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Résumé du Petit Provencal

du 18 mai 1936

HIER AU STADE FERANND BOUISSON

L'attaque marseillaise a trouvé

le défaut de la cuirasse fivoise

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O.M. : 3. - FIVES : 2

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Lassitude, chaleur ?

Toujours est-il qu'on sentait terriblement la fin de saison, hier, en regardant la grande tribune à moitié vide. Pourtant la partie qui s'annonçait comme d'un intérêt moyen, tint beaucoup plus qu'elle ne promettait. Cela est dû probablement aux incidents du début de la rencontre qui s'avérèrent comme un adjuvant imprévu.

A peine le coup d'envoi était il donné que l'attaque marseillaise envahissaient le camp des Nordistes, Zermani contrait et Zatelli ouvrait le score d'une belle volée.

Mais alors que les Fivois contre attaquaient et Di Lorto se mettait knock-out en heurtant le poteau de la tête. On l'emportait et Durand, l'homme protée, le remplaçait avec une ardeur coutième. Cependant, il ne pouvait empêcher l'avant centre Lauer de lui marquer un but contre lequel il ne pouvait rien.

La parie se poursuivait un peu désordonnée jusqu'à ce que Di Lorto un pansement sur la joue, fasse une rentrée fort applaudie. IL y avait vingt minutes que l'on jouait. Alors la réaction olympienne se dessinait. Après une tentative de Roviglione, la balle parvenait à Durand qui marquait de loin, à la surprise de ses adversaires.

A peine la balle était elle remise en jeu que Roviglione lançait Zermani lequel centrait et Zatelli, démarqué, ajoutait un nouveau but.

Ce devait être le dernier but olympien.

Le repos survenait donc sur le score de trois buts à un, sanctionnant cette première phase de jeu prometteuse.

Mais la deuxième devait ère très bien piteuse. Fatigué par leurs efforts et trop confiant dans leur avance, les blancs baissaient de pied et à part quelques tentatives individuelles assez rares, ils ne devaient plus rien faire de transcendant.

Par contre, Di Lorto était alerté plusieurs fois et devait s'incliner sur une tête de Saint Pe qui porter le score à buts à 2.

Plus rien ne devait passer.

CONSIDERATIONS

On attendait avec intérêt l'exhibition des Fivois dont la défense était réputée comme une des plus imperméable de France. Elles est solide, en effet, avec deux gaillards comme Cernicky et Gonzales, mais Zatelli par son perçant et ses réflexes sut trouver le défaut de la cuirasse en se faufilant très habilement entre eux. Avouons qu'il fut le seul, car ses partenaires de l'attaque furent bien moins en train que lui.

Les demis marseillais furent meilleurs dans l'ensemble, notamment Durand et Bastien. La défense fut brillante par Henri Conchy toujours adroit sur la balle.

Mais Di Lorto fut sans conteste la vedette de l'équipe. Quoique blessé au visage, il fit une exhibition souvent acrobatique, mais toujours de grand style.

Solide en défense, scientifique en demis, l'équipe visiteuse fut imprécis, en attaque ou les joueurs manquèrent nettement de finish et de shoot, sauf Lauer, qui malheureusement était le plus marqué.

Enfin, M. Conrié abusa un peu trop des conciliabules avec les joueurs qu'il réprimaient. Ceci n'eut pas l'heurt de plaire au public pour qui le bon arbitre est celui qui se fait le moins remarquer.

 Albert MIRANE

 

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Résumé La Marseillaise

du 18 mai 1936

Match de fin de saison qui vit cependant

la victoire de l'O.M. sur le S.C. Fives.

O.M. : 3. - S.C. Fives : 2.

Menant par 3 buts à 1, à la mi-temps, l'Olympique de Marseille a bien faillit concéder aux Nordistes un match nul que la justice aurait du d'ailleurs leur accorder. Le second half des Marseillais fut, en effet, mauvais au possible, eut le brio de Di Lorto, cependant accidenté, les Phocéens auraient vraisemblablement quitté le terrain assortis d'une défaite et consolés - si l'on peut dire ! - par une bordé de sifflets.

Certes il fait bien chaud pour courir après une balle quand le soleil darde, implacable, des rayons de feu, mais l'excuse conviendrait plus aux Septentrionaux qu'à nos concitoyens.

L'O.M. a souffert hier - toujours au cours de la deuxième période du match - de la carence quasi complète de ces deux inters et l'on peut se demander si Alcazar, malgré sa condition favorable, n'eût pas constitué un auxiliaire précieux pour le quintette local.

 L'accident survenu à Di Lorto à la vingtième minute de jeu, incident dont les Fivois profitèrent pour égaliser par la suite, ne fut heureusement pas trop grave pour retenir au vestiaire le sympathique keeper, car malgré l'action assez désordonnée des forwards de Fives, les buts se seraient amoncelés au cours de cette seconde phase car les demis marseillais faiblirent.

