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Résumé Le Provencal

du 29 octobre 1972

 O.M. encore beaucoup à faire

LECLERCQ a regagné sa place de titulaire

En guise de préambule à cette O.M. - Red Star, nous allons vous faire part d'une constatation.

Ce qui paraît le plus marquer à l'équipe olympienne, en ce moment, est un véritable jeu collectif.

On s'en est surtout aperçu en première mi-temps. Les joueurs se cherchaient visiblement sur le terrain, les passes n'arrivaient pas ou mal et l'on pouvait noter l'absence de toute combinaison digne de ce nom et d'un champion de France.

La raison en est simple.

Depuis le début de la saison, pour des causes diverses, l'O.M. à utiliser 21 titulaires.

C'est beaucoup trop, pour arriver à une indispensable unité d'action, à une harmonie dans la conduite du ballon.

Il est donc indispensable, après l'entrée inévitable de Keita, de dégager de l'effectif une équipe type et de ne point trop la chambouler.

Une équipe, il semblerait inutile de le rappeler, se forge sur le terrain, au fil des matches.

L'indiscutable et nette victoire de cet après-midi pluvieux sur le tard n'a pas été celle d'un ensemble, mais de quelques individualités.

L'O.M. possède dans ses rangs quelques joueurs archi-connus n'ayant pas leur correspondant et d'assez loin dans l'équipe du Red Star.

En fait, toute la différence fut faite par deux exploits (Magnusson - Bonnel et Leclerc) plus l'exploitation fort habile, par Skoblar, d'une grossière faute de la défense parisienne.

Pour le reste, tant que les joueurs du Red Star conservèrent l'espoir de ramener au moins un point de leur périlleux déplacement, il y eut un certain équilibre dans le jeu.

Le dernier quart d'heure de la rencontre, très favorable à l'O.M., est un leurre.

Quand une équipe est battue, tout devient facile pour l'autre.

Bonnel et Magnusson

Tant que le match fut disputé, c'est-à-dire jusqu'au but de Skoblar, deux Olympiens avaient manqué le jeu de leur présence : Bonnel et Magnusson.

Le premier jouant comme un jeune - et nous ne sommes pas surpris qu'il ait dû sortir avant la fin - avait été, à la fois, le poumon et le réalisateur de l'équipe.

On le voyait sur tous les points chauds, devant, derrière et au milieu, palliant les défaillances de certains de ses partenaires.

Chapeau !

Il est dommage que le véritable "Jo" ne soit pas éternel.

Magnusson, à lui tout seul, avait été le grand le seul grand argument offensif de son équipe.

Il est appelé à céder sa place à un autre très grand joueur : Keita.

C'est encore dommage.

Il faut, encore, souligner une chose.

Quand Bonnel trompa Laudu, sur un centre millimétré de Magnusson, il s'agissait du seul tir dans l'encadrement de l'O.M., au cours de la première mi-temps.

La rentrée de Leclercq :

le tournant du match

A la sortie, nous avons entendu un spectateur dire, en parlant du but de Leclercq :

"C'est la première fois que nous voyant un aussi beau but !"

Nous non.

Toujours par le même pied gauche de Leclercq. À Nantes, il y a trois saisons et cette année au Stade Vélodrome, contre Rennes, si nos souvenirs sont exacts.

Pour être franc, nous n'avons jamais compris pourquoi Leclercq, après quelques matches excellents en équipe première, au début de la saison, n'avait pas été considéré comme titulaire indispensable.

Ses faiblesses, qui semblent d'ailleurs s'atténuer, sont connues de tous.

Mais à côté, que de qualités étincelantes.

La meilleure distribution du jeu de toute l'équipe, une vision de la chose à faire rapide et longue... plus cet extraordinaire tir à distance, le meilleur de France, sans doute.

Une troisième fois, nous dirons dommage de voir Leclercq éclater, alors que Bonnel touche à la fin de sa carrière.

À eux deux, plus un troisième du genre laborieux, ils formeraient un milieu du terrain de premier ordre.

