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Résumé du Petit Provencal

du 19 avril 1937

Sète marque le 1er but, mais ...

Marseille gagne par 2 buts à 1

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De tout temps les rencontres Sète-O.M. ont été suivies par un nombreux public. Celle d'hier ne céda en rien a ses devancières et c'est devant près de 13.000 spectateurs que le derby du Sud-Est se déroula.

Le match capital pour les Olympiens faillit bien ne point leur être favorable. Les Dauphins, en effet se présentèrent sous un jour exceptionnel défendant d'admirable façon leur réputation. Très en verves, ils jouèrent cette partie avec un mordant et une rapidité qui déconcertèrent quelque peu les Marseillais. Leur jeu scientifique fait de passes redoublées, de dribbles courts et exécutés avec une rare précision, leur permit de montrer au public marseillais qu'ils avaient une parfaite connaissance du véritable jeu de la balle ronde.

Devant une équipe aussi décidée, les Olympiens éprouvèrent une difficulté énorme à battre Llense qui fit d'ailleurs une partie remarquable de brio. Au repos le score était encore vierge. Ce n'est que dans le dernier quart d'heure à la suite d'une attaque de Montsaillier que Petrack put servir d'impeccable façon Korany qui de très près ne permit aucun espoir à Vasconcellos.

Ce résultat eut le don de rappeler à la réalité les locaux, qui eurent un instant la vision de la défaite.

Dès la remise en jeu. Bruhin sert Zatelli lequel lance Zermani. Celui ci s'échappe évite Franques et effectue un léger centre que le leader de l'attaque olympienne reprend, battant le portier sétois.

Les deux équipes sont donc à égalité. Il reste dix minutes à jouer. Les Marseillais forcent l'allure. Bruhin se porte maintenant à l'attaque. A la dernière minute un départ de Weiskop se termine en corner. Celui-ci bien tiré est repris de la tête par Zatelli, alors que Llense est blessé. C'est le but vainqueur.

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Il reste une minute. Rien n'est plus marqué. L'Olympique a eu chaud.

Ce fut un match serré. Jamais en effet les Sétois n'avaient fourni pareille exhibition. Ils jouèrent certainement l'une de leurs plus belles parties. Mais si le trio défensif et ligne intermédiaire parvinrent à juguler l'attaque olympienne, leur quintette par contre eut rarement l'occasion de surprendre la vigilance des défenseurs phocéens. Il est, en effet heureux que ces derniers auxquels s'était joint Bruhin aient tenu avantageusement devant les combinaisons des visiteurs, car tout au long de la partie, les inters et les demis-ailes furent dépassés par les évènements.

En effet, Bruhin étant tenu en défense pour annihiler l'action de Koranyi aucun des deux intérieurs ne fut à même de conduire la direction du jeu pour offrir et soutenir à la fois des offensives des forwards olympiens

Il fallut sur la fin que le centre-demi local se détache quelque peu du plan défensif pour que Zermani et Weiskop puissent enfin faire preuve de mordant et du même coup gagner la partie.

Certes les Marseillais surent offrir aux scientifiques dauphins une défense sure, mais pour vaincre cela ne suffit toujours pas.

Hier, ils s'en aperçurent. Et pourtant Llense eut une besogne considérable à effectuer. Il s'en tira d'ailleurs de merveilleuse façon d'abord par ce que sa classe est certaine mais aussi par ce que les actions des leaders n'étaient pas suffisamment variées et surtout soutenues.

La victoire d'hier consolide sérieusement la position des olympiens. Cependant, il leur reste des matches difficiles à jouer. Il faudra donc qu'ils puisent dans le match de Sète les enseignements nécessaires afin de conserver l'avantage qui peut et devrait les conduire au titre de champion.

Comme nous le disons plus haut, la défense fut intraitable. Ben Bouali se révéla dans une forme splendide, souple, rapide, ayant le sens de la place, il fit preuve de beaucoup de précision. Ii fut d'ailleurs supérieurement épaulé par e modeste Henri Conchy et Bruhin.

Les demis-ailes furent quelque peu faiblard, Bastien cependant termina mieux qu'il n'avait commencé.

Aux avants, trois hommes Weiskop, Zatelli qui fit des services admirables et Zermani dont l'aisance parut s'affirmer supérieure que ces temps derniers. Malheureusement on ne sut pas toujours le lancer convenablement et utiliser ainsi son démarrage puissant.

La "machine" Sétoise fut splendide. La pureté de son jeu prouva amplement que son classement n'est nullement en rapport avec sa classe.

Llense sauva de nombreuses situations critiques grâce à sa souplesse et des réflexes rapides. Il fut cependant quelque peu heureux dans ses arrêts au pied.

Gabrillargues, Laurent et surtout Reich qui remplaçait Rafaat au centre de la ligne intermédiaire furent à la hauteur de leur tâche. Raich beaucoup plus rapide et tout aussi précieux que le titulaire du poste donna à l'équipe en allant et une vitalité très grande.

Dans l'attaque, seul Montsallier n'égala pas ses camarades. Nous l'avons connu sous u autre jour.

M. Olive dirigea convenablement cette rencontre au demeurant correcte. Il aurait pu cependant inviter Granier à moins user de ces crocs, moyen non reconnu pour combler un manque de forme.

Georges DARBOS

 

 

 

 

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