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Résumé Le Provencal

du 07 février 1972

 

EST-CE LE RENOUVEAU ?

Sacré SKOBLAR ! le meilleur et le pire

Étonnant est que l'O.M. n'est marqué que trois buts.

Plus étonnant encore est la performance de Skoblar.

À la manière d'un grand gourmet faisant la moue devant un beef frites, il laissa échapper trois occasions qui eussent fait le bonheur de l'avant-centre de Promotion d'Honneur "B".

Mais... mais, il marqua deux de ces buts qui enchantent les connaisseurs et les autres.

Deux exploits alliant la qualité physique et la perfection du geste comme on n'en voit pas souvent même dans les grandes rencontres internationales.

Sacré Josip, qui nous a rappelé cet attaquant hongrois légendaire.

Celui (n'ayant sans doute jamais existé) qui, quand il se trouvait seul devant un gardien, se retournait pour tirer du talon.

Il estimait - disait-on - que marquer du coup de pied ou de l'extérieur, de façon classique et banale en somme, eut été indigne d'un footballeur de sa classe.

Rassurons nos lecteurs supporters. Dans sa course poursuite contre Keita (match nul hier) Skoblar ne dédaigne aucune occasion de marquer.

La forfanterie n'est pas l'un de ses défauts et, s'il a raté ces trois buts apparemment faciles, c'est parce que c'était écrit dans les astres, à la rubrique football.

 Un match à sens unique

Cela dit pour une petite histoire, laquelle est souvent plus amusante que la grande, il est aisé de constater que nous avons assisté à un match à sens unique.

La raison en est triple.

1.) Battu, chez lui, le dimanche précédent par 3 à 0 et par Lyon, Bordeaux avait choisi la prudence comme tactique générale.

2.) Assez incomplète, l'équipe girondine était surtout dépourvue de véritables joueurs de milieu de terrain. Personne qui fut capable de garder le ballon, d'orienter le jeu, de donner à l'équipe un semblant de style et de cohésion.

Se battre, même quand on y met beaucoup de conviction n'est pas suffisant en football.

3.) L'O.M. avait le plus grand intérêt et le plus vif désir de sortir de l'ornière dans laquelle il était enlisé depuis la reprise du championnat.

Ses joueurs étaient trop conscients de l'importance de la rencontre, pour permettre aux Girondins d'attacher d'arracher le match nul par eux espérés.

 "Quand et combien ?"

À dire le vrai et malgré la présence d'un vent tourbillonnant fort gênant pour les 22 joueurs, nous n'eûmes jamais impression que l'O.M. pouvait ne pas gagner ce match.

Il est déjà miraculeux que Rigoni ait pu garder sa cage vierge, pendant les premières 45 minutes.

(Le but de Skoblar fut marqué, alors que l'on jouait très normalement, les arrêts de jeu).

La supériorité de l'O.M. était si grande, les occasions de buts tellement nombreuses que l'on ne se posait qu'une seule question :

"Quand et combien ?"

Il n'était pas possible qu'une équipe sans attaque et dont la défense donner des signes visibles d'affolement pu tenir pendant 90 minutes, malgré la densité des joueurs des deux camps dans la surface de réparation.

Un à zéro, à la mi-temps, c'était déjà trop peu payé.

D'autant plus que les responsables techniques bordelais avaient commis l'erreur d'aligner un joueur (Péri) à peine capable de marcher.

Qu'ils aient maintenant cet invalide pendant 45 minutes sur le terrain est à peine croyable.

 L'inexistence du milieu de terrain girondin.

En deuxième mi-temps après l'appoint d'un Gallice II, qui nous a paru plus doué pour le rugby que pour le football, les Girondins eurent le mérite d'essayer de porter le jeu dans le camp olympien.

D'essayer seulement, car la faiblesse, on pourrait même dire l'inexistence, de leur milieu de terrain, rendait absolument impossible la tâche de Lipo et de Ruiter.

Dominant un tout petit peu moins, l'O.M. n'en fut que plus dangereux et s'il ne marqua que deux buts de plus, c'est bien un minimum.

