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Résumé Le Provencal

du 07 septembre 1972

 L'O.M. à Paris : Une efficacité rassurante

Leclercq à l'origine des trois buts

PARC DES PRINCES - Louis Hon nous avait dit avant le match : "Nous allons jouer comme l'O.M."

Nous pensons qu'il s'agit là d'une erreur. La meilleure façon de contrer une équipe était de la contrarier et non de l'imiter.

Or, comme l'O.M. avait décidé de bourrer son milieu de terrain pour fixer d'abord le Paris F.C. et d'essayer de le battre ensuite grâce à ses deux vedettes étrangères, le résultat fut que le terrain du Parc des Princes ressembla le plus souvent à la cour d'une école à l'heure de la récréation. Tout le monde autour du ballon et de grands espaces verts des deux côtés absolument déserts.

Comme nous l'avions malheureusement prévu, ce n'était ni beau ni emballant.

Il n'est pas étonnant d'ailleurs que les deux buts marqués au cours de la première mi-temps aient été absolument imprévus.

À l'origine du premier, un centre de Solas dévié au passage par Bosquier, qui devait tromper complètement Carnus. Le second fut l'oeuvre de Bosquier, désireux sans doute de se racheter et que personne n'attendait, car toute l'attention des défenseurs du Paris F.C. était fixée sur Magnusson et Skoblar, cela va de soi.

On ajoutera que la passe était l'oeuvre de Leclercq.

Donc, deux buts qui ne furent certainement inscrits sur aucun tableau noir.

 NOVI :

UNE FORTE ENTORSE

Le plus curieux est que l'O.M. égalisa alors qu'il jouait à dix, Novi, se faisant soigner sur la touche avant d'être remplacé définitivement par Buigues.

Nous devions apprendre un peu plus tard que Novi, jusque-là un des meilleurs olympiens, le plus efficace dans l'entre-jeu en tout cas, souffrait d'une entorse à la cheville. Il n'est pas du tout certain qu'il puisse tenir sa place mercredi à Lyon. La série noire continue.

 L'ERREUR D UPARIS F.C.

Quelques points de détail pour mieux situer la physionomie du jeu. Au dernier moment, Louis Hon avait décidé de faire marquer Magnusson par le blond Solas, Rostagni jouant, assez remarquablement d'ailleurs, en position de couvreur, tandis que Madronnet prenait directement en charge Skoblar.

Quant à Leclercq et Djorkaeff ils choisirent de s'ignorer totalement l'un et l'autre, évoluant au milieu du terrain en liberté, ce qui contribua plus à augmenter la densité des joueurs sur une même surface réduite et, partant, le désordre.

En fait, la grosse erreur du Paris F.C. fut de ne pas essayer d'élargir le jeu en essayant d'utiliser au maximum ses deux ailiers sprinters Floch et Bras. En choisissant le petit jeu, l'équipe parisienne avait fait celui de l'O.M., d'un O.M. qui pourtant, hier soir au Parc des Princes, était très vulnérable.

 SKOBLAR :

UN BUT ROYAL !

La suite coulait de source. L'O.M. ayant davantage de métier et de possibilités dans les finitions que son adversaire, ne pouvait manquer de l'emporter. C'est la logique du jeu. Quand une équipe, au demeurant la plus faible, laisse passer sa chance en première mi-temps, la seconde lui est fatale.

La chose se passa en deux temps : après que les Parisiens aient jeté leurs dernières forces dans des offensives généreuses, mais entachées de trop d'imprécision dans les derniers gestes : d'abord un avantage tiré par les cheveux de Bonnel à la suite d'un coup franc obtenu à cause d'une erreur de jeunesse de Iche, répondant à une charge de Buigues par des coups ; c'est, bien sûr, Leclercq qui avait mis la balle sur la bonne trajectoire en tirant le coup franc, mais il restait à l'O.M. le soin de corriger par une action d'éclat ce que ce match avait pu avoir de laborieux et d'indigne du cadre majestueux du nouveau Parc des Princes.