Quoi qu'il en soit, Leclercq existe et il serait stupide de s'en priver, pour des tas de mauvaises raisons.

Trésor : un peu de patience

On nous a dit encore :

"Et trésor, qu'en pensez-vous ?"

Beaucoup de bien, encore qu'il eut paru assez peu adapté au jeu de sa nouvelle équipe et un peu gêné par le marquage individuel.

Mais la classe et les énormes moyens de ce joueur sont évidents.

En s'en apercevra, quand il se trouvera au sein de l'O.M., comme chez lui.

Pour terminer, écrivons que le Red Star, dans la limite de ses moyens, a produit une impression favorable.

Sous la direction de Farias, les joueurs parisiens ont affiné leur jeu et certaines de leurs combinaisons offensives, rondement menées, mirent la défense olympienne en péril.

Qu'ils n'aient pas marqué un ou deux buts à souvent tenu à un cheveu.

Une équipe essayant de bien jouer, même si ses qualités ne lui permettent pas d'atteindre les sommets, doit être encouragée.

Maurice FABREGUETTES

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Ce sont pourtant les mêmes...

Au fond, l'O.M. ne rompra jamais avec le spectacle, bons ou mauvais, qu'il engendre.

On sort côté cour ou côté jardin.

Peu importe. L'essentiel, semble-t-il, et de se propulser sous les feux de la rampe avec les personnages, selon les années, fabuleux et expressifs, ou falots et incolores.

L'O.M. a construit sa gloire, son histoire et ses légendes sur des coups d'audace ou de génie, de maladresses ou d'erreurs, et sur les coups de coeur de son public, plus or que chair, plus férocement passionné que tendrement connaisseur.

La vie de l'O.M. n'est pas tellement comme celle de tous les autres clubs.

Ses périodes paisibles sont accidentelles. L'O.M. se plaît dans le tumulte de la victoire, dans les propositions anormales, quelquefois indécentes, donneraient à sourire ces bons vieux clubs anglais, vigilant gardien des évangiles du football.

Mais il y a aussi l'O.M. des situations morose, des inquiétudes, celui qui se trouve toujours assez loin d'un leader niçois qui ne volète plus comme un aiglon dans le ciel du championnat, mais comme l'aigle royal d'une compétition qu'il tient dans ses serres.

On peut toujours se demander ce qu'il adviendra d'une équipe marseillaise en pleine transfusion sanguine, avec plusieurs éléments qui flirtent avec des caisses de retraite et dont la célébrité titrée encore chaude des années passées continue de brûler l'amour-propre.

Les palabres, les bruits de couloirs, les déclarations dignes d'un tribunal de Salut public, et les sentences qu'on promet ou que l'on prononce, fussent-elles méritées, ne changeront rien à l'inspiration, à la qualité ou à la chance de ceux qui, en définitive, détiennent la seule vérité : les joueurs.

C'est la seconde fois de la saison - la seconde seulement à cause des vacances légales et républicaines - que nous voyons les Olympiens de Linder, à peine entrevus lors du match contre Metz.

Et ce ne sont pas leurs trois buts à zéro qui nous ont convaincu.

Nous avons trouvé l'ensemble comme époumoné, à la recherche de son football d'antan, au jeu si précaire que son classement ne saurait nous surprendre.

Le tricolore de ses liserés nous semble délavé. Alors !...

Alors, il est clair que lorsque nos amis Maurice Fabreguettes et Louis Dupic écrivent qu'il n'y a plus de commune mesure entre cette équipe et celle de l'an dernier, ils ne se trompent que sur un point : la générosité des mots dont ils se servent.

Pour notre part, nous n'aimons pas les équipes invertébrées, chez qui le triangle ou le losange de jeu tient davantage de la marelle que du football de Division Nationale.

Et pourtant, on nous excusera de prendre la part de ses joueurs.

Les raisons de cette "chute technique" des champions de France n'auraient pas leur origine sur le terrain que nous n'en serions nullement surpris.

Avec les mêmes hommes, l'an dernier, le football était simple, offensif et direct.

Tout lui était consacré dans cette seule perspective.

