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Pancho et le maillot sans nom

Personne ne peut oublier ses débuts. Quand un joueur les effectue dans une équipe comme l'OM de 1998-99, c'est encore plus impressionnant.

En ce jour d'octobre, Roland Courbis est privé de Laurent Blanc, laissé au repos, Cyril Domoraud et Éric Roy, blessé, Peter Luccin et Titi Camara suspendus ; alors il appelle deux jeunes sur le banc de touche pour le voyage à Nancy.

" Avec Richard Martini, nous étions comme des gosses en ouvrant notre paquetage, explique Pancho Abardonado. Richard me montre le maillot or, celui du centenaire, floquées à son nom et moi, je découvre un numéro 33, sans non. Je ne dis rien, mais Christophe Dugarry voit que je suis peu déçu, même si je ne dis rien, je lui explique et il va avoir Laurent Spinosi : " comment peut-on arranger le coup pour le petit ? Il n'a pas son nom. " Spino lui répond : " prends un feutre. "

" Alors, Duga récupère le feutre utilisé par le coach à sa causerie, et il me dit : " Donne ton maillot ", et part écrire aux toilettes. Il me rend donc le maillot avec mon nom écrit au feutre. J'étais fou de joie. "

L'O.M., même sans Pires, laissé sur le banc, maîtrise son match avec une charnière inédite Gallas-Issa et marque trois buts, deux de Florian Maurice, en pleine bourre et un de Gourvennec, contre un de Tony Cascarino. Roland Courbis lance à ses joueurs : " les gars, Lolo Blanc n'arrête pas de me téléphoner sur le banc, alors, s'il vous plaît, gagné pour lui ! "

DUGA, son feutre

et ses lettres

de plus en plus petites

A un quart d'heure de la fin, Courbis s'annonce à Pancho qu'il va rentrer. Après son échauffement, il le prend par l'épaule et lui glisse : " Allez, tu te comportes comme un grand ! "

" Là, il découvre mon nom, où les lettres, écrites par Duga, sont de plus en plus petites en allant vers la fin. Il me demande ce qui s'est passé, et puis j'entre en jeu, nous tenons le coup et nous gagnons 3-2 "

L'O.M. prend un peu d'avance sur Bordeaux et dans les vestiaires, Roland passe une soufflante à l'intendance. " Cette semaine, je veux que le petit et autant de maillot qu'il voudra, floqués à son nom et avec le numéro qui va choisir ! "

" Moi, j'étais sur mon nuage, raconte Pancho. La prime de victoires équivalait à un an de salaire comme stagiaire. Je disais à Richard : je vais m'acheter un poste Pionneer et des baffes ! Et puis j'ai offert une Lancia à mon père. Il habitait la Castellane, il arrivait tout fier, dans sa voiture aux sièges en velours, en disant : " c'est mon fils qui me l'a payée ! " C'était fantastique pour moi de pouvoir lui faire autant plaisir. "

Le problème c'est qu'avec le temps, Pancho a regretté les instants qui ont suivi le coup de sifflet final. Dans l'euphorie de la victoire, il a donné son maillot.

" Je connais le supporter qui l'a récupéré et encadré. Ça fait des années que j'essaie de le récupérer, j'ai même proposé de l'acheter, il n'y a rien eu à faire. "

Et le feutre, au fait !

 

Mario Albano

 

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