Répétons-le, les Girondins peuvent s'estimer heureux de n'avoir perdu que par 3 à 0.

 Les Girondins n'étaient tout de même pas des "morts".

On va se poser la question :

"L'O.M. a-t-il retrouvé sa meilleure forme, ou bien n'a-t-il triomphé que d'une équipe de "morts" ?".

À chaque dimanche suffit sa peine.

Tout d'abord, les Girondins, à défaut de classe, luttèrent avec une conviction louable.

À l'image de ce petit Heyndrikx, seule satisfaction girondine du match avec Rigoni, qui livra à Magnusson un duel impitoyable et pas toujours perdu.

Le plus drôle est que ce petit bonhomme reçu un avertissement de l'arbitre, pour un croc dont l'auteur était Galice II.

Donc, il serait déjà faux d'écrire que les Girondins furent des adversaires résignés et partant facile à battre.

Si l'ensemble a paru assez faible, surtout en football, c'est aussi parce que l'O.M. ne lui a pas laissé les moyens de s'exprimer.

 L'O.M. a assez bien joué le coup.

La sagesse veut que l'on ne retienne, de cette indispensable victoire, que ce qui peut être favorable.

Il s'agit du premier succès de l'O.M., en championnat, depuis la trêve.

Moralement, ce succès a son importance.

D'autre part, on peut affirmer que l'équipe marseillaise a assez bien joué le coup.

La vitesse de course du ballon et l'occupation du terrain ont été bien meilleure qu'à Angers par exemple.

Les olympiens ont évité le piège du passage par le centre et leur défense, si elle a eu la tâche facile, n'en a pas moins joué avec sobriété et prudence.

Cependant, tout cela devra être confirmé en déplacement et dès dimanche prochain face au Red-Star.

Il est bien certain qu'une défaite à Paris permettrait à Nîmes, à Rennes et aux autres de revenir à quelques longueurs des olympiens.

Rien n'est encore joué, si tout paraît recommencer.

Maurice FABREGUETTES

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Didier COUECOU : "Où sont les Girondins d'antan ?"

Nous avions trouvé un Lucien Leduc, très détendu avant le match, sans doute avait-il le pressentiment de la victoire ?

Il s'était baucoup amusé de la prédiction d'un M. Soleil, de nos amis, annonçant un 4 à 1 en faveur de l'O.M., avec deux buts de Skoblar.

Mais il n'estimait pas que l'O.M. allait rencontrer un BoBrdeaux diminué.

"A par Heyndrickx, tous les autres sont des titulaires, et je ne vois pas pourquoi nous aurions la partie facile..."

Après coup, il se montrait fort satisfait :

"Notre tâche n'a pas été aisée pour plusieurs raisons : la tactique choisie par notre adversaire repliant beaucoup de monde devant son but. Ensuite, l'état du terrain, qui nous empêchait de bien jouer, la balle à terre, et le vent qui nous interdit c'est le jeu aérien.

"Malgré les difficultés, nous avons fait un bon match, parvenant à nous créer de nombreuses occasions, en dépit du regroupement massif des Girondins. En plus, nous avons remporté un succès amplement mérité, c'est donc une bonne journée pour nous..."

Le président Leclerc ajoutait :

"Comme dirait Carnus, tout va mal ! Nous avons gagné 3 à 0, tiré deux fois sur la barre, raté des buts tous faits et nous avons trois points d'avance.

"Pour parler sérieusement, si tout n'a pas été parfait, notre équipe s'est montrée nettement en progrès par rapport à ses sorties précédentes. Il y a donc de nombreux sujets de satisfaction !"

Didier Couecou, le Girondin de l'O.M., n'avait pas reconnu les Bordelais.

"Il y a un monde entre les Girondins d'antan et l'équipe que nous avons battue aujourd'hui, même incomplète. Elle m'a paru manquer de flamme. Ce n'est pas très encourageant pour moi, au moment ou je songe à revenir au pays. Mais, après tout les remous qu'il y a eu ces derniers temps au club, beaucoup de changements sont prévus !"

