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Résumé du Petit Provencal

du 27 septembre 1937

.......A près une partie monotone

l'Olympique de Marseille

bat péniblement Antibes

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Un shoot inattendu de Bruhin

a départagé les deux équipes

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Les jours se suivent mais ne se ressemble pas. Il en est ainsi des rencontres de football. Celle qui nous fut offerte hier, n'offrit pas le spectacle d'un jeu plaisant, incisif et précis. Tout au contraire, la rencontre fut jouée avec une certaine timidité et fut également quelque peu heurtée en raison de l'esprit particulier qui guida les deux formations en présence.

Les Olympiens, évidemment, après leur succès sur Sochaux, qui leur valut une deuxième place au classement, avaient la volonté de vaincre. Mais pour cela ils ne déployèrent pas toujours avec bonheur. La triplette d'attaque Kohut, Zatelli, Zermani, n'opéra pas toujours avec cette autorité, cette décision qui, en d'autres circonstances, en font l'une des associations les plus redoutables. Il est vrai que ces joueurs avaient à faire à trois défenseurs dont la tenue fut respectable. Ehms dans les bois prouva son excellente compréhension du football et eut de nombreuses interventions heureuses et très bien conçues ; Benezech et Masset, un peu sèchement, fournirent un travail d'une telle autorité qu'il fit parfois réfléchir les forwards olympiens.

Ainsi la lutte, si elle fut ardue, volontaire et sans défaillance, ne se présenta cependant dans un style de qualité et il était ainsi difficile à l'une ou l'autre équipe d'acquérir l'avantage indispensable pour vaincre. Il fallut une audacieuse tentative de Bruhin qui profitant d'un instant d'affolement des Antibois, pour que d'un shoot placé de plus de trente mètres, pour tromper la vigilance pourtant grande du keeper azuréen. Sans cet exploit, malgré l'avantage territorial des Marseillais, on eût assisté à un demi-échec de nos représentants.

En fait, l'Olympique a mérité sa victoire. Si tout ne fut pas parfait sans l'équipe, il n'en demeure pas moins que ce sont les joueurs phocéens qui se montrèrent les plus dangereux dans leurs actions offensives et affichèrent non seulement un meilleur contrôle de balle, mais aussi une précision plus grande, plus nette et plus décidée que leurs adversaires.

Ceux-ci, en effet, opérèrent le plus souvent par petites passes d'ailleurs médiocrement contrôlées, et qui dans bien des phases furent interceptées par les inters olympiens. Jamais ils n'essayèrent de lancer par de larges et puissants services leurs ailiers, seuls susceptibles de mettre sérieusement à contribution la défense locale.

Trop timorés dans leurs actions, jouant trop latéralement, les Antibois manquèrent par trop d'efficacité et aussi l'occasion d'obtenir un match nul.

Durant la première mi-temps, les deux équipes se partagèrent l'avantage, mais les incursions locales furent plus incisives, grâce aux déboulés toujours impressionnant de Kohut.

Par deux fois Ehms dut intervenir dès le début. Puis un essai de Bastien et un de Zatelli donnèrent à nouveau l'occasion au keeper visiteur de montrer qu'il n'avait rien perdu de ses brillantes qualités. Un très joli centre du droit de Kohut, quoique sérieusement talonné par Masset n'est pas heureusement utilisé par Zermani. C'est ensuite à Aznar et Zatelli de tenter leurs chances sans résultat positif.

Enfin par Moselli, les rares fois ou il fut utilisé, l'attaque visiteuse fit montre d'un léger mordant. Sur un service très judicieux de Fecchino, l'extrême gauche antibois déborde la défense locale, shoote sans résultat, mais la phase qui suit donne chaud à nos représentants ; fort heureusement le repos intervient.

Au second half, les visiteurs déploient une plus grande activité, ils tentent par deux fois des la remise en jeu de surprendre Vasconcellos, mais la situation se rétablit par la suite et c'est au tour de Ehms de subir l'emprise olympienne. Sur une attaque conduite par Kohut, il est obligé de sauver en dégageant aux pieds.

Les Antibois sont maintenant à l'ouvrage. Ils défendent leurs bois avec acharnement. Alors qu'on ne s'y attendait pas, Bruhin seul à quarante mètres, reçoit la balle, tente sa chance par un tir très dur au milieu des joueurs massés dans les dix huit mètres. La balle est légèrement déviée ; Ehms a senti malgré out le danger et quoique la visibilité du champ d'action ne soit pas parfaite, plonge mais légèrement trop tard pour empêcher le but.

Dès lors, la partie est un peu plus activée ; les Antibois veulent égaliser, mais les services trop faibles ne permettent pas aux ailiers de s'imposer. Auvergne, utilisé une seule fois, essaie un tir qui aurait pu avoir un meilleur sort. Et la fin arrive sur la victoire de justesse de nos représentants.

Comme nous l'indiquions plus haut, les Antibois ont manqué d'audace. Leur jeu aurait du se déployer de plus grande façon. Pruss, le demi-centre, excellent joueur se confina trop dans un rôle de défensif et ne tenta jamais d'éclaircir la partie par de larges services, tactique que les forwards eussent pu mieux utiliser. L'action par trop craintive de Pruss déteint sur le reste de l'équipe qui eut pu bénéficier de la faiblesse de Hadigi, remplaçant Ben Bouali blessé

Chez les visiteurs, signalons cependant la bonne tenue des arrières et surtout la brillante exhibition de Ehms.

Georges DARBOS

 

 

 

 

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