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Résumé Le Provencal

du 02 mars 1975

 

L'O.M. PRESERVE SES CHANCES

Piètre football à Montluçon (0-0)

MONTLUCON - Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. En conséquence, nous nous garderons bien d'écrire aujourd'hui que, quoi qu'il arrive dimanche prochain au stade vél.

, l'O.M. se retrouvera qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe.

Ceci précisé, et sans doute fallait-il le faire, il faut bien admettre que les Phocéens aborderont dans huit jours le deuxième acte de ce match contre Montluçon avec un préjudice nettement favorable. On voit mal, en effet, comment les Montluçonnais réussiraient à faire mouche boulevard Michelet, ce qu'ils ont été incapables de réussir dans un stade Dunlop archi-comble, devant 13.000 spectateurs tout acquis à leur cause.

Cela dit, Montluçon pourra se vanter d'avoir tenu la dragée haute aux Marseillais et à leur constellation de vedettes du football national et international.

Les hommes de René Gardien, qui, pour être Français, sont loin d'avoir la mémoire courte, s'étaient souvenus que, voici trois ans, ils avaient bousculé, voire humilié ce même O.M.

En conséquence, ils abordèrent la rencontre sans aucun complexe, décidés à jouer leur va-tout, et pourquoi pas décidés à réussir un très grand exploit ?

Ils dominèrent donc durant le premier quart d'heure de la tête et des épaules, sans jamais confondre, et c'est tout à leur honneur, vitesse et précipitation. Il fallut alors tout le brio de Charrier (et on sait qu'il n'en manque pas) pour voir la cage phocéenne notamment sur un tir de Perigaud et une reprise à bout portant de Rubio, reste vierge.

Si Montluçon avait réussi à ce moment à ouvrir le score, il y a gros à parier que les Olympiens auraient connu une soirée bien inconfortable. Mais il n'en fut rien. A telle enseigne qu'au fil des minutes, la partie s'équilibra, et ô paradoxe pour un match de Coupe, sombra un peu dans la monotonie.

Les uns commencèrent à douter, les autres se contentèrent d'un nul qui avait le double avantage de préserver leurs chances et d'assurer un certain suspense (en conséquence donc une recette substantielle) pour le match retour.

La fatigue aidant, Montluçonnais perdirent en fin de seconde mi-temps de leur superbe et, l'O.M. maître du ballon, tenta alors de forcer la décision, mais sans grande conviction, il faut bien le dire. Et lorsque M. Didier donna le coup de sifflet final, les 13.000 spectateurs, qui s'étaient fait une fête de ce match, quittèrent le stade Dunlop passablement déçus. Ils espéraient un exploit de leur équipe, mais ils attendaient aussi que les Marseillais leur prouvent, balle au pied, ce que jouer au football veut dire. De ce côté-là, ils attendent encore.

Pour se qualifier (et à vrai dire nous pensons que l'O.M. a fait la plus grande partie du chemin, les Phocéens devront jouer beaucoup mieux qu'ils ne l'ont fait hier. S'il l'on excepte Charrier, Trésor, Bracci, et à un degré moindre Victor Zvunka et l'Emon, les autres ne furent jamais à la hauteur de leur réputation.

La déception est surtout venue du milieu de terrain ou Buigues, Albaladejo et Eo ne se montrèrent jamais supérieur à leur adversaire (ce but le jeune Rosier qui, dans ce compartiment du jeu, domina nettement partenaires et adversaires) et de Bereta qui n'arrive jamais à se défaire de l'empreinte de son adversaire direct, et se fit surtout remarquer par le nombre important de coups-francs qui furent sifflés contre lui.

L'O.M., hier soir, a peut-être fait une bonne opération quant à la suite de sa carrière en coupe de France. Mais, à coup sûr, il nous doit une revanche.

Une revanche d'autant plus éclatante que le score obtenu en terre montluçonnaise n'ajoutera rien, mais alors absolument rien, à sa gloire.

André De ROCCA

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L'essentiel est atteint !

Peu avant 20 heures, Montluçon était désert ou presque et nous mîmes guère que cinq minutes pour accomplir en voiture le trajet du centre-ville au stade Dunlop.

Un stade archi-comble dans lequel 12.300 personnes avaient pris place depuis deux bonnes heures, établissant un nouveau et extraordinaire record de recette.

Ainsi, l'O.M. 75 avaient déjà fait mieux dans le domaine de l'impact sur la foule que son glorieux prédécesseur de 1972.

Des confrères locaux nous expliquaient que dès 14 h. 30, dans l'espoir d'obtenir les meilleures places, sinon les meilleurs billets, le match se jouant à guichets fermés, des centaines de personnes s'étaient agglutinées devant les grilles qui n'allaient ouvrir qu'à 16 heures, et qu'à 18 heures les gradins étaient déjà garnis à ras bord... Voilà pour l'ambiance.

