OM1899.com

Résumé du Petit Provencal

du 12 novembre 1937

SANS GLOIRE

L'Olympique de Marseille a obtenu

le gain de son match

contre le Red-Star par 1 but à 0

C'est encore devant une belle chambrée que les joueurs du Red-Star et de l'O.M. auront à évoluer. Puisse le fort mistral qui souffle qui souffle aujourd'hui ne pas trop les gêner et nous serons certains d'assister à du beau sport.

En effet l'enjeu du match, sans être d'une importance capitale, n'en est pas moins à considérer, du fait de la position des deux équipes au classement, tout point perdu pouvant les éloigner dangereusement des leaders.

Et voici à 14 heures précises que les Parisiens font leur entrée sur le terrain, suivis de près par les Marseillais. Les deux équipes également athlétiques, se présentent avec les formations suivantes :

RED STAR : Gonzales ; Dupuis, Lorentz ; Semeria, Meuriss, Dowall ; Aston, Cros, Debruyekere, Keenan, Laporte

O.M. : Vasconcellos ; Ben Bouali, Gonzales ; Bastien, Bruhin, Olej ; Zermani, Gallice, Zatelli, Aznar, Kohut.

L'O.M. gagne le toss et choisit le vent dans le dos.

Le Red Star a le coup d'envoi, mais les locaux prennent aussitôt la direction des opérations. Bruhin ouvre largement sur Kohut et le centre impeccable de ce dernier est repris par Aznar, qui expédie le ballon très haut.

La ligne d'avants olympienne, bien soutenue par les demis, fait pour ce début de partie une excellente impression des passes précises et courtes font voyager les défenseurs parisiens et créent à chaque instant des situations dangereuses pour Gonzales, Kohut, héritant une balle de Gallice, tente le but des 40 mètres, mais son shoot puissant passe à côté.

Dupuis et Lorentz ont fort à faire pour résister aux assauts répétés de tous les avants marseillais, qui profitent sans nul doute de l'aide du vent, mais rien ne passe. Gallice, le jeune inter olympien, réussit d'excellents services, mais Zatelli n'est pas très en verve. Un coup franc au centre pour l'O.M. permet à Kohut d'obtenir un corner. Il est botté, celui-ci échoue sur Gonzales.

Les Parisiens réussissent de rares échappées par Aston, auxquelles les déplacements judicieux et puissants des arrières marseillais mettent rapidement un terme.

 La balle est le plus souvent dans les pieds des avants locaux, mais les shoots sont mal ajustés et ne mettent que très rarement Gonzalès à contribution.

Cependant à la quinzième minute, Zermani sur passe de Olej, marque un but qui est refusé pour hors-jeu, très justement d'ailleurs.

Le Red Star concède quelques corners, mais Gonzalès n'est pas très sérieusement inquiété. Les Parisiens réagissent quelque peu et Gonzalès - de l'O.M. et Bastien doivent intervenir et sur la contre attaque Zermani perd une belle occasion.

L'avantage se traduit peu après par un bombardement des buts de Gonzales qui, sérieusement aidé par la chance, réussit à se tirer de situations critiques jusqu'au moment ou Zermani, lancé par Bruhin, se débarrasse habilement de Lorentz et shoote de 10 mètres sur Gonzales, qui bloque imparfaitement et la balle rentre dans les filets.

O.M. 1 ; Red Star 0

Stimulés par ce succès, les avants olympiens restent dangereux ; Cros est blessé et doit quitter le terrain peu avant la mi-temps ; qui est sifflée sur ce score de 1 à 0 en faveur de l'O.M.

Après le repos, le Red Star rentre sur le terrain sans Cros, Aston joue inter. Profitant de sa supériorité numérique, l'O.M. domine encore et la barre renvoie un shoot de Kohut, Zatelli manque ensuite une occasion unique d'aggraver le score. Gallice et Bruhin réalisent un joli jeu de passes, qui se termine par un shoot bien ajusté de Gallice, stoppé par Gonzales.

Debruyckère et Aston se démènent comme de beaux diables, mais ne parviennent jamais très près de Vasconcellos.

Chez les Marseillais, tandis que Gallice joue avec à-propos, Zatelli est souvent mal inspiré et rate des occasions qui auraient assuré le succès de l'O.M.

Vingt minutes avant la fin, Aznar est blessé à son tour et doit quitter le terrain.

Encouragés par le rétablissement de l'équilibre, le Red Star parvient enfin à réaliser quelques attaques. Meuriss, qui jusqu'à là s'est contenté du rôle de policeman, passe délibérément à l'attaque avec Séméria. Les Marseillais n'ont plus la même volonté et successivement Laporte, Keenan et Aston donnent chaud aux supporters locaux, mais les shoots manquent de précision.

La fin approche sans que ni l'une, ni l'autre des deux équipes donnent l'impression de pouvoir transformer le score.

Le Red Star joue pourtant avec fougue, mais sans grand brio, toute l'équipe passée à l'attaque ne parvient pas à forcer la défense adverse. Une combinaison Keenan, Semeria, Aston est bien prêt d'aboutir, mais Gonzalès met en corner, qui ne donne rien. C'est ensuite un joli shoot de Kennan qui permet à Vasconcellos d'effectuer un bel arrêt, après lequel M. Bowley siffle la fin consacrant la victoire peu convaincante de l'O.M. par 1 but à 0.

Victoire peu convaincante en effet, malgré la suprématie territoriale dont les olympiens ont fait preuve pendant toute la première mi-temps et une bonne partie de la seconde.

L'O.M. a présenté une formation solide et supérieure dans toutes ses lignes au Red Star, mais elle a eut le tort de relâcher la pression en seconde mi-temps. Avec leur maigre avantage au score, ils n'auraient pas du jouer en grands seigneurs. Certes, nous savons que la route du championnat est longue et qu'il est bon de réserver ses forces, mais de là à négliger de se mettre à l'abri d'une surprise possible et à ne pas tenir compte que le public est davantage friand de beau football que de résultats sans signification, il y a loin, et les spectateurs l'ont, sans doute, bien fait comprendre aux joueurs marseillais.

Nous n'accuserons pas la défense, qui fit bien peu qu'elle eût à faire en face d'une ligne d'avants sans âme, les demis, après un début honorable, n'ont pas été brillants. S'ils avaient pratiqué l'action directe et sans fignolage, ils auraient put être fourni de plus grandes occasions aux avants. Olej, qui peut au poste d'inter rendre d'appréciables services, n'est pas aussi sûr au demi-aile, et il ne vaut pas Gonzalès.

Si Kohut et Zermani, l'auteur du but, ont réalisé une partie honorable, Zatelli et Aznar ne se sont pas montrés dans un bon jour, l'avant centre surtout a manqué d'activité, de précision et de vitesse. Quant au jeune Gallice, s'il est vrai que l'habitude des grandes rencontres lui manque encore, il n'a pas démérité et par la précision de son service et sib sens inné du football, il peut devenir un inter remarquable.

Le Red Star n'a pas fait grande impression et sa fougue ne compensa pas son infériorité. La défense est excellente et la ligne de demis homogène, mais les avants sont stériles, seuls Keenan et Aston se sont montrés quelques fois dangereux.

CH. L

Toute reproduction intégrale ou partielle des textes ou photos est strictement interdite.