C'est Skoblar qui s'en chargea avec aisance et la désinvolture d'un Split gagnant sa 7me médaille d'or. Sur un centre idéal de Leclercq, qu'il avait lui-même servi, il réussit une reprise royale du gauche.

Nous terminerons sur cette image, tout en faisant remarquer que les trois buts de l'O.M. ont été servis à Bosquier, à Bonnel et à Skoblar par le pied gauche du même Leclercq.

Maurice FABREGUETTES

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Jacky NOVI (blessé) : Je n'ai pas de chance"

Le président GALLIAN : "Et maintenant tout pour la Coupe d'Europe"

PARIS - La joie était mitigée quand nous sommes rentrés dans les vestiaires de l'O.M. Toute la délégation marseillaise était bien sûr enchantée de cette victoire au nouveau Parc des princes.

Mais, comme devait nous le faire remarquer le président Gallian, la malchance continuait à s'acharner sur le Champion de France.

"Oui, décidément, cette saison, nous ne sommes pas en veine, déclarait le président. Après toute la succession de blessure qui a immobilisé tour à tour plusieurs de nos joueurs voilà qu'aujourd'hui Jacky Novi, à son tour, est sérieusement blessé à la cheville.

"Jules Zvunka, lui-même, a reçu un coup violent sur le mollet. J'espère que le capitaine pourra être rétabli à temps mercredi prochain, pour jouer contre la Juventus, mais Novi me paraît sérieusement atteint.

"Quant à la rencontre, poursuit M. Gallian, j'ai été un peu inquiet en début de match lorsque Paris est parvenu à marquer son premier but. Ensuite nos joueurs ont pu égaliser et, en deuxième mi-temps, ils ont vraiment imposé leur loi.

"Autre réelle satisfaction, Daniel Leclercq a fait, pour moi, une partie remarquable. Buigues aussi, lorsqu'il prit la place de Novi, s'est signalé plus d'une fois à son avantage.

LINDER :

DES SATISFACTIONS

Kurt Linder était, lui aussi, très entouré par une nuée de journalistes et de photographes.

"Je suis bien sûr entièrement satisfait du résultat, nous dit l'entraîneur, on prétend que l'O.M. s'est réservé en pensant à son prochain match de Coupe d'Europe. Je ne le pense pas. Nous voulions faire un résultat. Et notre adversaire a prouvé qu'il avait été sérieusement motivé pour nous accueillir sur son terrain : : Paris avait perdu trois matches successifs. Il évoluait de plus devant la grande foule face aux champions de France. C'était pour lui l'occasion de redorer son blason.

"Le métier de l'O.M. a quand même prévalu".

LES JOUEURS :

"MISSION ACCOMPLIE".

Pour en venir aux joueurs, Jacky Novi, nous l'avons dit, était occupé à considérer l'état de sa blessure. Sa cheville droite, en effet, paraissait sérieusement enflée.

"Je passerai une radio, nous dit l'international, avec le visage plutôt triste, mais je ne me fais guère d'illusions, je ne pense pas avoir beaucoup de chance de jouer en Coupe d'Europe. Et dire que je ne me suis jamais blessé. C'est dans un contact avec Eo que mon pied s'est plié. J'essaie de conserver encore l'espoir en me disant que ce n'est peut-être qu'une simple entorse qui pourra guérir en une semaine, mais, je vous le répète, je ne me fais pas beaucoup d'illusions".

À côté de lui, Bernard Bosquier, qui avait reçu la visite de son camarade Claude Brasseur, nous déclarer : "Et bien vous voyez, c'est la première fois de ma carrière que je parviens à marquer un but du gauche. C'est dommage, une fois de plus, que ce match se soit terminé pour nous avec de nouvelles blessures".

Gilbert Gress nous commentait l'altercation qui avait mis aux prises Iche et Bouygues.