Les joueurs de Fives, d'abord étonnés par cette nonchalance réagir assez vite et se maintinrent le plus souvent en territoire marseillais. Des maladresses et es erreurs assez nombreuses évitèrent alors au onze phocéen un échec pénible.

L'équipe fivoise a justifié sa réputation de team athlétique et puissant. Les oeuvres surtout de Séfelin, travaillèrent à consolider cette renommée. Il est dommages que les attaquant nordistes ne soient pas meilleurs réalisateurs, car le football qu'ils construisent ne manque ni d'allure ni de diversité.

Sur la partie d'hier, Fives n'a pas beaucoup à recruter pour faire de son jeu un team redoutable. Du côté olympien par contre...

Enfin la saison officielle va se terminer dans quelques jours et c'est la seul raison suffisante pour expliquer les défaillances que nous croyons la moins utile à souligner.

LES EQUIPES

Cinq mille spectateurs au maximum sont venus apporter leurs encouragements aux équipiers qui sous la direction de M. Conrie s'alignèrent de la façon suivante :

S.C. Fives : Dalheimer, Delourne, Gonzales, Bourbotte, Sefelin, Meresse, Leleu, Cheuva, Lauer, Chavildan et Saint Pé.

O. Marseille : Di Lorto, Kurka, Conchy, Bastien, Mester, Durand, Zermani, Roviglione, Zatelli, Janin et Kohut.

LA PARTIE

L'O.M. engage, fives intercepte, Mester s'empare de la balle, lance Zermani qui centre sur Telello. L'avant centre reprend la balle de volée et c'est le premier but marseillais acquis 32 secondes après le coup d'envoi.

O.M. : 1 ; S.C. Fives : 0.

Les nordistes ne se découragent pas et salvidan ajuste de oin un tir puissant que Di Lorto détourne en sautant. Mais en bondissant, le keeper marseillais heurte violemment le poteau vertical et il s'écroule inanimé. M. Conrié arrete le jeu. On demande un docteur est la partie est interrompue pendant quelques minutes. Di Lorto blessé à la tête quitte le ground et Durand le supplée dans les buts.

Fives active l'allure. Un centre de Leleu passe devant les bois, Chavildan et Saint Pé manquent la réception. Lauer shote dehors et Durand se fait aussitôt applaudir pour une magnifique intervention au poing sur centre de Saint Pé. Il ne peut cependant détourner peu après un shot de près de Lauer par Séfelin. Fives égalise donc à la 8e minute effective de jeu.

O.M. : 1 ; S.C. Fives : 1.

Durand intervient encore et Di Loro reprend sa place, la joue gauche masquée par un énorme pansement . La blessure à nécessité trois points de suture mais le goal olympien ne souffre pas trop.

Du coup l'O.M. se ressaisit. Il obtient un corner et sur une sortie aventureuse de Dalheimer, Roviglione manque de peu le but. Di Lorto effectue un bel arrêt sur un tir de Lauer. Zatelli bien en vergne bote à deux reprises à coté. L'O.M. pousse. Kohut hérite de la balle et se heurte à Delourne. Durand s'empare du ballon et shoote de loin à ras de terre, le deuxième but olympien.

O.M. 2 ; SC Fives : 1.

Six minutes plus tard Kohut devenu inter glisse ka balle à Roviglione qui sert Zermani. L'ailier drible Gonzales, s'approche des buts, centre court sur Zatelli qui bat Delheimer de près.

O.M. 3 ; S.C. Fives : 1.

On note un bel arrêt de Di Lorto sur tir de Cheuva. L'O.M. domine obtient deux corners et le repos survient. Je jeu reprend par des échanges de passes au centre du terrain et Zemani parti, loupe une occasion par d'excès d'altruisme. Zatelli livre une rude bataille aux backs fivois. L'O.M. domine mais Dalheimer a retrouvé sa sûreté. Puis tout à coup, les Olympiens se désunissent et Fives mène la danse. Di Lorto doit intervenir à plusieurs reprises devant Lauer. Il arrête miraculeusement un essai de l'avant centre nordiste, mais Saint Pé, réussit un but pour son club sur service en cloche de Bourbotte. Di Lorto avait bien plongé, mais la balle, à effet, rebondit dans la cage.

O.M. : 3 ; S.C. Fives : 2.

