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Résumé du Petit Provencal

du 25 octobre 1937

MARSEILLE : 1

EXCELSIOR : 1

La venue à Marseille des Roubaisiens de l'Excelsior, avait attiré au Stade vélodrome près de quinze mille personnes. Il est vrai que le palmarès des Olympiens et la réputation des Nordistes étaient deux facteurs suffisants pour compter sur un beau sucès d'affluence. Roubaix, à chacune de ses venues à Marseille, nous avait réservé des surprises. Allait-il en faire de même cette fois-ci ? C'est la question que chacun se posait avant le match.

De fait, les Roubaisiens firent honneur, en partie, à leur réputation. Ils parvinrent après une partie disputée, parfois un peu rude, à tenir en échec les champions de France. Peu s'en fallut même qu'ils prissent l'avantage tellement les belles occasions s'offrirent à eux.

Résultat flatteur pour les visiteurs. Tenir en échec, chez eux, les Olympiens, n'est pas à la portée de tout le monde.

Cette partie, évidemment, si elle fut disputée avec une ardeur inlassable, ne fut pas d'un attrait grandiose, quant à la facture du jeu. Le onze visiteur dont la défense est constituée par des éléments puissants et adroits, sut vite s'imposer. Devant des joueurs aussi décodés, les Marseillais donnèrent parfois l'impression de ne pas toujours s'employer à fond. Ils parurent aussi quelque peu déroutés par les dribbles courts des visiteurs leur rapidité et leur précision dans les services.

Bien soutenus par une active ligne de demis, les backs n'autorisèrent nos représentants de terminer d'importante façon leur tentative au but. Par contre, les forwards nordistes, tantôt pas Novicky, tantôt par Hill, mirent sérieusement à l'ouvrage Vasconcellos, qui doit s'estimer heureux de n'avoir concédé qu'un seul but. Si Novicky avait preuve d'une plus grande activité dans les belles situations qui lui furent offertes, la victoire aurait sûrement souri l'Excelsior, et à notre avis, il l'aurait méritée.

Dès le coup d'envoi, le jeu est rapide. Les olympiens tentent leur chance, mais bientôt on se rend compte qu'il leur sera difficile de passer le rideau défensif d'autant que Scharwartz surveille étroitement Kohut, et que Desrousseaux se charge de Zatelli. Les Nordistes ne tardent pas eux aussi à incursionner dans le territoire marseillais, et les défenses sont alternativement alertées.

Leur vigilance est cependant suffisante pour que rien ne puisse être marquer de part et d'autre.

Les attaquants nordistes pratiquent un jeu plus rapide, plus coordonné ; ils multiplient leurs offensives. Sur l'une d'elles Hancke sert Hitlt, ailier droit qui déplace le jeu sur la gauche, Novicky intervient, tire aux buts, mais un peu mollement, et la balle sort à coté, Le repos intervient alors que les deux teams sont à égalité.

En second mi-temps, les Olympiens s'emploient d'entrée. L'allure du match est plus grande. Kohut des 50 mètres, essaie un shoot plongeant, qui donne le frisson à Cabannes. Puis un service de Bruhin à Asnar se traduit par un tir très dur que Cabannes arrête en plongeant "in extremis".

C'est au tour des visiteurs à dominer. Novicky boucle arrière et demi, et quoique harcelés par ces deux acteurs, obtient un corner. Sur celui-ci, Bruhin est légèrement blessé. Il doit sortir du terrain. Bastien passe centre demi, et Olej demi aile. Dès lors, les Roubaisiens sont déchaînés, mais dans leur ardeur, la précision leur fait défaut. Cependant, Vasconcellos, par deux fois, est obligé d'intervenir.

Bruhin reprend ensuite sa place. L'équilibre se fait mieux sentir, alors que le jeu devient un peu plus sec. Nouveau loupé de Novicky, qui manque un but entièrement à sa portée.

Enfin sur une offensive des locaux, Lietar intercepte trop lentement, car Zermani s'empare de la balle, déplace le jeu sur Kohut. Celui ci s'apprête à shooter ; Cabanes s'élance prématurément et le but est acquis.

Ce premier insuccès stimule l'ardeur des Roubaisiens, qui parent franchement à l'attaque, Luddens shoote ; Conchy renvoie de la tête, mais Planquès reprend d'un shoot très dur, égalisant ainsi pour son équipe.

La partie reprend dès cet instant avec une plus grande sévérité. De part et d'autre, on veut terminer victorieusement cette rencontre, Hitlt, par des dribbles précises, crochète deux olympiens, sert Planquès démarqués, mais celui-ci gaspille cet excellent service.

Malgré les efforts de Kohut et Zermani, la marque ne change pas et la fin est sifflée sur un mach nul, 1 à 1.

Les Olympiens n'ont pas fourni le jeu habituel. Leur tenue fut parfois timorée, leur entente plutôt faible. Seuls Bastien sortit sa partie coutumière. Kohut quoique sérieusement surveillé par Scharwartz et Pawlicek parvint à exécuter de beaux centres et marqué un but d'un très grande netteté. Asnar, avec moins de condition qu'à l'ordinaire, le soutint assez bien, alors que Zermani, utilisé en deuxième mi-temps seulement, joua avec décision, netteté et le peu qu'il fit permit à l'attaque d'effectuer de jolies choses.

La partie d'hier doit permettre à nos représentants de puiser un enseignebaix, contrôlant impeccablement de ce match, car devant un Roument la balle et attaqtant avec un dribble de joli style, un sens prononcé de démarquage, ils furent sérieusement surpris au point de ne jamais trouver la méthode nécessaire pour forcer la défense visiteuse.

Georges DARBOS

 

 

 

 

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