Josip Skoblar avait été sans nul doute l'un des héros de l'après-midi à plusieurs titres. Il n'était pas facile de lui parler des trois buts marqués en bonne position, aussi avons-nous commencé, assez vicieusement à le féliciter pour les deux de toute beauté, qu'il avait réussis.

"Vous savez, il est impossible de tout réussir, le public est surpris lorsque j'échoue, mais il se trouve loin de l'action, et bien des difficultés lui échappent. Ainsi, il m'a vu donné la balle dans les mains de Rigoni : un véritable cadeau ! Eh bien, le ballon m'est arrivé juste sur la pointe du pied et a ricoché dans la direction du gardien.

"Mais je suis sincère, en disant que ce qui compte le plus pour moi, c'est la victoire de l'équipe. Cela seulement est important, et seulement cela !"

Pour nous êtres trouvé derrière la cage quand il mit au-dessus, en fin de match, sur un service de Gress, nous pouvons affirmer que Dubouil, était devant lui et que la seule solution possible était de tenter le lob.

Novi, de son côté, nous glissait :

"Je suis encore bien fatigué. Le terrain était lourd et vraiment éprouvant".

Roger Magnusson venait de constater qu'il avait perdu 2 kilos et il avait le sourire. Et aussi en pensant aux jeunes Heyndrickx.

"Vous savez, ce n'est pas moi qui ai commencé le duel. Ce garçon n'a pas cessé de m'asticoter et de me dire des mots, tout au long du match !"

En dehors de cela, le Suédois allait nous confier qu'il ne souffrait pas d'insomnie, contrairement à ce qu'on nous avait rapporté, mais que le coupable était son fils, qu'il empêchait toute la famille de dormir.

"Quant aux pilules, elles ne sont pas pour moi, mais pour ma femme !"

Nous lui en donnons acte bien volontiers. Un seul Marseillais faisait grise mine, le capitaine Zwunka.

"J'ai perdu une dent, dans cette affaire, nous disait-il, et je ne risque pas de la retrouver avec ses rugbymen qui vont jouer leurs menées sur elle !"

Non il faisait tout de même une raison. La première victoire 72, en championnat valait bien une incisive !

ROBERT PERI :

L'O.M. ETAIT SUPERIEUR EN AOUT

Robert Péri, avait été l'un des héros malheureux de la partie, qu'on l'avait vu commencer en boitillant.

"Il va falloir que je me repose, sans cela, je vais traîner ces ennuis jusqu'à la fin de la saison. Aujourd'hui, nous avons fait avec les moyens du bord en espérant un miracle toujours possible en football, c'est pourquoi je suis demeuré sur le terrain, jusqu'à la mi-temps. Je pouvais toujours donner un coup de main aux camarades. Je ne pouvais pas courir, car je souffrais non seulement de tendinite, mais aussi d'une contracture, mais cela ne m'empêchait pas de frapper dans la balle.

"Bien entendu, la victoire de l'O.M. est tout à fait indiscutable, mais nous aurions pu lui poser un problème plus difficile à résoudre avec une équipe, n'ont pas complète, mais composé au moins deux joueurs en possession de tous leurs moyens physiques.

"Car, si j'ai admiré Skoblar, et ses deux buts de grande classe, je n'ai pas vu le meilleur OM Lorsque les Marseillais ont gagné à Bordeaux ils ont joué un match formidable ce n'était pas le cas cet après-midi car dans le fond : nous leur avons facilité la tâche.

"Nous ne pouvions disposer de nos ailiers, Petyt et Wojciak, de nos intérieurs Giresse et Goubet, du demi Texier et nous ne pouvions utiliser notre Danois Jensen. Imaginez un peu l'OM en pareil cas, et contraint d'improviser ?".

De son côté, Gaby Robert, l'oeil de Georges Boulogne, dans le Sud-Est nous disait :

"L'O.M. s'est réveillée en seconde mi-temps, car la première période fut l'une des plus faibles que je lui ai vu jouer depuis bien longtemps, et puis, les Marseillais doivent vraiment beaucoup à Skoblar !"

