OM1899.com

Résumé du Petit Provencal

du 31 août 1936

SUR LEUR TERRAIN LES OLYMPIENS OBTIENNENT UNE BRILLANTE VICTOIRE

 

Après un match très disputé et gêné par le vent

assez violent, l'Olympique de Marseille

bat le Racing Club de Paris par 4 à 1

  ____________________ 

La venue à Marseille des vainqueurs de la Coupe de France avait attiré, hier après midi, au stade Fernand Bouisson un très nombreux public. Un mistral assez fort ne permit pas à cette fête de la balle ronde d'être complète, et nuisit quelque peu à la confection normale du jeu.

La partie dans son ensemble, fut belle et suffisamment claire pour permettre aux deux équipes d'effectuer un jeu plaisant, qui eut le don de satisfaire les spectateurs pas toujours habitués à de semblables évolutions. Il est vrai que les visiteurs possèdent une technique de classe et comme les olympiens savent s'adapter aux phases délicates, la partie ne pouvait quêtre avantageusement jouée.

Favorisé, au premier half, par le vent, les Marseillais surent mettre à profit cet avantage. Comme par ailleurs la place de centre demi était tenue par Bruhin, l'attaque locale put se déployer à son aise. Le nouveau pivot olympien joua, en effet, cette première mi-temps comme aux jours de sa meilleure forme. Jamais il ne tripota la balle avec exagération. Dès qu'il était en possession de celle-ci, il déplaça immédiatement sur l'aile la mieux placé et l'on doit quelque peu à sa tenue excellente un premier half joué comme bon nombre de teams "pros" se devraient de le faire.

Son exhibition, toute faite de simplicité, facilita grandement l'action du tandem défensif, qui put, avec lui, harmoniser d'impeccable façon ses efforts.

Il convient de dire cependant, malgré le handicap du vent que durent subir chacun des deux "onze", que le team défavorisé ne se confina pas toujours dans un rôle défensif. Son attaque se déploya également à diverses reprises. C'est ainsi que le Racing se tira sans grand mal de la première mi-temps, alors que l'Olympique se montra plus à son aise au cours du second half, ou elle avait à lutter contre des conditions atmosphériques défavorables.

Si elle parvint à augmenter le score à ce moment là, on peut également en savoir gré à Bruhin, qui exécuta un jeu moins attrayant mais tout aussi productif qu'en première mi-temps, en jugulant constamment Couard, le dangereux centre avant du Racing, qui ne put ainsi jamais se trouver en position favorable pour utiliser son shoot.

Louons également l'activité débordante de Bastien et du "jeune" Durand, qui complétèrent fort heureusement le travail de Bruhin et mieux surent alimenter à souhait la ligne d'attaque.

En un mot, la triplette intermédiaire sut s'adapter aux circonstances et le fit avec beaucoup d'intelligence.

LA PARTIE

Dès la mise en jeu, l'attaque olympienne se déploie. Ignace, servi par Zermani, marque un premier but, sans que l'on eut à constater la moindre réaction de Hiden. Peu après, Hiden sauve in-extremis, sur un tir de Miquel, à la suite d'un joli service de Bruhin. Le jeu est rapide de par et d'autre. Un shoot de Bruhin est arrêté par la barre alors que Hiden pouvait être battu.

Le Racing se reprend quelque peu, mais éprouve de la difficulté à ajuster ses shoots, le vent gênant de façon visible les joueurs. Cependant, plus heureux, Couard d'un tir à mi hauteur et dans sa foulée, bat Erevanian, ce qui met à égalité les deux équipes.

A la remise en jeu, deux corners en faveur des Olympiens donnent chaud à Hiden, alors que sur la contre attaque un shoot de Mercier heurte fort heureusement la barre

Malgré le vent, les Parisiens tentent l'attaque et Erevanian doit stopper un shoot de Mercier. Mais l'attaque marseillaise s'élance à nouveau. Zermani perd de belles occasions d'utiliser à son avantage la sphère. Enfin peu avant la mi-temps, Kohut d'un joli ras de terre, bat Hiden.