Et ces quelques détails suffisent sans doute pour vous situer avec précision l'importance prise par cette rencontre pour le public local.

Reste le match proprement dit et là encore il semblait évident que les Marseillais n'auraient point de mal à laisser une meilleure impression que leurs aînés tant ceux-ci avaient, voici trois ans, éprouvé de difficultés.

Ils y parvinrent mais, disons-le, avec moins d'aisance qu'on ne s'y attendait. Certes les Montluçonnais sublimés par l'ambiance, l'enjeu et la présence d'adversaires célèbre firent un match en tous points excellents, ais les Olympiens, s'ils firent preuve d'un esprit de corps louable, n'eurent tout de même pas leur rayonnement habituel.

Ainsi pourrait-on peut-être leur reprocher de n'avoir pas suffisamment pris de risques. Il est vrai que ce n'était pas tout à fait à eux de faire le jeu.

Ils se contentèrent de faire ce que l'on attendait d'eux et le firent bien, en parvenant à contenir les bouillons attaquants amateurs. Mais on oubliera tout de même pas que Charrier et Trésor eurent une fois de plus une influence déterminante sur le résultat final.

Certes l'essentiel est atteint. Mais les Marseillais nous doivent tout de même une petite revanche.

A.P.

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Ils disent

Jules Zvunka :

"Le match qu'il fallait faire"

Marcel Poujenc, rencontré à la porte des vestiaires, n'en revenait pas : "Figurez-vous, nous dit-il que j'ai été copieusement insulté durant tout le déroulement de la rencontre. Et savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce que les spectateurs avaient pris pour M. Meric".

Le gentil Marcel n'en avait pas pour autant perdu sa bonne humeur, et s'estimait satisfait du comportement des Olympiens.

Ce qui est assez rare lorsque l'on connaît le côté perfectionniste du personnage.

Précisons que le quiproquo fait par le public montluçonnais était dû à l'absence du président Meric. Celui-ci, en effet, victime d'un léger refroidissement était finalement demeuré à Marseille.

En son absence, c'est M. Heuillet, vice-président qui tirait en quelques mots la leçon du match : "Je crois qu'il est toujours délicat de jouer sur ce genre de terrain aux dimensions assez réduites et devant un public tout acquis à la cause de son équipe bien sûr, mais plus exubérant encore qu'à l'ordinaire en raison des circonstances. Heureusement, en tout cas que nous n'avons pas abordé le match en sénateur, car alors nous pouvions redouter le pire."

Jules Zvunka également se montrait assez satisfait du comportement de ses joueurs :

"J'estime que Montluçon est une excellente équipe et nous avons eu bien raison de ne pas le sous-estimer. Je comprends parfaitement qu'il joue les premiers rôles en seconde division et qu'il soit parvenu à ce stade de l'épreuve en Coupe après avoir notamment éliminé le Red Star par deux buts d'écart. Tous les joueurs amateurs m'ont fait une bonne impression.

"Mais nous avons fait aussi, pour notre part, le match qu'il fallait faire. Si nous n'étions pas entrés sur le terrain aussi décidé nous aurions perdu le match sans rémission. Cela a été une rencontre assez pleine, très physique et menée tambour battant : Tout le monde a vu que nos adversaires se battaient sans rechigner sur toutes les balles pendant une heure et demie. Peut-être aurions-nous pu jouer moins vite, tenter de calmer le jeu afin de mieux surprendre nos adversaires. Mais, pour moi, l'important ce soir c'est de ne pas perdre."

Voyons maintenant en un rapide tour d'horizon le point de vue de quelques-uns des joueurs olympiens.

Charrier : "Vous savez, je serais prêt à signer tout de suite pour un zéro à zéro, mardi à Monaco. Ce soir nous avions une rude partie à livrer et nous en sommes tirés sans dommage. J'ai quand même eu une certaine chance en première mi-temps, car le tir de Perigaud, que j'ai renvoyé en catastrophe, avait été dévié au passage par Eo. Il s'en est vraiment fallu d'un rien qu'il aille au fond des filets".

Emon : "Nous avons rempli notre contrat. Après tout, c'est un match dans lequel il fallait avant tout ne pas prendre de but. Nous gardons toutes nos chances et... la recette du match retour est assurée. Voilà que je parle maintenant comme le président... !

"En tout cas, ces gars de Deuxième Division ne plaisantent pas et savent ce qu'un marquage strict veut dire !"