Évidemment...

Louis DUPIC

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O.M. : cavalier seul devant BORDEAUX

La 23ème journée de championnat avait programmé l'O.M. contre Bordeaux.

Ce choc, en une période récente, n'aurait pas revêtu une importance exceptionnelle ; hier, il en allait autrement car le tenant du titre n'ayant plus que deux longueurs d'avance, devait considérer son adversaire d'Aquitaine d'un oeil inquiet, pour la bonne raison qu'elle succès après une trop longue période d'échec s'avérait indispensable.

M. Debroas devait appeler les deux formations avec quelques minutes de retard sur l'horaire prévu.

Les Girondins s'alignaient dans la formation suivante : Rigoni, Papin, Dubouil, Desremeaux, Merrelle, Péri, Hendrickx, Jean Gallice, Ruiter, Grabowski, Lipo.

Tandis que les blancs présentaient : Carnus, Lopez, Hodoul, Zwunka, Kula, Novi, Gress, Magnusson, Bonnel, Skoblar, Couecou.

PETITE BRONCA

C'est une "bronca" mitigée qui accueillit les Olympiens, quelques cris, mêlés de coups de sifflet, et puis des applaudissements. Les avis étaient partagés dans les tribunes ou l'on comptait un peu plus d'une quinzaine de milliers de spectateurs. De légers nuages dans le ciel, un temps maussade, mais aussi un vent violent président au coup d'envoi donné à 15 h. 10.

Roger Magnusson s'anime, dribble deux adversaires, puis lance Gress qui démarre bien, mais dont le centre est intercepté par un Girondin.

Le blond Suédois est encore en action et botte en avant. Le round d'observation se poursuit surtout que le vent tourbillonnant paraît gêner également les deux formations.

LES MALHEURS DE PÉRI

Une combinaison collective des "Blancs" s'amorce bien, Novi veut centrer sur Couecou, mais celui-ci est sifflé hors jeu par le juge de touche, au grand dam de la majorité des spectateurs. Péri a du mal à endiguer un assaut phocéen, il finit par dégager la balle, tombe à genoux au sol et lève les mains en l'air comme s'il implorait la "Madone" ! à la 10e minute, l'O.M. enregistre sa première occasion sérieuse : Gress s'infiltre dans les mailles de la défense girondine qui fait preuve d'atermoiements, mais au lieu de botté en force, ne donne qu'une "chiquenaude" ; renvoyé en corner par Dubouil, un nouveau centre de Magnusson est encore expédié en corner par la tête de Menellle (13e minute). Les poulains de Gérard réalisant que le Suédois de Marseille est très dangereux, lui offre un nouveau garde du corps, Kenovickx à la place de Merelle.

Sur un heading de Skoblar, Rigoni (15e minute) éprouve quelques difficultés à mettre la sphère en corner ; Magnusson obtient encore un corner, le quatrième en un quart d'heure.

Bonnel part seul sur une passe de Skoblar, Rigoni sort avec esprit de décision et sauve sa cage ; quelques instants plus tard (18e minute), Carnus dégage au pied devant le Yougoslavie Lipo, solitaire et redoutable.

A la 22e minute, Skoblar frappe un grand coup de 20 mètres, le cuir heurte Rigoni et rebondit. Le gardien bordelais a eu chaud ! Soudain, on voit Gress se tordre de douleur près de Rigoni, on le transporte sur la touche, il a dû être victime d'un faux mouvement. Entorse du genou ? On apprend que Reims mène devant Nîmes. Les spectateurs respirent mieux, mais ils respireraient mieux encore si l'O.M. en faisait autant face à Bordeaux.

