarès étaient, il est vrai, incomparables. Stratège hors pair, il avait remporté les plus belles victoires sur les champs de bataille les plus minés

Jamais Goethals ne fut contraint à la capitulation. Jamais, non plus, en 40 ans de carrière, il ne connut l'infamie d'un limogeage. C'est ma grande fierté, clamera-t-il plus d'une fois. Je n'ai été remercié nulle part. Partout, j'ai été au bout de mon contrat en accumulant les bons souvenirs : mon passage à Marseille, mes 3 finales européennes avec Anderlecht et mes 2 titres avec le Standard.

Tantôt surnommé Raymond-la-Science, tantôt comparé à un mage, il était doté d'un flair et d'un pragmatisme à toute épreuve. Son réalisme parfois outrancier ne lui avait pas valu sur le terrain que des amis.

Mais il n'avait cure des critiques. Fin psychologue, il n'avait pas son pareil, non plus, pour tirer la quintessence de ses troupes et renvoyer la pression sur l'opposition. Il excellait, aussi, à dresser le portrait-robot du renfort idéal comme il n'hésitait jamais à porter un jugement sans concession sur chaque footballeur soumis à la finesse, impitoyable, de son analyse.

Recruté par Bernard Tapie pour le compte de l'OM, il entretint pendant 3 ans avec son fantasque employeur des relations parfois torrides.

Au cours de ma carrière, personne ne m'avait jamais dicté la conduite à suivre ni, encore moins, les joueurs à sélectionner. Tapie s'y essaya à plusieurs reprises, sans succès. Parfois, il me téléphonait, de Paris, à trois heures du mat, pour connaître la composition de l'équipe. Je lui répondais invariablement que ça dépendrait du quadrillage du terrain. " Toi, le Belge, tu me fais chier avec ton quadrillage du terrain mais si tu perds dimanche, je te vire ", me lançait-il furibard avant de raccrocher. Je suis resté 3 ans à Marseille. Personne, ni avant ni après moi, n'a tenu aussi longtemps, surtout pas sous l'ère Tapie.

A Marseille, Goethals devint rapidement un héros. Accueilli comme un messie sur le Vieux Port, il enseigna, quai des Belges, les subtilités de la belote aux champions du monde de la pétanque tout en boutant le feu au stade Vélodrome. Couronné à trois reprises roi de France, il offrit aussi et surtout à l'OM ainsi qu'au football hexagonal sa première Coupe des clubs champions,

Les spécialistes n'avaient pas attendu cet exploit pour lui attribuer le banc d'or, la distinction suprême de la corporation.

C'était ma plus belle récompense, aimait-il répéter. Elle m'avait été attribuée, par le gratin des journalistes italiens, en 1991, après ma première saison à Marseille et le partage réussi à l'AC Milan. Deux ans plus tard, j'ai dû me contenter du banc d'argent alors que j'avais conquis le doublé championnat-Coupe des champions. Mais Capello avait réussi cette saison-là une incroyable série de 34 matches sans défaite en compétition italienne.

Enfin repu, le maître rendit alors son tablier.

Bonne mère, priez pour lui !

.

.

.

.

BILAN EQUIPE NATIONALE

44 matches : 25 victoires

11 défaites, 8 nuls

69 buts pour 37 contre

 .

.

.

Palmarès

- Banc d'Or (Marseille 1991)

- Banc d'Argent (Marseille1993)

.

- Qualification à la phase de la coupe du Monde 1970

- 3ème de l'Euro 1972

- Qualification en 1/4 finale de l'Euro 1976

 

- 1 Coupe d'Europe des clubs champions (Marseille 1993)

- 2 Supercoupes d'Europe (Anderlecht 1976 et 1978)

- 2 Coupes d'Europe des vainqueurs de Coupes (Anderlecht 1976 et 1978)

- 4 Championnats de Belgique (Standard de Liège 1982, 1983 et 1987) - (Anderlecht 1994)

- 2 Coupes de Belgique (Anderlecht 1988 et 1989)

- 3 Championnats de France (Marseille 1991, 1992 et 1993)

..

(textes et images tiré du site http://www.sporever.be)

Toute reproduction intégrale ou partielle des textes ou photos est strictement interdite.