On aimait bien, par exemple, et même trop, Roméo Skoblar quand il marquait des buts. On est tout près aujourd'hui de le jeter aux orties, parce qu'il en marque beaucoup moins.

On s'étonne que Jules Zvunka ait son rendement amoindri par une année de plus sur son livret matricule, et on voudrait que ce qui lui était enseigné auparavant n'ait plus cours aujourd'hui.

La forme, bien sûr, il y a ça aussi.

Cette forme qui fuit Novi, Gress et bien d'autres. Que voulez-vous, ils sont de sang et de chair, comme vous et nous.

Mais, que diable ! Ils sont toujours des créateurs de jeu.

Ils l'étaient bien, il y a cinq mois à peine. Ils croyaient à la doctrine qu'ils enseigneraient à coup sûr s'ils en avaient l'autorisation.

Peut-être se taisaient-ils, mais nous sommes persuadées qu'ils ont au coeur le mépris le plus absolu pour leur jeu actuel, en même temps que pour ceux qui, des tribunes, jouant les techniciens et les moralistes, font leur tourment.

Car jusqu'ici nous n'avons point connu encore des footballeurs professionnels indifférents aux résultats.

L'O.M. a battu le Red Star.

C'est vrai.

Mais ici on peut se servir d'un cliché : "l'arbre cache vraiment la forêt".

Lucien D'APO

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  Les olympiens : " Et maintenant gagner à Angers..."

Beaucoup de monde dans les vestiaires marseillais après la victoire. Journalistes, photographes, télévision, tout y était en un mot pour marquer l'événement. Car il ne faut pas s'y tromper, le succès devant le Red Star était bel et bien accueilli comme tel, aussi bien par les joueurs que par leurs dirigeants.

C'est Zvunka qui nous en donna le premier la preuve :

"Au moins, disait le capitaine, nous serions tranquilles pendant quelques jours".

Il faut préciser que les joueurs olympiens ressentaient les effets de leurs mauvaises performances. Le moins qu'on puisse dire est que leur moral n'était pas des plus sereins ces derniers jours.

Les trois buts inscrits contre le Red Star auront donc le mérite de redonner un peu de confiance à la troupe olympienne.

Souhaitons cette fois que les espérances ne resteront pas sans lendemain.

M. GALLIAN :

"LA PEUR AU VENTRE..."

On sait que M. Gallian avait lancé, disons, quelques avertissements avant le match contre les Parisiens. Quel était son sentiment au coup de sifflet final.

"Eh bien, je suis content d'avoir gagné. Je sais qu'il s'agit là d'une déclaration pas très originale. Mais aujourd'hui elle dit bien ce qu'elle veut dire. Vous comprenez, cet après-midi, pour ne pas changer, nous avons eu encore des débuts pénibles. Et je les comprends d'ailleurs très bien.

Nous savions tous qu'après la piètre exhibition d'Ajaccio, nos joueurs allaient entrer sur leur terrain pas mal contractés.

C'est exactement ce qui s'est produit.

À ce sujet, je dois tout de même remercier le public. Il a encouragé son équipe avant le coup d'envoi. Vous savez, c'est très gentil de la part de tous les supporters.

Il n'empêche que l'O.M. a abordé la rencontre avec la peur au ventre. Cela nous valu une première mi-temps pénible".

LINDER : "A QUAND

UN BON DÉBUT ?"

Kurt Linder, lui aussi, nous a avoué son soulagement à la fin de la rencontre.

"Oui ! je ne vous le cache pas, j'ai eu peur. Même quand nous menions 1 à 0 l'égalisation était toujours possible. J'ai commencé à respirer après le but de Josip. Celui de Leclercq formidable m'a complètement rassuré. Mais croyez-moi, jusque-là, j'avais souffert.

Je n'arrive d'ailleurs pas à m'expliquer pourquoi nous terminions mieux nos rencontres que nous les abordons. Il y a là un petit mystère qu'il faudrait élucider. À quand un bon début de l'O.M. dans un match important ?

C'est, pour ma part, un spectacle qu'il me tarde de suivre."

