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Résumé du Petit Provencal

du 20 avril 1936

Sète vient à bout de l'O.M.

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Hier aux Métairies, par 1 but à 0, les Dauphins ont remporté la

victoire ... et la Coupe Rodolphe Pollak

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Sète, 19 avril.

Le beau temps du matin ne se maintint pas et il fait un petit vent aigre qui rafraîchira les joueurs sans les indisposer. Tout fait donc prévoir un beau match pour peu que les joueurs veuillent satisfaire le public connaisseur des Métairies.

M. Conrie s'étant récusé, c'est M. Raguin qui tient le siflet.

Marseille : Di Lorto ; Kurka, Conchy, Bastien, Mester, Durand ; Zermani, Alcazar, Zatelli, Janin, Kohut.

Sète : Llense ; Franquès, Ben Bouali ; Acimovitch, Hillier, Mdedan ; Monsalier, Gérard, Korany, Gabrillargues Benouna.

Le stade est comble. A la tribune brille la coupe Pollak et à 15 heures précises les hostilités commencent.

Les premières minutes sont pour Sète dont le jeu académique déroute un moment les Marseillais qui ne sont pas encore en train, Monsalier conduit la première attaque, mal comprise les centres n'étant pas bien repris et la triplette du centre ne s'entendant pas.Le premier corner est pour Sète, mal donné par Benouna. Il est finalement dégagé par Kurka, qui seul ne perd pas la tête. Heureusement un nouveau corner est bien envoyé par Monsalier, difficilement dégagé par Di Lorto. Il tombe devant Koranyi qui se presse trop et met en hauteur.

Enfin les Phocéens s'organisent et Kohut est lancé ; un hors jeu de Zatelli fait avorter l'attaque. Elle se renouvelle peu après et le fameux ailier est bien près de marquer lorsqu'en bolide Ben Bouali arrive, mais ne peut que mettre en corner lequel ne donne rien.

Maintenant Marseille en veut et talonne la défense sétoise ; Mester lance l'attaque à tous coups ; Franquès annihile tout, mais un centre shoot de Kohut est détourné par Zatelli de la tête et dans une détente formidable Llense sauve adroitement sous une tempête d'ovations.

Sète se reprend un peu. Monsalier tarde à centrer et la défense adverse a le temps de se replier pour sauver ses buts. Néanmoins un shoot de Korany est bien arrêté par Di Loro qui fait une partie merveilleuse. Il doit concéder ensuite deux corners, sur l'un d'eux. Sur l'un d'eux, Monsalier reprend transmet à Gérard qui ne peut contrôler et met à coté.

Marseille se donne de l'air par un coup franc bien tiré par Kohut. Un hors jeu de Zermani fait avorter l'offensive qui suit sur une échappe de Monsalier toute la ligne des locaux a suivi, mais le centre est détourné avec la main par Durand. L'arbitre siffle penalty. Les Marseillais discutent, il s'ensuit certain cafouillage de parlotes. Finalement il maintient sa décision, et Korany shoote le penalty qui est formidablement arrêté par Di Lorto sous une longue ovations. La fin de la mi-temps arrive sur une nouvelle attaque des Dauphins que la barre arrête, alors que Di Lorto était battu.

La seconde mi-temps sera plus disputée, mais avec moins de science. L'O.M. veut arracher la décision et donne de sérieux coups de butoir et Llense par deux fois démontre sa classe, notamment sur un shoot difficile de Zatelli. Voyant le danger, les démis sétois s'organisent et les interceptions d'Acimovitch et de Médan musclent les attaques par les ailes, alors que Hilier est intraitable au centre. Marseille essaye alors du tir à longue portée, mais les shoots d'Alcazar dans un mauvais jour, ou de Zatelli manquent leur direction ou sont cueillis par Llense.

Enfin les forwards "vert et blancs" secouent leur torpeur et contre attaquent à tout coup. Gabrillargues et Korany, bien aidés par Gérard, font un travail énorme, mais comme toujours le point final n'arrive pas ou s'émousse sur un Di Lorto en grande forme.

Marseille tâche de lancer Kohut, mais Acimovitch ne le lâche pas d'une semelle et lorsqu'il passe, Ben Bouali le stoppe. Cinq minutes de jeu terne ou les grands coups de pieds sont en honneur et la cadence ralentit des deux côtés. Il faudra un dérivatif pour activer l'ardeur des joueurs. Il arrive par le but splendide de la parti. Korany est lancé par Hillier, il passe en demi volée et Gabrillargues, qui reprend en drop, loge tout en haut du coin. Di Lorto s'est bien lancé, mais la balle, telle un bolide, passe entre les mains, troue les filets et ressort de l'autre côté.

Marseille proteste, invoquant que le ballon est ressorti, mais l'arbitre ne s'en laisse pas conter et accorde le but.

Ce but émoustille l'O.M., Kohut passe inter, mais ne fera rien de bon à cette place. Au contraire, Acimovitch passe à l'attaque et il s'en faut de peu que sur centre de Monsalier, Korany d'une tête ne batte Di Lorto.

Les visiteurs serrent désormais les dents et Janin, Kohut et Zatelli partent en force. Hillier est partout et Llense stoppe également deux ou trois essais de Zermani et Zatelli. Pour ne pas être en reste, Gérard et Benouna, obligent Di Loro à mettre en corner qui devient dangereux sur l'envoi de Monsalier, mais Korany met à côté.

La fin arrive après le coup franc contre Franques qui est arrêté "in extremis" par Llense

Les vainqueurs, tout en ne jouant pas une grande partie, se sont bien comportés. L'introduction de Gabrillargues dans la ligne d'avants donne beaucoup plus de pénétration à l'attaque qui manque encore de scorer, Korany étant très souvent à la recherche des balles plutôt que de les attendre, ce qui brouille le jeu. Monsallier fut meilleur aujourd'hui qu'à son dernier match, Gérard fit bien et Benouna plus obscur. Les demis furent les rois du terrain ; quant à la défense elle ne s'en laissa pas conter par la formidable attaque phocéenne.

Formidable, en effet, car les coups de boutoir de Janin et Zatelli, les finesses de jeu de Kohut et la rapidité de Zermani furent très appréciés. Alcazar ne fit pas sa partie habituelle. Les démis furent éclipsés par leurs adversaires et ne parurent pas dans un bon jour, ils jouèrent un peu la ficelle à certain moment sans manquer de correction, mais valent mieux que sur leur partie d'aujourd'hui. Quant à la défense, elle fit merveille avec le seul défaut pour les arrières de jouer un peu trop en chandelle. Kurka, en première mi-temps, fit une exhibition superbe.

L'arbitrage de M. Raguin fut normal, mais manqua un peu d'autorité.

Après le match, la coupe Pollak fut remise Hillier et à M. Suquet sous une grande ovation.

VIGLIOCO

 

 

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