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Résumé Le Provencal

du 14 août 1969

 

L'O.M., énergique, rejoint et bat BORDEAUX (3-1)

Buts de TEXIER, LOUBET (2) et MERSCHEL

O.M. - Bordeaux : la revanche de la finale de la Coupe, c'est une belle affiche. Il y a pourtant pas plus de monde, à première vue, que mercredi dernier ou le modeste Sochaux a été la vedette.

Quelques sifflets pas très nourris accueillent, on ne sait trop pourquoi, l'annonce de la composition de l'équipe marseillaise qui va opérer en rouge. Ils viennent peut-être de quelques supporters présents samedi à Nimes, mais, pour peu que l'O.M. prennent le match en main avec décision, ces sifflets se transformeront en applaudissements.

Bordeaux en veut

Les premières minutes nous laissent supposer que l'O.M. va avoir du mal, alors que la ligne d'attaque marseillaise ne réussit pas à conserver la balle. Les Girondins montrent le bout de l'oreille par percée de Texier sur reprise de volée de Burdino et sur centre de Petyt, malencontreusement servi par Novi.

L'O.M. réagit par Joseph, fauché à la limite, et Loubet, puis, à la 8me minute, un centre brossé de Magnusson manque de peu la tête de Joseph qui, un peu plus tard, tire trop mollement pour inquiéter Montes.

Curieux incident

A la 13me minute, l'O.M. est à deux doigts d'ouvrir curieusement la marque. La remise en jeu de Montes trouvant, à 20 mètres des buts, la tête de Joseph dans la reprise va juste à côté.

Du gardien bordelais a eu chaud.

Le stade, maintenant, s'est confortablement garni, et l'O.M. domine, ce qui n'empêche pas Ruiter de tirer en plein sur Escale (18me). Mais, peu après, sur centre de Djorkaeff, Montes enlève littéralement la balle du front de Magnusson. Réplique par Ruiter et Simon, dont la reprise est déviée en corner.

Nous vivons incontestablement un très bon match de championnat et Bordeaux, par son homogénéité et sa maturité, fait grosse impression.

Une seule fausse note : nous approchons de la 30me minute et les gardiens n'ont pas eu le moindre tir sérieux à arrêter.

Dans l'équipe marseillaise, Destrumelle a quitté l'aile gauche pour apporter son soutien à ses camarades du milieu de terrain. Joseph se bat bien seul. Il réussit à reprendre de près un coup franc de Merschel, mais place la balle au-dessus : aucun regret à avoir, il était hors-jeu.

38e minute :

Texier marque

C'est le demi bordelais Texier excellent depuis le début, qui va ouvrir la marque : une longue course, un relais avec Ruiter, et fusille Escale.

L'O.M. tente de réagir, mais son jeu est trop décousu pour mettre les Girondins hors de position.

La première mi-temps se termine par une intervention de Montes sur centre de Magnusson, et la seconde par deux corners en faveur de l'O.M. et un coup franc indirect qui va lui permettre d'égaliser.

50e minute :

but de Loubet

En effet, le tir de Novi percute un poteau, et dans la seconde flottement qui suit, Loubet se montre plus vif et égalise. C'est reparti pour l'O.M., et juste au bon moment. Deux menus incidents s'inscrivent, avec un fauchage de Joseph par Andrien. Jets de boîtes de bière et un penalty raté pour l'O.M. 60me.

Le coût du penalty

sur un départ de Loubet et une main de Péri, l'arbitre M. Petit accorde malgré les protestations bordelaises, un penalty à l'O.M. Djorkaeff est chargé de le transformer, et Montes réussit à l'arrêter son tir en sortant nettement de son but et en fermant l'angle de façon tout à fait irrégulière. M. Petit laisse jouer, à la surprise générale.

70e minute :

but de se Merschel

L'O.M. rattrape dix minutes plus tard ses occasions ratées, par Montes, qui reprend habilement et victorieusement de volée un faible renvoi de la défense bordelaise.

Mais ce n'est pas fini pour autant, et Burdino, sur une longue balle de Petyt, rate de peu l'égalisation, 75me. À dix minutes de la fin, Wojciak remplace Dortomb, qui vient d'ailleurs de placer un bon tir, arrêté par Escale.

85e minute :

à Loubet le 3e

À la 85me minute, Loubet assure la victoire marseillaise en s'échappa avec Joseph, en évitant Montes et en marquant dans le but vide.

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Une surprenante réaction marseillaise

En toute chose, il faut considérer la fin, et le football n'échappe pas à cette règle puisée dans la sagesse des nations.