- Comment avez-vous trouvé Emon ?

"Je crois que son rôle était délicat. Il entrait dans une équipe à un moment plus ou moins critique, cependant il s'est montré utile, n'a jamais perdu le ballon. Albert mérite qu'on lui fasse de nouveau confiance".

- Et Daniel Leclercq :

"Lui aussi avait une tâche ingrate. Il a remplacé Bonnel quand rien n'était encore joué. Vous avez pu juger vous-même quel travail fut le sien. Et quel but !

Maintenant nous verrons à Angers si nous sommes oui ou non repartis du bon pied. Je vous signale à ce sujet que Mario Zatelli est allé à Bastia pour superviser les Angevins..."

GABY ROBERT :

"L'O.M. VA REPARTIR !"

Voyons maintenant l'avis des joueurs.

Marius Trésor donc c'était les débuts marseillais :

"Il manque encore certains automatismes. Je suis un peu gêné aussi par le marquage individuel pratiqué par l'O.M. Mais je pense que tout ira mieux dans quelque temps".

- Contracté ?

"Non ! mes camarades m'avaient mis en confiance".

Albert Emon, lui, avait un peu le trac, comme prévu en entrant sur le terrain.

"Cela nous confia-t-il m'a sans doute empêché de mieux faire, après un début timide, j'ai pris de l'assurance au fil des minutes. En deuxième mi-temps, quand l'équipe a bien tourné, j'étais alors totalement décontracté".

Roger Magnusson :

"Personnellement je suis satisfait, mais je dois reconnaître que l'O.M. cette saison n'a pas de chance. J'ai adressé un nombre indiscutable de centres, le plus souvent manqués de quelques centimètres par Josip.

Daniel Leclercq était félicité de toutes part par son but fantastique.

"Un coup de chances, répondait-t-il modestement. Après ma blessure au genou j'avais un peu peur de frapper. Tout s'est pourtant bien passé.

Bien sûr j'aurais préféré entrer au début de la rencontre mais je suis plus que jamais décidé à m'accrocher. Un jour ou l'autre peut-être je serai titulaire à part entière..."

Le mot de la fin à Gaby Robert qui était venu dire bonjour aux vainqueurs.

"J'ai vu d'un côté une équipe du Red Star qui a joué comme toutes les équipes jouent à l'extérieur. De l'autre se trouvait l'O.M. qui était contracté et de ce fait a éprouvé des difficultés après le coup d'envoi.

Mais à mon avis tout ne va pas tarder à rentrer dans l'ordre. L'O.M. a encore huit mois pour bien terminer sa saison. Et en huit mois, voyez-vous, il peut arriver pas mal de choses..."

Jean FERRARA

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LES REPONSES AUX QUESTIONS QUE VOUS VOUS POSEZ

Daniel LECLERCQ, l'homme du match

 ALBERT EMON ÉTAIT HIER LE POINT DE MIRE DE TOUT UN CHACUN. COMMENT PASSA-T-IL LE DIFFICILE EXAMEN DU STADE-VÉLODROME ?

Albert se comporta à l'image son équipe, c'est-à-dire qu'il commença prudemment pour finir beaucoup mieux.

Il démontra des qualités certaines et surtout fit preuve d'une bonne dose de culot. C'est ainsi qu'il n'hésita pas en de nombreuses occasions de temps à tenter sa chance et ne parut pas impressionné par la valeur de ses partenaires et adversaires. Il n'était pourtant pas particulièrement satisfait de lui après le match, estimant qu'il aurait pu faire beaucoup mieux.

Mais pour des débuts, ce ne fut déjà pas si mal, surtout si l'on considère qu'il n'évoluait pas à sa véritable place, celle d'avant-centre. Il serait dommage qu'on ne lui offre pas une deuxième chance.

 L'ABSENCE SUR LE BANC DE TOUCHE DE MARIO ZATELLI N'A PAS MANQUÉ D'INTRIGUER, OU ÉTAIT DONC LE COACH ?