Lemée : "Ce qui caractérise notre, ce soir, c'est, je crois, le sérieux avec lequel nous l'avons abordé. C'est maintenant à nous de prouver à Marseille que nous sommes les plus forts. Nous n'en avions pas besoin, ce soir. Je crois aussi que nous avons réussi à "endormir" le public et cela aussi était important car il aurait pu avoir une influence déterminante sur la rencontre. Heureusement, en particulier, que René (Charrier) a eu cet étonnant réflexe en début de partie. Car, un but encaissé après 10 minutes de jeu seulement n'aurait pas arrangé nos affaires".

Bracci : "Il fallait prendre la rencontre à bras-le-corps et nous l'avons fait. Évidemment, si nous avions pris un peu plus de risques au milieu du terrain et en attaque nous aurions peut-être pu enlever la décision.

Mais nous avions trop peur de connaître la même mésaventure qu'en 1972."

Alain PECHERAL

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RENE GARDIEN : Nous avons fait

trembler les Marseillais

René Gardien l'entraîneur de Montluçon, n'était pas déçu : "Je crois que le public, ce soir, s'est régalé et c'était bien là, après tout, l'essentiel puisque nous n'avons jamais eu d'ambiance démesurée".

"Je crois que les Marseillais, échaudés sans doute par notre victoire devant eux, voici trois ans, sur ce même terrain, avaient cette fois compris qu'ils devaient se montrer prudents : ils n'étaient pas venus en promeneurs... !

Mais nous les avons fait trembler tout de même. Je regrette que nous ne soyons pas parvenus à transformer les deux occasions en or qui se sont offertes à nous durant les dix premières minutes, car la face du match aurait pu en être profondément modifiée.

En tout cas, je pense que vous aurez été agréablement surpris par certains de mes joueurs et notamment par Rosier qui a été étincelant ce soir et qui n'a que 19 ans et demi. Quant à Rubio, qui est en temps ordinaire notre meilleur élément, il n'a joué ce soir qu'en demi-teinte.

Maintenant pour conclure sur une note optimiste, il ne nous reste plus qu'à souhaiter attirer beaucoup de monde à Marseille."

A.P.

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Les réponses aux questions que l'on se pose

CE MATCH DE COUPE A-T-IL ÉTÉ UN SUCCÈS POPULAIRE ?

Et comment ? Tous les records d'affluence (12.300 spectateurs) et de recette (299.700 F) ont été battus. Ils dataient du 15 mars 1972 pour le match Montluçon - O.M. également en Coupe. Pour situer l'engouement qu'avait provoqué cette rencontre, signalons que des spectateurs s'étaient présentés hier aux portes du stade à 14 h. 30 alors que le coup d'envoi était prévu à 20 h. 30.

QUELLES ÉTAIENT LES CONDITIONS ATMOSPHÉRIQUES ?

Elles étaient excellentes. Il faisait très doux pour la saison et il n'y avait pas le moindre souffle d'air. Tout était idéal pour la pratique d'un bon football excepté peut-être une pelouse très sèche qui donnait à la balle de curieux rebonds.

LE RETOUR DE BERETA À L'AILE GAUCHE S'EST-IL AVÉRÉ CONCLUANT ?

À notre avis, non. Et sans doute pour deux raisons. La première parce que le capitaine de l'équipe de France n'est plus ce que l'on peut appeler un véritable ailier. La seconde parce qu'il a été prouvé au cours des matches précédents qu'il rend de plus grands services au milieu du terrain ou son expérience, sa hargne et sa bonne vision du jeu font souvent merveille.

CE MATCH A ÉTÉ CORRECT ?

Absolument, et il faut en féliciter les 22 acteurs qui ne dépassèrent jamais les limites permises. Ceci dit, l'ambiance Coupe ne dura guère plus d'un quart d'heure c'est-à-dire, le premier, lorsque Montluçon malmena l'O.M. Par la suite, le jeu s'équilibrant, les spectateurs restèrent très sages et il faut le dire, ne firent pas grand bruit. Depuis que la Coupe de France se joue par match "aller" et "retour" elle a quelque peu perdu en intensité sur le terrain. Dans les tribunes, hélas, on ne peut parfois en dire autant.

EMON ÉTAIT-IL HORS JEUDI SUR SON BUT ?

Oui, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Après avoir une première fois tenté sa chance, le jeune ailier marseillais eut le tort de rester sur place et lorsqu'il récupéra le ballon, le juge de touche signala fort justement sa position de hors-jeu.

QUE DIRE DE L'ARBITRAGE ?

M. Didier fut répond irréprochable, personne ne pourra dire, ni dans un camp ni dans l'autre que son arbitrage à fausser le résultat.

A. de R.

 

 

 

 

 

 

 

 

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