Score au repos : O.M. : 2 ; Racing :1.

A la reprise, les avants olympiens attaquent sans résultat. Cependant, le vent gênera maintenant quelque peu leurs départs. Alors qu'il favorisera les visiteurs, Bruhin joue en retrait et surveille Couard toujours dangereux. La défense marseillaise est fortement à l'ouvrage. Elle s'en tire d'ailleurs assez bien.

Plusieurs départs de Zermani sont arrêtés parfois irrégulièrement par Diagne. Kohut joue au centre de la ligne, alors que Weiskoff opère à gauche. Cette mutation parait mieux approprier et c'est ainsi que Weiskoff bien servi, se rabat quelque peu vers les buts, shoote a très faible distance et Hiden, qui à mal pare la balle est une fois de plus battu.

A la remise en jeu, Couard shoote dans la foulée. Erevanian arrête fort bien. D'ailleurs, les Parisiens ne trouveront jamais l'occasion de surprendre notre défense. Par contre Zermani, qui, avait jusque là du mal à passer le grand Diagne, comprend enfin qu'il faut tourner la difficulté en se débarrassent de la balle au profit de Kohut. Sur une de ces phases Zermani se déplace vers le centre, Kohut, très adroitement, lui sert la balle, qu'il loge dans les filets.

La fin intervient peu après sur le score de 4 buts à 1 en faveur de l'O.M.

Au Racing manquait Jordan, centre demi et à l'Olympique où notait l'absence de Zatelli.

Certes l'absence de Jordan qui d'ordinaire est un pivot de marque à quelque peu influé sur l'action générale de l'équipe mais malgré ce il y a lieu de considérer que le Racing avait en face d' "elle" une équipe susceptible de lui répondre avantageusement.

Hiden ne se révéla pas sous un jour favorable, et aurait pu beaucoup mieux faire.

Dupuis et Diagne se montrèrent surs et très mobiles. Cependant Diagne dont les qualités athlétiques sont supérieures gagnerait à jouer plus correctement, Delfour et Banide sont également à signaler, de même que Mathe et Mercier aux avants. Couard ne fut pas toujours mis à contribution, surveillé qu'il était par Bruhin.

Dans l'ensemble les Parisiens ont encore cette saison une très belle formation. Il serait dangereux de croire, qu'à la suite du succès des Marseillais, le Racing ne pourra vaincre au retour. Loin de nous cette pensée, aussi les dirigeants olympiens se doivent ils au contraire de préparer cette rencontre avec tout le sérieux qu'elle mérite.

Chez les olympiens les arrières ont fait preuve d'une bien meilleure entente que précédemment et forme aidant parviendront à former un tandem de grande classe. Pour les demis comme nous l'indiquions plus haut, leur partie fut très belle. Bruhin lorsqu'il ne fignole pas est très bien, et peut encore rendre de précieux service. Son jeu posé, direct et sur, est à même de s'harmoniser avec celui des backs. Durand et Bastien avec un égal brio, se hissèrent au niveau des meilleurs et affichèrent une forme prématurée. Leur ardeur ne se départit jamais. Tant en attaque qu'en défense ils se prodiguèrent toujours avec le même rythme. Souhaitons pour le plus grand bien de l'équipe qu'aucun accident ne les éloigne du terrain du jeu, car la question des demis poserait au club marseillais un problème délicat à solutionner.

Comme nous l'avions laissé entendre Miquel ne s'acclimata pas à son poste de fortune. Tout comme Weiskopf au centre du quintette ne brilla guère.

Par contre Kohut et surtout Ignace par la finesse de son jeu donnèrent du mordant à la ligne offensive. Zermani fut lui aussi un excellent élément, mais il eût peut être le tort de vouloir attaquer trop de front le rude Diagne, alors qu'il aurait pu beaucoup mieux faire en se débarrassant de la balle dès réception.

Georges DARBOS

 

 

 

Toute reproduction intégrale ou partielle des textes ou photos est strictement interdite.