En route pour Bastia, tout simplement, afin d'y superviser le S.C.O. d'Angers que l'O.M. ira affronter mercredi prochain.

"J'espère qu'il nous reviendra de là-bas en ayant échafaudé une savante tactique de victoire", nous dit Kurt Linder.

 POURQUOI AVOIR FAIT SORTIR BONNEL EN DEUXIÈME MI-TEMPS ?

"Zizou" ayant été jusqu'à là d'assez loin le meilleur olympien, le public a fort mal accueilli cette décision. Les spectateurs ont même scandé son nom afin de faire bien comprendre qu'ils entendaient qu'il demeure sur le terrain.

En fait, et nous en avons eu l'explication au vestiaire, c'est l'intéressé lui-même qui a demandé à être remplacé.

"C'est en courant après Garrigues que j'ai ressenti soudain une violente douleur à la cuisse, le vieux claquage de Reims qui s'est réveillé. J'ai préféré ne pas insister. C'est d'autant plus bête qu'à l'entraînement ou j'avais mis ma cuisse tout particulièrement à l'épreuve, cela avait bien marché".

 POURQUOI M. MOUCHOTTE INFLIGEA-T-IL AVERTISSEMENT À NOVI ?

"Je n'ai pas très bien compris moi-même", a commenté Jacky.

"Sur une phase de jeu, je me suis un peu heurté avec un adversaire ; il m'a donné un coup de pied, je l'ai poussé du bras. Cinq minutes après, nous avons encore été aux prises, dans une charge sèche mais régulière. Et c'est là que j'ai écopé d'un avertissement... J'aurais compris si cela avait sanctionné ma première faute, mais là j'avoue ne pas expliquer la décision de M. Mougeotte.

 POURQUOI CE RÉVEIL TARDIF ?

Comme contre Rennes, comme contre Metz, l'O.M. a fait hier la décision sur la fin, alors que dans un passé récent c'est souvent le contraire qui se produisait ; les Marseillais partaient bien, s'assuraient l'avantage, puis baissaient de pieds.

Ces deux comportements ne sont évidemment pas voulus mais la conséquence directe de l'opposition que l'on trouve en face.

Terminer bien un match présente cependant souvent l'avantage de permet d'arracher la décision.

Mais hier, c'est essentiellement le but de Skoblar et le découragement qu'il a entraîné hier chez les Parisiens qui a valu à l'O.M. d'imposer sa loi dans les dernières 20 minutes.

 DANIEL LECLERCQ EST-IL GUÉRI ?

La question a de quoi surprendre étant donné que le Valenciennois a fait hier une rentrée remarquée.

Mais c'est Daniel lui-même qui nous l'a dit après le match :

"Ne croyez pas que je sois tout à fait remis. J'ai encore un peu mal et surtout j'ai peur de voir ma blessure s'aggraver, ce qui m'oblige parfois à ne pas appuyer franchement".

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, il a ajouté :

"Sur le but par exemple, j'ai retenu ma jambe ; j'aurais pu tirer plus fort !"

Guéri ou pas, il aura été en tout cas l'homme du match !

Alain PECHERAL

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COURBIS à EMON : "Les voeux de ton frère Roland !"

Hier après-midi un télégramme attendait Albert Emon au secrétariat de l'O.M. Il était ainsi libellé :

"De tout coeur avec vous, Signé : Ton frère, Rolland".

Il était évidemment adressé à son jeune camarade par son copain de promotion Courbis. Ce qui a fait dire à "Bébert" :

"Rolland est vraiment magnifique !"

Ils sont vraiment gentils, ces petits, ne trouvez-vous pas ?

MI-FIGE, MI-RAISIN

Albert Emon n'était pas tellement content de lui, sur le coup de 18 heures.

Il aurait voulu, comme on dit "crever l'écran".

"Si mes débuts se soldent par un bon match, c'est toujours ça", nous a-t-il dit. "Mais j'aurais tellement voulu faire mieux !"

Aujourd'hui, "Bebert" ne viendra pas aux soins avec ses camarades, il restera en famille à Berre.

"C'EST NORMAL,

C'EST NORDISTE !"