Les inters marseillais sont inexistants. Les backs locaux s'efforcent à mettre hors jeu les assaillants adverses et l'on assiste, quelques minutes durant, à une partie de "chat coupé". Zermani se fait siffler pour une grosse maladresse. Di Lorto par contre, pris à contre pied, effectue une parade splendide et de "haut vol" en détournant un tir retourné de Lauer. Di Lorto plonge encore dans les pieds du même joueur. Le keeper olympien multiplie ses interventions et met en corner un joli shot de Cheuva. Une descente marseillaise est mal terminée par Zermani. Réaction fivoise qui oblige DI Lorto à intervenir au pied, et M. Conrié met un terme à la fatigue des joueurs.

CONSIDERATIONS

Malgré l'absence de Cernicky et de Cuznach, le Sporting Club de Fives a réalisé hier une partie satisfaisante. Certes les hôtes de l'O.M. ne laissèrent pas à leurs adversaires le monopole des erreurs ou des maladresses, mais si l'on se rappelle que le football est un jeu d'équipe, on doit convenir que dans le domaine de la cohésion et de l'équilibre des forces, Fives l'emporta sur l'O.M.

Si aucun des joueurs nordistes ne réussit des exploits transcendants, tous ont néanmoins oeuvré avec conscience et volonté pour le triomphe de leurs couleurs. Seul Séfelin parait avoir apporté moins de brio à la lutte que ses partenaires. Notons cependant que son jeu sobre, ne fut pas inutile à son team.

Les Backs fivois usent volontiers de leur poids et Zatelli en sait quelque chose. Gonzalès nous a semblé inférieur à Delourme dont le match fut tout de décision. Cela tient peut être au fait que Delourme fut plus aidé par Bourbotte excellent que Gonzalès par Meresse.

Chez les avant Chalvidan se signala par son sens du football et ses services précis. Cheuva travailla avec son acharnement coutumier, mais ses shots sont bien imprécis. Leleu a un rapide déboulé, il est dommage qu'il termine aussi mal ses actions offensives. Saint Pè à l'aile gauche réalisa une partie très satisfaisante, malgré son délaissement au premier half. Lauer est un avant centre incisif, rapide et bon shoteur, mais un peu frêle.

Dalheimer se reprit au second half. Le deuxième but olympien lui est imputable... Ses sorties téméraires doivent certainement lui causer du désagrément et l'O.M. a manqué hier deux occasions pourtant faciles de le lui démontrer.

Bien parti et apparemment décidé à jouer un beau match l'Olympique faillit devenir une proie résignée pour les robustes fivois. La chaleur n'est pas étrangère à cet effondrement quasi général, mais nous devons à la vérité de signaler l'aspect pitoyable de certains olympiens au cours du second half. A vrai dire ils se traînaient plutôt qu'ils ne couraient... La saison est longue et sans vouloir contrister ce sympathique Bastien, nous sommes obligés de reconnaître qu'il fut le plus mal en point du team... Voila un garçon qui a un besoin urgent de repos et de qui les vacances ne seront pas inutiles...

Roviglione et Janin disparurent aussi promptement que Bastien bien que le second ait tenté de récupérer par un séjour prolongé à l'aile gauche.

Zermani eut à côté d'actions bien conduites des maladresses indignes de lui. Deux des buts marseillais furent acquis sur ses centres.

Zatelli volontaire à souhait et imperméable aux rudes "bourrées" des arrières de Fives, est en train de devenir un très bon leader d'attaque. Impitoyablement marqué, il réussit deux buts impeccables... Isolé en fin de match et toujours malmené par la défense il s' "accrocha" à toutes les balles pour réaliser en définitive un excellent match.

Kohut n'est plus aussi irrésistible. Le championnat est perdu. Il vaut mieux se réserve pour la saison prochaine !

Mester fit une exhibition fort goûtée. Son ardeur brouillonne aurait cependant besoin de plus de discipline... Péché de jeunesse sans nul doute...

Durand est l'homme régulier par excellence et si sa fin de partie accusa quelques faiblesses, sa brillante tenue précédente les contre balança largement.

Kurka et Conchy bons tant que les demis "tinrent le coup" résistèrent de leur mieux, aux attaquants nordistes... Leur partie fut dans l'ensemble très satisfaisante.

Di Lorto a donné à ses camarades un bel exemple de courage... Sa partie impeccable ne méritait pas d'être ternie par le second but fivois, mais le keeper olympien a sauvé son club d'un échec sévère. Grâces lui en soient rendues.

M. Conrié apparut tatillon à la majeure partie du public. Nous lui reprocherons uniquement ses interventions verbales et prolongées qui, interrompant la partie, indisposent le public. Que n'avons nous une pléiade d'arbitres comme lui !

Formons le voeu en terminant dans l'intérêt des joueurs et des finances olympiennes que la dernière partie de championnat soit jouée au environs de 16 heures 30. Il est vraiment draconien d'imposer aux équipiers le supplice d'un telle canicule.

Jean JAVELOT

 

 

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