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Le Petit Provencal

du 13 décembre 1937

Le Derby Sudiste revient aux Marseillais

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Plus Incisifs les avants olympiens trompent

par trois fois la vigilance de la défense sétoise

L'attrait des rencontres Sète-Marseille a été de tout temps considérable et chacune d'elles connut un succès grandiose.

Celle d'hier disputée au stade vélodrome ne le céda en rien à ses devancières au point que tous les records d'affluence et de recette furent battus. Il est vrai que le match d'hier, indépendamment de son attraction du fait qu'il constitue le derby de notre région, était double d'une importance plus grande encore, les deux clubs en présence disputant la troisième place du classement général.

Le succès fut donc complet et ce qui ne gâte rien, la rencontre jouée rapidement fut plaisante par l'ardeur dans la lutte et les belles phases de jeu qui furent exécutées.

Les Sétois se présentèrent dans la formation annoncée, seul Plovie était remplacé par Clarène.

Dès la mise en jeu, les Olympiens donnèrent l'impression que leurs chances étaient grandes. Nos représentants plus rapides dans leurs évolutions, mirent à contribution leurs ailiers, par de larges déplacements et dès cet instant, la défense sétoise dut montrer toutes ses qualités.

Sur un service de Bastien à Asnar, l'inter olympien lance Kohut ; celui-ci réalise un superbe centre que Zatelli reprend à faible distance ne laissant aucun espoir à Llense.

Il y a sept minutes que l'on joue. Ce départ foudroyant donne un allant nouveau aux Marseillais qui conduisent mieux que leurs adversaires cette importante rencontre.

Zatelli dans un heurt très sec, mais régulier, est touché et doit être transporté au vestiaire. Ce malheureux accident ne handicape pas outre mesure les Olympiens. Cependant à la suite d'une offensive des visiteurs, ils doivent concéder un coup franc, et sur celui-ci Vasconcellos est battu, mais l'arbitre refuse le but. Clarene s'étant aidé de la main pour faire pénétrer la balle dans les filets. Enfin après vingt minutes de jeu Zatelli reprend sa place.

L'attaque locale se déploie à nouveau, Kohut bien lancé effectue un centre shoot que Llense doit laisser pénétrer dans ses filets malgré un tardif et défectueux plongeon.

L'ailier gauche olympien donne le frisson aux dauphins peu après la remise en jeu. La barre sauve le portier sétois. Malgré quelques attaques amorcées par Sipos, la défense olympienne admirablement soutenue par Bruhin ne laisse rien passer et le repos survient sur le score de 2 à 0 en faveur des Phocéens.

A la reprise, les locaux sont tout aussi pressants qu'au premier half, et, un shoot puissant de Asnar, servi par Kohut, laisse sur place Llense. Dès cet instant les Olympiens ont la partie en mains et surveillent plus étroitement leur défense, ce qui n'empêche pas Kohut, Zatelli et Zermani de mettre à l'ouvrage les défenseurs sétois sur de longs services de Asnar.

Les Sétois de leur coté tentent de combler le handicap. Cela leur est difficile car Sipos est très surveillé par Gonzalès, ce qui prive le quintette visiteur des balles nécessaires pour atteindre leur but. La fin intervient sur le score de trois à zéro en faveurs des olympiens.

Disons tout de suite que la victoire des Marseillais est grandement méritée. Tous les joueurs fournirent un jeu impeccable et se montrèrent à la hauteur de la tâche qui leur avait été confiée. Bruhin qui occupait à nouveau le poste de centre demi donna à son équipe une heureuse stabilité. Non seulement il ne permit aucune intervention de Koranyi, ne lui permettant que rarement d'utiliser ses dangereux coups de tête, mais il sut aussi épauler sérieusement son attaque qui ne fut, surtout en première mi-temps, pas privée de balles. Bruhin il convient de le dire fut très bien aidé par Gonzalès qui surveilla avec bonheur le redoutable Sipos et Bastien dont la partie fut en tous points parfaite.

Avec un tel barrage, les attaquants sétois n'eurent pas le beau rôle et le quintette olympien eut lui la possibilité d'employer sa tactique coutumière ; débordement par les ailes, rapidité d'exécution, et nette concrétisation de ses efforts.

Dans cet ordre d'idée, Kohut se montra le plus dangereux, alors que Zermani tenta lui aussi de jolis choses. Asnar joua un rôle très élogieux, ses progrès sont certains, jamais il ne tripota la balle de façon trop prolongée. Au contraire, il sut adroitement l'utiliser en variant ses services, longs nets et précis.

Les Sétois excellents dans la construction de phases d'une technique relevée, s'avérèrent nettement insuffisants dans la concrétisation de leurs offensives. Sipos fut le seul à s'employer avec la verve qu'on lui connaît, mais il avait constamment sur lui, le coriace Gonzalès et ses attaques n'eurent pas toute l'envergure escomptée.

Koranyi tenta bien de surprendre la défense locale, mais il ne donna point l'impression en dehors de ses headings, d'être capable de créer par sa propre personnalité des ouvertures dangereuses. Ses co-équipiers ne furent pas très heureux dans leur production.

Des demis, le plus actif fut Laurent, Raich sortit lui aussi son jeu habituel. Il ne put cependant intervenir avec toute l'efficacité nécessaire devant la rapidité de ses adversaires.

En défense, Mercier eut des actions décisives de son coté, il n'a rien à se reprocher. Il n'en est pas de même de Llense qui eut pu stopper le shoot amorcé d'assez loin par l'ailier gauche olympien.

Dans l'ensemble c'est l'équipe la plus complète, la plus rapide, la plus incisive et celle qui sut varier au gré des occasions ses attaques qui eut d'entrée l'ascendant sur sa rivale. Les Olympiens remplirent comme ils ne l'avaient jamais fait ces conditions, aussi jouèrent-ils une partie des plus belles de la saison au point qu'ils peuvent dans ces conditions envisager de façon sérieuse les futures rencontres de la compétition professionnelle.

En terminant, indiquons que la recette s'éleva à la coquette somme de 204.755 francs.

Georges DARBOS

 

 

 

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