Une fois de plus, Daniel Leclercq s'est distingué en présence de son ancien entraîneur de Valenciennes Gaby Robert.

Comme nous évoquions avec ce dernier, devenu l'adjoint de Georges Boulogne, son fameux tir de la 70me minute, il nous rétorqua :

"C'est normal ! Il a été formé pour ça !"

Comme si V.A. fabriquait à la pelle des gauchers de génie.

PAROLE DE CONNAISSEUR

Notre vieil ami Antoine Perez nous a dit :

"L'O.M. a montré, tout à l'heure deux visages. Mais il a eu l'habilité de mieux finir qu'il n'avait commencé. Il vaut toujours mieux laisser le public sur la meilleure impression !"

SEPT ANS DÉJÀ

Le 11 novembre 1965, l'O.M. de Mario Zatelli et Marcel Leclerc perdit contre Toulon (0-1) son seul match à domicile et le seul qu'i ait joué de la saison au stade vélodrome.

Comme celui d'hier, il était couplé avec un match de France - Nouvelle-Zélande comptant pour la Coupe du Monde de rugby à XIII.

DRÔLE D'ARMISTICE

Cet après-midi là, le hasard nous avait valu un extraordinaire intermède de boxe à poings nus ! Tandis que la balle ovale voletait du côté "tableau d'affichage", à 80 mètres de là, deux costauds, l'un du Sud-Ouest et l'autre des antipodes, s'expliquaient selon les règles du marquis de Queensburry, dans un coin du terrain, sans être le moins du monde interrompus.

Ceci à la grande joie des spectateurs frustrés, hier, de ce plaisir discutable avec la correction de la rencontre.

ÉCONOMIES

Les joueurs de l'O.M. se sont étonnés que ce match de Coupe du Monde ait été dirigé par un arbitre français et, plus, marseillais, M. Jameau.

"Sans doute, nous a glissé l'un d'eux, dans un but d'économie ?"

AUTRE SPORT

C'est aussi un Olympien qui s'est étonné, voyant Guilhem tenter une pénalité et enregistrant les réactions du public :

"Tiens, ils applaudissent pour une méchante pointe ?"

FINE SBOUCHES !

En contrepartie, c'est un treiziste, la bouche pleine des gâteaux de la réception d'après match, qui nous a dit, évoquant les "manchots" :

"Et vous me dites qu'ils paient plus de 100 millions pour ses "gonzes" ?"

Mais, avouons-le, avec une certaine nostalgie...

Louis DUPIC

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FARIAS : "Le but de Skoblar

fut le tournant du match

Dans les vestiaires Audoniens, les visages étaient soucieux.

L'entraîneur Farias ne cherchait pas de fausses circonstances atténuantes :

"Le but de Skoblar fut le tournant du match, mais ce but était terriblement sujet à caution !"

Donnat, ancien Marseillais, constatait :

"Nous avons joué avec prudence peut-être un peu trop, mais nous ne pouvions pas nous découvrir !"

Le gardien Laudu n'était pas tellement satisfait.

"Avant, le Stade Vélodrome de Marseille m'était favorable, maintenant ce n'est plus la même chose ; la saison dernière et cette saison, j'y ai été malchanceux ! Mais dans tous les cas je n'ai pas été très chanceux !"

A.D.

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O.M. : 3 - Red Star : 0

Une victoire longue

à se dessiner

Après avoir applaudi aux exploits des rugbymen français contre les néo-zélandais, les spectateurs étaient décidés à vibrer à une performance de l'O.M. contre le Red Star, quand M. Mouchotte appelle les équipes annoncées sur le terrain.

Carnus ; Trésor, Bosquier, Zvunka, Kula ; Novi, Bonnel ; Magnusson, Gress, Skoblar, Emon pour l'O.M., et Laudu, Garrigues, Mouilleron, Glycinski, Guillollet ; Bernard, Donnat ; Garcia, Gonzales, Ameijenda, Pintenat.

Les joueurs de Kurt Linder sont chaleureusement applaudis par les spectateurs.