"Je trouve que l'arbitre nous dit Gilbert, a été complaisant en n'accordant qu'un coup franc car le goal parisien avait bel et bien commis une faute délibérée sur notre camarade.

À mon avis, cela valait un penalty. Ceci dit, on m'assure que ce soir j'étais en bonne condition, mais je vous signale que j'étais dans la même forme contre Nantes ou mon jeu n'avait pas fait l'unanimité. Comme quoi il est bien difficile de plaire à tout le monde".

Daniel Leclercq, qui avait été à l'origine des trois buts, demandait à ses camarades ce qu'ils pensaient de sa partie.

Bosquier nous lança alors au passage : "Bien entendu, il a été brillant. Je lui avais prêté ma paire de souliers".

KOPA : L'O.M. A GAGNÉ

EN MARCHANT

Quant à Raymond Kopa, il nous a affirmé : "L'O.M. a gagné sans forcer son talent grâce à son métier. J'ai été surpris moi-même par le peu de rythme de cette rencontre.

"À une semaine de la Coupe d'Europe, c'est peut-être inquiétant. Heureusement, les matches se suivent sans se ressembler. L'O.M. sera peut-être brillant contre la Juventus. C'est en tout cas ce que je souhaite".

Jean FERRARA

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Bosquier, Bonnel et Skoblar font la différence (3-1)

Après une minute de silence, observée à la mémoire des victimes du massacre de Munich, dans un Parc des Princes copieusement garni et bruyant à souhait, la rencontre débutait mal pour le Paris-Football-Club qui dès premières secondes, subissait u nrude assaut. Sur un centre de Roger Magnusson, Josip Skoblar se précipitait et Iché avait bien du mal à se saisir du ballon.

Si ce n'est un corner concédé sur un ricocher, à la 7e minute l'O.M. dominait la situation assez nettement.

Mais une erreur de Zvunka allait mettre la défense marseillaise en fâcheuse posture.

Les Parisiens récupéraient la balle. Foch tirait, puis Bras et enfin Bernard Guignedoux.

L'O.M. devait concéder, sur cette action un corner et sur ce dernier, sur une déviation de Michel Prost, Georges Carnus été battu.

Mais Bernard Bosquier renvoyait sur sa ligne.

L'O.M. se réagissait guerre et le Paris-Football club, audacieux, augmentait le rythme. Sur une longue montée de Solas, le centre tir du No4 parisien surprenait Georges Carnus, qui parvenait à repousser sur le poteau. Michel Prost se précipitait et tirait en force. Le gardien de l'équipe de France renvoyée à nouveau le ballon, mais Bernard Guignedoux se précipitait et, à bout portant, ouvrait la marque dans un vacarme indescriptible.

Les choses ne s'arrangeaient pas pour l'O.M. dont la réaction tardait à venir. Les joueurs du Paris F.C., rendu confiants par le but de Guignedoux, attaquaient avec un bel enthousiasme et déclenchaient raid sur raid. La défense marseillaise avait bien du mal à faire face.

NOVI BLESSÉ

Pour les supporters marseillais présents dans les tribunes du Parc des Princes -- ils étaient au moins aussi nombreux que les associés de Paris F.C. -- la surprise était désagréable.

Il ne s'attendait pas à voir l'équipe championne de France dominée, parfois malmenée par une formation qui devait, ne l'oublions pas subir trois défaites consécutives. Surtout à une semaine très nettement des débuts de l'O.M. devant la Juventus en Coupe d'Europe des clubs champions.

Et, comble de malheur, à la 37e minute, dans un choc avec Eo, Jacky Novi se blessait à la cheville gauche. En boitant, l'excellent arrière central de l'équipe de France, quittait le terrain pour venir recevoir les soins.

BOSQUIER ÉGALISE.

