Le Stade Vélodrome vit le jour sur le papier en 1930, mais sa première pierre fut posée le 28 avril 1935 par le Docteur Ribot, Maire de Marseille. Conçu initialement par Henri Ploquin, le projet était de doter la ville de Marseille d'un stade Olympique, mais la Mairie, n'ayant pas les moyens de construire un tel complexe sportif, revit ses ambitions à la baisse et opta pour un Vélodrome polyvalent de 35 000 places, avec une piste cycliste et la possibilité d'accueillir d'autres disciplines.

Après 26 mois de travaux, il fut inauguré en présence du conseiller municipal à la racine du projet Gabriel-Pierre Vallérian qui en devient son nouveau directeur, du Docteur Ribot, maire de Marseille et de Léo Lagrange, ministre des Sports. La fête débute par un meeting d'athlétisme, puis une course cycliste. L'OM qui vient de conquérir son premier titre de Champion de France professionnel affronte ensuite en match de gala l'équipe du Torino, l'un des grands clubs italiens de l'époque. Le spectacle se joue à " guichets fermés " (pour une recette de 208 000 francs) devant 35.000 spectateurs, l'OM battant finalement les italiens 2-1. C'est à l'olympien Zermani que reviendra la gloire de rentrer dans l'histoire en inscrivant le premier but de l'histoire du "Vél'". Cette victoire permettra à l'OM , selon Le Sémaphore, de "terminer triomphalement une longue et glorieuse saison". De l'avis de tous, le stade est une vraie réussite et qualifié par la presse comme "le plus beau de France". Son innovante architecture de béton permet une excellente visibilité depuis les tribunes. Le Sémaphore du 15 juin écrira "Les tribunes et gradins si largement garnis ... offraient un spectacle inoubliable tant le cadre était enchanteur, devant cette verte prairie qui forme le terrain de football et que ceinture la piste cendrée de course à pied ainsi que la piste cycliste dont la tonalité rose accentue le plaisir des yeux.". Grâce à son nouveau stade, Marseille put accueillir la Coupe du Monde en 1938.

Les quatre tribunes du stade portent des noms de sportifs

- le coureur à pied Jean Bouin,

- le cycliste Gustave Valentin Ganay,

- une figure historique de la peste de 1720 (Virage Sud) le Chevalier Roze

- le boxeur marseillais (Virage Nord) Ray Grassi, mais cette tribune a été rebaptisée du nom d'un supporter charismatique Patrick de Peretti dit "DePé", mort accidentellement en juillet 2000

Avant la guerre l'OM traînait des pieds pour aller jouer au Vélodrome, car le club était propriétaire du coquet stade de l'Huveaune où il évoluait depuis le début du siècle. Pour les supporteurs Olympiens de l'entre-deux-guerres, le vrai stade de l'OM était le stade de l'Huveaune, propriété de l'OM et dont l'érection des tribunes fut financée par les supporteurs au début des années 1920. Dans ces années guerres, le stade est successivement occupé par les militaires français, allemands et américains. Les activités sportives continuent mais les dégâts occasionnés par les engins militaires ne seront totalement effacés que bien des années après de plus à la fin du conflit, l'OM n'est plus propriétaire du Stade de l'Huveaune.

Le Stade Vélodrome, construit par la ville, est un stade municipal et l'OM n'est que l'utilisateur payant. En 1965, l'homme de presse Marcel Leclerc prend la direction du club de football. Il renfloue sur ses propres deniers les caisses vides et en contrepartie de son apport financier, demande à la municipalité une détaxe pour les matchs de l'OM au Stade Vélodrome ainsi que l'octroi d'une subvention. Devant le refus de la mairie, il décide que l'OM ne jouera plus au Vélodrome jusqu'à nouvel ordre et fait réaménager le stade de l'Huveaune. C'est donc sur son ancien terrain que le club finira par retrouver l'élite de la première division. De fait, alors que l'équipe renoue avec le succès, Leclerc obtient gain de cause et l'OM réintègre le Stade Vélodrome au début de la saison 1967. On note peu de transformations dans les années 1970, adjonction de quatre pylônes de 60 mètres de haut pour l'éclairage des rencontres nocturnes. Ces pylônes, qui apportent une puissance de 1.200 lux, viennent remplacer les vétustes projecteurs posés en 1958 le long des tribunes Gustave Ganay et Jean Bouin. Les "praticables" de ces mêmes tribunes sont inaugurés en mars 1971, ce qui augmente la capacité du stade d'environ 6.000 places assises, pour un total de 55 000 places en tenant compte des "populaires", ces places peu chères où les spectateurs se tiennent debout.

 

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