La partie débute par un round d'observation, rompu par un tir au-dessus de la cage de Carnus décoché par Pintenat (2me minute). Emon réagit par un shot en cloche qui passe à côté (3me minute) ; Emon, encore (4me minute) obtient un corner devant Garrigues.

Laudu intervient sur le coup de pied de coin donné pas Emon.

Gress s'échappe, tire dans sa foulée quelques instants plus tard. Laudu plonge rate la balle, mais la sphère manque l'encadrement.

À la 7me minute, le Sud-Américain Ameijenda tente sa chance de loin sans succès. L'O.M. n'est pas tellement à son aise, ses éléments sont à la recherche d'une cohésion fantomatique.

Garcia (10me mn) shoote sur Carnus. Sur une passe de Magnusson (11me mn) Emon brosse sa balle qui est trop aérien et s'envole au-dessus de la transversale. Skoblar, à son tour décoche un bolide, malgré l'intervention décidée de Mouilleron, Laudu arrête la balle du pied et celle-ci termine sa course contre le montant gauche.

La riposte parisienne se fait sur Pintenat qui déboule. Trésor le tackle et Carnus plonge et expédie la balle en corner (15me mn). Trésor, qui paraissait indécis, se met à marquer son homme, Pintenat. Kula s'énerve monte et tire, Laudu, bousculé, lâche le ballon, mais aucun danger pour lui !

MAGNUSSON DANGEREUX

Magnusson, qui est l'un des rares Olympiens à se battre avec esprit de décision, centre au milieu d'un paquet de joueurs (20me mn), mais Laudu est bien placé à la réception de la sphère.

Sur un corner de Magnusson, on note une tête de Skoblar au-dessus de la transversale (21me mn). L'O.M. joue comme une équipe vieille, essoufflée. Sombre samedi avec ce team olympien triste, morose, gris et la première demi-heure est atteinte sur le score de 0 à 0.

Quelques minutes plus tard, Garcia manque une occasion unique pour le Red Star, seul devant Carnus, il shoote dans les pieds du gardien marseillais. Skoblar attaque à deux reprises de manière confuse, enfin, à la 37me minute, le jeu, c'est l'éclair

À BONNEL LE 1er BUT.

Sur un merveilleux centre de Magnusson, Bonnel reprendre de la tête et trompe Laudu.

O.M. 1 - Red star 0.

Les "Blancs" respirent mieux, et dire qu'il n'y a pas si longtemps, on discutait Magnusson ! Le Red Star ne se décourage pas, Magnusson boite légèrement. Skoblar, à la 42me minute, se déchaînent et oblige Glycinski à envoyer le cuir en corner. Et l'arbitre siffle le repos sur le score d'un but à zéro en faveur des Marseillais.

La seconde mi-temps, en commençant, n'est pas plus palpitant que la première.

Pourtant à la 50me minute, Bonnel manque de peu d'aggraver le score sur un centre impeccable de Magnusson. Enfin l'O.M. s'animent... Laudu a eu chaud ! Deux minutes plus tard, Zvunka tombe, se fait mal au visage, mais il reprend immédiatement sa place.

À la 58me minute, Bonnel sort du terrain, le public proteste, Leclercq rentre chez les "Blancs", c'est au tour d'Ameijenda de céder sa place à Simon (62me mn).

À la 65me minute, sur un centre d'Emon, Skoblar, peu heureux jusqu'à là réussit à lober Laudu et à réaliser le second but marseillais. Cette fois-ci, la cause est entendu !

UN EXPLOIT POUR LECLERCQ

A la 70me minute de jeu, c'est un exploit de Leclercq : de 30 mètres, il expédie un tir fusant du gauche et laisse pantois Laudu. 3 à 0 !

Leclercq, le remplaçant, vient de donner une leçon à bien des titulaires !

Laudu est encore en danger sur un tir d'Emon (79me mn), puis sur un essai de Leclercq (87me mn) et M. Mougeotte siffle la fin sur le succès de l'O.M. sur le Red Star par 3 buts à 0.

 Alain DELCROIX

 

 

 

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