C'est à cet instant précis, alors que Kurt Linder décidait le remplacement de Jacky Novi par Buigues, que l'O.M. allait égaliser sur une des rares offensives marseillaises. Bosquier suivait le mouvement. Il était là à point nommé lorsque Leclercq centrait. Bobosse amortissait le ballon de la poitrine et, légèrement déplacé sur la gauche tirait immédiatement, surprenant ainsi l'ancien gardien d'Avignon. Fou de joie, à genoux, Bosquier embrassait la pelouse.

C'était l'égalisation assez inattendue, mais qui comblait on le comprend, les champions de France.

À la mi-temps : O.M. 1 - Paris F.C., 1.

À BONNEL LE 2e BUT

Malgré l'égalisation de Bernard Bosquier, l'O.M. ne parvenait pas à sortir le grand jeu.

La formation de Kurt Linder, c'est une explication, était privée de Jacky Novi.

En début de deuxième mi-temps, on voyait encore le Paris F.C. se porter à l'attaque et sur un centre de Louis Floch, Bernard Guignedoux ratait d'un rien la reprise.

Josip Skoblar allait permettre à l'O.M. de redresser la tête.

Assez discret jusque-la le meilleur buteur du championnat de France se créait deux occasions de buts aux 50e et 54e minute, et Iche s'en tirer à bon compte, écartant in extremis le danger dans les pieds mêmes du Yougoslave.

À la 70e minute, peu après que Iche eut détourné, au ras de la barre transversale, un tir très dur de Leclercq, le gardien parisien était chargé par Buigues alors qu'il venait de se saisir du ballon. Iche furieux se rebiffa et l'arbitre, M. Frère accordait un coup franc à l'O.M., d'où la fureur du public. Leclercq le tirait à la perfection. Joseph Bonnel surgissait de l'arrière et d'un coup de tête logeait la balle au fond du but parisien. O.M. 2 - Paris F.C. 1.

À SKOBLAR LE 3e BUT

Après avoir fait figure de vainqueur au cours de la première mi-temps, pu avoir espéré le match nul, le Paris Football Club se retrouvait mener à la marque. Et alors que les équipiers de Jean Djorkaeff se démenaient pour tenter d'arracher l'égalisation, Josip Skoblar allait les mettre d'accord définitivement à la 78e minute, sur un centre de Leclercq, Skoblar faisait l'honneur à sa réputation de meilleur buteur et battait l'imparablement Iche.

Robert BUREAU

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Louis Hon :

"A quel arbitrage"

 PARIS - Louis Hon, entraîneur du Paris Football-Club, n'a pas mâché ses mots contre l'arbitre, M. Frère, premier responsable à ses yeux de la défaite de son équipe devant l'O.M.

"C'est un véritable scandale, sa décision d'accorder, un coup franc à l'Olympique de Marseille qui nous coûta le 2me but est honteuse. C'est le Marseillais qui avait commis la faute. Ce fut le tournant du match. L'équipe a bien tourné en première mi-temps. Malheureusement, elle n'a pas réussi à faire la décision au cours de cette bonne période".

Pour le président Guy Crescent, l'avenir est sombre : "Nous avons subi notre quatrième défaite et j'avoue que je suis très inquiet pour les semaines à venir. L'équipe est en progrès, certes, elle a réalisé, notamment au cours de la première mi-temps, d'excellentes choses. Malheureusement, nous n'avons pas été payés en retour.

R.B.

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VICPALEK :

l'entraineur de la "Juve" incognito

PARIS - Tous les observateurs s'attendaient à trouver dans les tribunes du Parc des Princes, M. Vicpalek, l'entraîneur de la Juventus, qui avait annoncé sa venue pour superviser l'O.M. dans ce match de championnat. Après la rencontre, les journalistes sont partis à sa recherche pour lui demander ses impressions. Ils ont dû finalement abandonner.

L'entraîneur de l'équipe d'Italie est resté introuvable. Sans doute a-t-il préféré ester incognito, et tirer de ce match les enseignements qu'il jugera nécessaires.

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