Plus de peur que de mal, Gress rentre à la 26ème minute. À la 30e Couecou n'a pas de chance : sur un service de Gress, il reprend du gauche, mais la transversale renvoie la balle, une dizaine de secondes plus tard Novi shoote de 20 mètres, mais son bolide est détourné en corner avec brio par Rigoni. La domination marseillaise est toujours intensive mais elle ne se concrétise pas au tableau l'affichage. De toute évidence les Aquitains ne recherchent qu'une chose, un bon petit zéro à zéro ! Magnusson glisse la balle à Gress qui l'adresse à Rigoni, Peri qui souffre, joue pratiquement arrêtée ; on se demande pour quelle raison André Gallice n'est pas appelé à le remplacer comme pour fustiger ses camarades d'attaque Zwunka tire de 35 mètres au-dessus la cage. L'O.M. n'essaie pas vraiment de profiter de la supériorité numérique. L'arbitre siffle un gentil coup franc à la limite pour Skoblar (44e minute). Le Yougoslave le donne du pied gauche dans une forêt de jambes bordelaises. Impossible de sortir de la grisaille et de la monotonie, mais voici l'éclair...

UN ÉCLAIR DE SKOBLAR

A la 45e, sur un centre de Bonnel, Josip fait un amorti de la poitrine, met Desremaux et Dubouil dans le vent et fusille Rigoni d'une quinzaine de mètres. Explosion de joie ! Joueurs et spectateurs se sentent libérés. Josip vient, enfin, de marquer son premier but de l'année 1972.

ENCORE SKOBLAR.

À la reprise, Péri est resté aux vestiaires, c'est André Gallice qui le remplace. Dès la 47e minute Magnusson obtient un corner puis Zwunka stoppe in extremis Lipo, bien parti pour égaliser. Gress contre attaque, dans sa foulée trompe Rigoni mais la sphère s'écrase contre l'arête gauche des bois ; dans la foule Skoblar tire et rate la cage (52e minute) ensuite le Yougoslave gaspille une occasion en or offerte par Couecou (56e minute) ; Josip ne voulait pas rester sur cette déception et bientôt (63e minute) réceptionnant une balle de Bonnel, il expédia à mi-hauteur dans les filets de Rigoni impuissant... Les Olympiens ont à présent, une marge de sécurité suffisante.

Magnusson se déchaînent (70e minute) sur un centre de Gress, il fonce et enfonce la défense bordelaise, son tir dans la foulée fait mouche 3 buts à 0. Le onze de Gérard s'effrite, s'écroule. Magnusson shoote encore, Rigoni renvoie sans grande conviction. Le moral n'y est plus. La cause est entendue et pourtant, les accrochages sont fréquents entre les deux teams. Rigoni repousse des deux poings un essai méchant de Bonnel (79e minute), le même joueur oblige Rigoni à un dégagement spectaculaire en corner (80e) Carnus (82e minute) touche enfin la balle pour la première fois dans la seconde mi-temps ; il commençait à avoir froid... Skoblar "loupe" un but tout fait, Rigoni ayant quitté ses bois (89e).

Et c'est le 3ème de la partie ! Et M. Debroas siffle la fin de la rencontre sur la victoire de l'O.M. face à Bordeaux par 3 buts à 0.

Alain DELCROIX

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Le félin et ses proies

Oui, Josip Skoblar, c'est vraiment autre chose.

Et combien ont raison ceux qui avec humour bien sûr, affirment que s'il n'existait pas. Il faudrait l'inventer.

Avec ce diable de bonhomme, la représentation est permanente. Sa présence constitue à elle seule un match dans le match.

Et nous ne sommes pas loin de croire que certains spectateurs du Stade Vélodrome se plaisent à suivre - en exclusivité - son jeu pour ne perdre aucun de ses faits et gestes. Même si certains se terminent par des "couacs".

Hier, le match ne comportant qu'un intérêt relatif, notre regard se posa souvent sur le Yougoslave.

Chacune de ses actions ou presque fut marquée au sceau de la classe. Avec ou sans ballon.

Notre "pied d'or" n'a pas son pareil pour utiliser les espaces vides. Avec cette vivacité, cette ruse qui caractérise les félins.

Mais dès qu'il sent l'occasion, qu'il renifle l'ouverture, c'est le jaillissement superbe, royale.

