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Résumé du Petit Provencal

du 13 septembre 1937

L'O.M. a réalisé hier

une belle performance

en battant l'Olympique Lillois

par 4 buts à 0

En présence d'un très nombreux public, l'Olympique de Marseille jouait, hier, son deuxième match sur le Stade Vélodrome municipal contre son homonyme de Lille. Les visiteurs qui comptaient jusqu'à là, deux défaites et un match nul, ont du une fois encore s'incliner et de nette façon devant les locaux qui, par quatre fois, trouvèrent le chemin des filets.

Ce résultat tout à l'honneur de nos représentants, démontrent cependant combien les Dogues nordistes sont loin encore de tenir la forme de l'an passé.

Les comptes rendus des parties précédentes laissaient, en effet, supposer que les visiteurs n'obtenaient des scores relativement faibles qu'avec l'appui d'une défense harmonieusement constituée et qui a elle seule parvenait à enrayer les offensives de ses adversaires.

Hier encore, le team nordiste se présenta au Stade Vélodrome avec les mêmes caractéristiques. Ce fut, à nouveau, le trio défensif qui subit tout au long de la partie l'emprise du quintette olympique.

Durant la première mi-temps, les Lillois ne se tirèrent pas trop mal d'affaire, puisque jouant contre le vent, ils ne concédèrent qu'un seul but. Mais, au cours du second half - alors que l'on attendait un meilleur rendement de l'attaque visiteuse - les Olympiens parvinrent à aggraver la marque de trois nouveaux buts. D'ailleurs, c'est dans ce laps de temps que les forwards locaux, supérieurement épaulés par un Bruhin en belle condition, jouèrent avec une admirable coordination au point de laisser parfois sur place le tandem Vandooren-Beaucourt.

C'est donc par un joli succès que la quatrième journée des Marseillais se termine. Il fut acquis surtout, grâce à la rapidité, à l'efficacité et à l'entente des avants qui eurent, en la ligne intermédiaire, et particulièrement en Bruhin, un soutien véritablement sérieux.

Battre quatre fois la défense lilloise est la preuve de qualités certaines, Valenciennes, Metz et l'Excelsior ne peuvent pas en dire autant.

Il ne faudrait cependant pas, après ce succès, penser qu'il est permis à nos représentants de ne plus améliorer leur condition. D'autres adversaires, mieux armés, plus étoffés dans toutes leurs lignes sont appelés à les rencontrer. C'est dire qu'ils auront à mieux faire encore dans l'avenir, s'ils ne veulent pas subir des désillusions.

Lille comme nous l'avons indiqué plus haut, est encore loin de posséder une forme satisfaisante. Sa faiblesse réside surtout dans son attaque. Elle ne sut d'ailleurs jamais créer des situations favorables et par ailleurs, la valeur réalisatrice de Tomaidis, même de Spagnoli reste à démontrer, car hier ils ne placèrent aucune balle vraiment susceptible de mettre en danger la défense olympienne.

La présence de Bigot, à l'aile gauche, ne nous permit point de reconnaître celui qui a eu l'honneur d'être retenu plusieurs fois comme leader d'attaque de l'équipe de France. Il fut timoré au possible et manqua totalement de vitesse, voir même de centre qui eut permis à son trio d'attaque de tenter sa chance. Ce n'est point avec une ligne semblable - tout au moins dans sa forme actuelle- que les Lillois pourront prendre un départ décisif. Signalons cependant, l'excellente exhibition de More et aussi de Smella qui malgré toute leur valeur, jointe à une volonté exemplaire, se dépensèrent en pure perte.

LA PARTIE

Dès la mise en jeu, Lille paraît avoir une meilleure cohésion. Une descente de Spagnoli est arrêtée par les arrières locaux. Sur le renvoi, Asnar essaie un shoot à ras de terre, qui passe à côté. Un centre shoot est arrêté haut par Desfossés, devant Zatelli.

Lille contrôle mieux. Belle reprise de volée de Zatelli, qui botte sec à mi-hauteur, Desfossés réceptionne. Puis sur attaque des visiteurs, Vasconcellos ne hasarde un peu trop, mais ses arrières sauvent.

C'est l'O.M. qui obtient le premier corner, tiré par Zermani sans résultat. Vasconcellos cueille haut un bel heading de Carle. Le jeu se poursuit à l'avantage technique de Lille. L'O.M. a malgré ces quelques éclairs, qui pourraient être positifs si ce n'était la virtuosité de la défense nordiste. La partie se poursuit par une attaque lilloise enrayée par Bastien. Un shot d'Asnar trouve Desfossés à son poste.

