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Résumé du Petit Provencal

du 16 janvier 1933

R.C. de Paris bat Olympique par 3 à 1

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La partie est intéressante de bout en bout. Dès le début le Racing domine et à la sixième minute, sur un déplacement de Kennedy, Delesse prend Allé à contre-pied et marque un premier but. Le Racing accumule les descentes par son aile gauche qui prend fréquemment en défaut la défense adverse. Sur un centre précis de Galley, Kennedy marque un second but.

En dépit des efforts de l'équipe méridionale, la mi-temps survient sans que le score ne soit modifié.

Au cours de la deuxième mi-temps, le jeu devient plus égal. Les Marseillais réagissent violemment et tentent de remonter leur handicap. Les Parisiens qui, jusqu'alors, avait fait bonne impression, flottent quelque peu sous les attaques répétées des Marseillais.

Après une échappée de l'ailier gauche Caiels, Durand réussit à traduire pour Marseille. Le jeu devient alors très serré. Les marseillais tentent vainement d'égaliser. Le Racing se ressaisit et bientôt domine nettement. Dans les dernières minutes, les Parisiens refoulent les Marseillais sur leurs buts. Enfin, après un shoot de Veinante détourné de justesse par Allé, Lelesse reprend la balle et la loge dans le coin gauche des filets.

L'arbitre siffle immédiatement après la fin du match par la victoire du R.C. Paris par 3 à 1.

Considérations

La défaite subie par l'O.M. repose d'abord sur une erreur que j'appellerai " erreur sentimentale ", ensuite sur le manque total de forme d'Alcazar et le peu de combativité de Eisenhofer. L'erreur sentimentale, c'est le maintien de Boyer au centre de la ligne d'attaque.

Il n'est pas ici question de la personnalité de Boyer en tant qu'homme privé, mais en tant que joueur. Il est certain que le ex-international possède des qualités, une compréhension de jeu que peuvent lui envier beaucoup de jeunes qui débutent dans la carrière, mais dans les débats que se livrent les équipes professionnelles ; il faut autre chose que la volonté de bien faire. Il faut surtout les moyens de pouvoir accomplir la tâche qui vous est imposée. Or ce n'est pas énoncer une calomnie que de dire que Boyer n'a plus à sa disposition et la résistance physique et la souplesse, et cette force de pénétration qu'il avait placée parmi les attaquants les plus redoutés.

La rencontre placée sous ces deux signes ne pouvait que donner un résultat d'ailleurs absolument conforme à la physionomie de la partie. Le Racing gagna le match durant la première mi-temps où il organisa un jeu offensif de premier ordre.

Quelque peu dominé, l'O.M. sut néanmoins répondre par des attaques qui, moins ordonnées, s'avérèrent de ce fait moins dangereuses. La carence des deux intérieurs influa grandement sur le rendement de la ligne intermédiaire. Sans cesse alertés, les demis eurent à soutenir une lutte de tous les instants contre les assauts répétés de l'attaque parisienne.

Battu, rebattu par le flux sans cesse croissant, la défense olympienne se trouve par deux fois complètement désemparée. Allé, méconnaissable, faisaient preuve d'une imprécision qui ne laissait pas d'être inquiétante.

Reprenant le match avec deux buts de retard, gros handicap en conviendra, l'O.M. fournit une deuxième mi-temps plus que satisfaisante. Alcazar et Heisenhoffer comprirent mieux leur rôle. De ce fait, l'équilibre détruit pendant quarante-cinq minutes, se trouva rétabli. Mais le duo Capelle-Schwaetz veillait, surtout ce dernier, intraitable et combien effectif.

Pritchard, Trees et par moments Charbit, purent enfin alimenter plus aisément une ligne ou l'absence d'un leader se faisait sentir. Aussi, Calès et Durand très bon tous deux, furent utilisés comme il convenait et semèrent souventes fois la crainte dans le camp adverse. Un but récompensa de généreux efforts. L'O.M. méritait cette récompense. Mais alors que le match nul semblait devoir sanctionner cette rencontre, somme toute bien joué, le R.C. Paris augmenta son avance et mettait un terme aux espoirs olympiens.

Décidément, les terrains de Paris ne sont pas favorables à l'O.M.

  

M. RAFFAELLI

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