Contre Ajax, Skoblar avait marqué l'autre soir un but de rêve, d'anthologique pour reprendre le cliché souvent utilisé.

Hier, son deuxième "pion" se révéla également extraordinaire.

Certes, il ne trouvait à point nommé sur la trajectoire de la balle, mais sa reprise de volée d'une rapidité fulgurante et aussi d'une rare précision était absolument parfaite.

Sec, comme un coup de trique, le tir ne pouvait laisser aucune chance au malheureux Rigoni. Et tout autre à sa place eut été également vaincu sans rémission.

Évidemment, le nul ne peut le nier, si Josip Skoblar se montre aussi souverain, c'est que ses compagnons de terrain lui en fournissent l'occasion.

Mais nous restons persuader qu'à la place de Ruiter, il eut su beaucoup mieux exploiter les (petites) failles ouvertes dans la défense marseillaise.

Un mot encore sur notre héros, il n'avait pas marqué le moindre petit but depuis le début de l'année en championnat et certains le croyaient ainsi en baisse de forme.

Face aux Girondins, Josip Skoblar a reprit sa marche en avant dans la hiérarchie des buteurs.

C'est bon signe alors que la coupe se profile à l'horizon.

Et rassurant pour la suite d'une compétition où, somme toute, la position de l'O.M. demeure enviable.

Gérard PUECH

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LES QUESTIONS

QUE L'ON SE POSE

 LA NETTE VICTOIRE DE L'O.M. ACQUISE SUR UN RIVAL DE BONNE RÉPUTATION MARQUE-T-ELLE UN NET REDRESSEMENT DE L'ÉQUIPE MARSEILLAISE ?

Le succès de l'O.M. aurait pu être encore plus large, puisque Couecou et Gress ont tiré sur la barre, alors que 3 ou 4 occasions n'ont pu être transformées en buts.

Pourtant il ne semble pas qu'on ait retrouvé le meilleur O.M., celui qui paraissait invincible cet automne. La première mi-temps a été médiocre et la seconde heureusement bien meilleure, Bordeaux s'étant découvert pour tenter d'égalisé.

 BEAUCOUP ESTIMENT QUE SKOBLAR, TOUT EN AYANT MARQUE 2 FOIS, AIT RATÉ DE CES BUTS QUE L'ON DIT FACILES...

Il n'y a pas de but facile. La preuve en est que le meilleur buteur européen 71 en marque quelquefois. Il n'y a pas non plus d'explication. Et cela constitue l'un des attraits du football. Si vous interrogez Josip, il vous répondra que le plus important n'est pas de marquer ou de ne pas marquer, mais bien de gagner.

 SKOBLAR REGAGNE-T-IL DU TERRAIN SUR SON GRAND RIVAL KEITA ?

Hélas non ! le brun Salif a marqué deux buts samedi à Angoulême !

 ON S'EST ÉTONNÉ DE VOIR PÉRI, LE CAPITAINE BORDELAIS SE METTRE À BOITER DES LES PREMIÈRES MINUTES ET DEMEURER SUR LE TERRAIN JUSQU'À LA MI-TEMPS, ALORS QUE BORDEAUX DISPOSAIT D'UN 12e HOMME. POURQUOI ENTRAÎNEUR GÉRARD NE L'A-T-IL PAS REMPLACÉ PLUS TÔT ? ET MÊME POURQUOI L'AVOIR ALIGNE DANS CET ÉTAT ?

Nous avons posé la question à Peri. Il nous a dit qu'il avait pu rester sur le terrain parce qu'il ne souffrait pas, qu'il pouvait frapper dan la balle, sa tendinite le gênant pour courir. L'infortune voulut qu'il soit atteint d'entrée d'une contracture.

Quant au 12e homme, on compris en seconde mi-temps pourquoi André Gérard lui préféra Péri.

Enfin, si Péri participa au match, c'est que Bordeaux ne disposait d'aucun joueur capable de tenir sa place.

L. D

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Magazine BUT

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La Marseillaise du 07 février 1972

 

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