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Résumé du Petit Provencal

du 13 avril 1936

MARSEILLE : 4

SOCHAUX : 1

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La rencontre Sochaux-Marseille avait attiré, hier, au stade Fernand Bouisson, un très nombreux public. Il ne fut pas déçu, tellement la partie se déroula dans l'enthousiasme général. Jouée avec rapidité, avec ardeur, la rencontre fut tout au long émaillé de très belles phases de jeu et, chose surprenante, à l'avantage marqué des Olympiens.

Il est vrai que les absences de Duhart et Abbeglen dans le onze visiteur se firent rudement sentir. Sans inters convenables, capables de s'adapter à son jeu, courtois ne put jamais amorcer des attaques de style et productives en résultat.

En effet, Simonyi et Maschinot ne firent à aucun moment oublier les deux vedettes du team doubiste et ne surent jamais utiliser leur leader d'attaque. Ainsi appauvrie, la ligne d'avants ne pouvait guère espérer surprendre le tandem Kurka - Conchy sérieusement épaulé par un Mester en belle forme.

Non seulement ces absences nuisirent à l'attaque, mais aussi portèrent atteinte à la ligne intermédiaire qui, surchargée de travail, dut souvent s'avouer battue.

Si l'on tient compte également que l'équipe phocéenne avait, hier, une présentation heureuse grâce à la brillante tenue de son centre demi très en progrès et dont l'action permit à l'attaque d'amorcer de belles offensives, variées à l'excès, on conviendra que le team de Sochaux ne pouvait que difficilement s'en tirer.

Plus incisives, plus diverses, mieux conçues, et surtout sérieusement épaulées par Mester, les offensives marseillaises s'avérèrent dangereuses et obligèrent le trio défensif visiteur à s'employer avec une rare énergie.

Cependant, les Sochaliens ouvrirent les premiers la marque grâce à une heureuse tentative des alliers. Un centre de Finot, repris à proximité des buts ne donna aucun espoir à Di Lorto.

La réplique ne se fit pas attendre. Sur un service de Janin, Zermani obtint l'égalisation par un shoot de volée qui prit Wagner à contre pied. Enfin Zatelli, dans une action personnelle, donna l'avantage à son équipe peu avant le repos.

A la remise en jeu, l'attaque marseillaise, toujours très en verve, obtient un coup franc. Celui-ci, tiré intelligemment par Kohut, permet à Zatelli, sur la reprise, de porter la marque à trois buts.

Par la suite, Sochaux joue un peu sec. M. Vandeputte est obligé d'intervenir à diverses occasions. Simonyi est mis sur la touche. Un penalty shooté par Kohut est détourné en corner par le portier visiteur, mais celui-ci s'étant déplacé, l'arbitre fait rejouer la faute et cette fois Kohut est plus heureux.

Dès cet instant tous les joueurs peugeotistes s'emploient pour lancer courtois. Celui-ci réussit deux jolis départs sans toutefois conclure et la fin intervient peu après, consacrant le succès Marseillais par 4 buts à 1.

Comme nous l'indiquons plus haut, il n'était guère permis aux visiteurs de penser à une victoire. D'abord parce que l'attaque ne pouvait harmoniser ses efforts, les inters n'étant pas à la hauteur de leur tâche et aussi parce que Szabo, nettement surclassé par son vis à vis, ne sut jamais donner à son équipe la stabilité nécessaire.

Il convient aussi de dire que les arrières parurent légèrement en déclin et ne coordonnèrent pas toujours leurs efforts.

Belle partie des Olympiens qu'il convient de féliciter pour la façon intelligente dont ils jouèrent la rencontre. Très actifs, ils se montèrent sous un de leurs meilleurs jours. Nous disions que Mester était pour beaucoup dans ce succès. Il est juste également d'y associer Janin dont les services furent beaucoup plus nets qu'à l'ordinaire, et Alcazar qui se dépensa avec beaucoup d'à-propos.

Par les actions impulsives et impersonnelles, ils permirent à leurs ailiers de déborder à jet continu la défense adverse et à Zatelli de montrer qu'on pouvait compter utilement sur lui.

Georges DARBOS

 

 

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