À la mi-temps, O.M. n'était certes pas battu, mais personne n'aurait parié lourd sur ses chances, tant son adversaire bordelais avait impressionné par la plus grande maturité de son jeu collectif.

Pendant 45 minutes, les Girondins avaient fonctionné comme une machine bien huilée, et les Marseillais faisaient figure de challengers courageux. Les défenseurs s'étaient laissé prendre comme des enfants par arrêt de Texier qui avait pourtant annoncé la couleur à plusieurs reprises... Le handicap d'un but n'était pas insurmontable, mais il paraissait de taille.

Étonnante seconde

mi-temps

Nous pensons que l'O.M. fut sauvé pour avoir réussi à égalisé juste après la reprise, avant que son adversaire ait pu retrouver son rythme de la première mi-temps. Ensuite, les bordelais ne furent plus eux-mêmes. Certains de leurs joueurs recherchèrent le contact. Les menus incidents se multiplièrent, tout cela était favorable à l'O.M., soutenu par son public croyant à nouveau à sa chance.

Toute la seconde période fut à l'avantage des Marseillais, faisant feu des quatre fers, et se payant même le luxe de rater un penalty par Djorkaeff, marquant deux fois au cours de la deuxième moitié de la seconde mi-temps.

Sans Bonnel...

et Magnusson

Nous avons donc retrouvé avec plaisir, après le repos, l'O.M. ardent et efficace qui nous donna tant de satisfaction la saison dernière. Toujours un peu de faiblard - nous en avons prit l'habitude - dans la construction du jeu, mais compensant cette infériorité par une puissance, une combativité qui sont la marque de fabrique de l'O.M. actuel. Les Loubet et Joseph ne sont pas toujours des modèles de classicisme, mais qu'elle vitalité épuisante pour l'adversaires !

À la décharge de l'équipe marseillaise, qui se chercha pendant toute une mi-temps, précisons qu'elle se trouva sans aucun doute surprise par l'absence de son homme de base Bonnel.

Destrumelle, prévu comme ailier gauche, ne tarda pas à aller faire le ménage au milieu du terrain, ou Merschel réalisa de bonnes choses malgré son manque d'adaptation.

Quant à Magnusson, serré de près, il joua - en dehors de quelques départs - les hommes invisibles.

Puisque nous en sommes aux individualités, disons que Texier, Peri, Petyt et Ruiter furent les hommes de la première mi-temps. Loubet, tout en marchant sur le ballon et passant une partie de son temps au tapis, fut incontestablement celui de la seconde.

Louis DUPIC

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COUECOU :

"Vous m'avez fait plaisir !"

Tandis que dans le vestiaire bordelais, où Peri nous confiait que la victoire de l'O.M. était méritée, on aurait entendu voler une mouche, la joie régnait dans celui de l'O.M. ou le plus volubile été Didier Couecou, le transfuge des Girondins, l'adversaire de la finale.

"Les gars, vous ne pouvez pas savoir à quel point vous m'avez fait plaisir. C'est le plus beau jour de ma vie !"

Mario Zatelli été entré en nous disant :

"Je le savais que ces Bordelais ne peuvent décidément décidément pas nous battre".

Le président Leclerc voyait la chose sous son aspect psychologique.

"Cette victoire, et surtout les trois buts marqués par nos recrues devraient avoir une très bonne influence sur le moral de l'équipe qui commençait à douter de son efficacité..."

Merschel racontait, une fois de plus, comment il avait marqué le second but et expliquait qu'il aurait pu en obtenir un auparavant :

"J'avais armé ma reprise de volée, et je voyais déjà la balle au fond. Un Bordelais m'a bousculé. Fort heureusement, nous avons pu marquer sur le coup franc accordé...

Djorkaeff expliquait son penalty raté :

"Montes est sorti de son but avant mon coup de pied. Le penalty était à refaire. Mais de toute façon, je dois admettre que j'ai raté mon coup en ne donnant pas la balle à ras de terre. Le gardien bordelais n'aurait pu toucher la balle et envoyait sur le poteau !"

Joseph, enfin, ruisselant de sueur, déplorait son manque actuel de réussite :

"En ce moment, je n'ai vraiment pas de chance. Il me manque toujours un rien pour que mes actions aboutissent. Mais l'essentiel est bien que nous ayons gagné nettement ce match. Peu importe que je n'aie pas marqué, puisque les camarades ont su le faire..."

Quant à Loubet, il est heureux comme un roi :

"Je désespérais de voir la réussite me fuir. Mais, maintenant c'est bien parti...

Tous les Marseillais attachaient le plus grand prix à ce succès obtenu sur le rival bordelais.

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