Les essais marseillais se font plus nombreux et plus précis. Un service de Bastien au centre, Desfossés sort ; Zatelli réalise un heading qui passe de peu à côté de la cage vide.

More fait un joli travail destructif sur les essais d'attaques des inters locaux. Un coup franc contre Vandooren à la limite est botté par Kohut, sans résultat. L'O.M. est maintenant en action. Lille joue une défense serrée ; sur service de Asnar, Zatelli laisse passer la balle et Zermani démarqué pousse dans le coin opposé à la 25e minute, O.M., 1 ; Lille, 0.

Kohut est très étroitement marqué et les services qu'on lui fait ne sont pas toujours heureux. L'O.M. à la direction de la plupart des opérations, le jeu se cantonne en camp visiteur. Une belle descente de Zatelli est arrêtée par Vandooren. Puis un centre de Gonzales est repris et lâché par Desfossés, Zermani pousse dans les filets mais l'arbitre refuse le but pour hors jeu. Les Olympiens repartent à l'attaque et le jeu se poursuit avec intérêt. La mi-temps intervient sur le score de 1 à 0 en faveur des locaux.

A la reprise, les Dogues lillois attaque. La barre sauve un shoot fort dangereux de Spagnola. C'est ensuite une belle action de Zatelli qui quoique gêné par Vandooren se termine par un shoot sec dans les bras de Desfossés, suivi peu après par un essai d'Asnar, bien dangereux lui aussi.

Malgré le vent, les locaux s'installent en territoire lillois ; Kohut botte un corner, sauvé "in extremis". Un shoot de revers de Zatelli passe de peu au-dessus des bois de Desfossés. Puis, Vadooren sauve devant Kohut.

L'attaque lilloise s'avère de plus en plus inefficace. Bigot, à l'aile ne peut rien. Et les shoots locaux se succèdent, mais ne trouvent pas les filets. Cependant, un splendide service de Kohut à Zermani trouve le ballon en "sandwich" entre Desfossés et Zermani et le but n'est pas marqué.

Favorisé par le vent, Lille se trouve à quatre devant les buts de Vasconcellos, mais Ben Bouali sauve. Sur renvoi Zatelli part ; il passe à Zermani, qui centre ; Kohut intervient et, à mi-hauteur, trompe Desfosses. O.M., 2 ; Lille, 0.

A la remise en jeu sur centre de Zermani, Zatelli reprend ; Desfossés renvoie en hauteur, la balle rebondit sur la barre. Desfossés rattrape et dégage. L'O.M. multiplie ses attaques sans cesse lancées par Bruhin, dont l'action depuis le début est formidable. Bigot est passé avant centre après le deuxième but. A la vingt quatrième minute, Kohut intercepte un service de Gonzales ; il feinte, ressert Gonzales, passe à gauche ; celui-ci centre à Zatelli qui feinte Vandooren et, seul devant Desfossés, le bat, O.M.,3 ; Lille, 0.

Bruhin se fait l'âme de l'attaque et met la défense lilloise aux abois par sa constante pression. Lille réagit amorce quelques attaques, mais sans succès. Un coup franc contre l'O.M. ne donne rien, puis un shoot direct de Spagnoli passe de peu à côté.

Lille maintenant joue devant les bois des Marseillais qui ont ralentit l'allure. Un nouveau corner n'a pas de résultat : Asnar, touché, a permuté avec Kohut. L'O.M. pousse moins et joue avec prudence et intelligence.

Sur la fin, les locaux attaquent à nouveau ; Kohut se démarque, fonce, centre. Son shoot est repris d'un heading par Zermani, et Desfossés est battu pour la quatrième fois.

Cette rencontre a été suivi avec intérêt par un public nombreux que l'on peut évaluer à près de douze mille spectateurs. La recette s'est élevée à près de cent mille francs.

Nous avons noté à la tribune d'honneur, la présence de MM. Henri Tasso, ministre-maire de Marseille ; Santagostino, conseiller municipal ; Abelly, president de la Ligue du Sud-Est ; Bayrou de Sète ; Reynaud, président de l'O.M. ; Pitcon, conseiller d'arrondissement, etc...

Georges DARBOS

 

 

 

 

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