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Résumé Le Provencal

du 21 mars 1976

 

  O.M. COUP DE FREIN A NICE

 

Le réveil des Marseillais

une fois encore trop tardif !

NICE - Ouf ! Les matches se suivent et ne se ressemblent pas pour l'O.M., du moins en ce qui concerne le résultat.

Heureux à Troyes et contre Lille, les Marseillais n'ont été un peu moins devant Nice. Il faut dire que pendant toute une longue mi-temps l'O.M. avait laissé l'initiative à son adversaire. Et celui-ci bien sûr en profita pour marquer deux buts ce qui n'était pas cher payé.

Heureusement il y eut la deuxième période durant laquelle les Olympiens furent les auteurs d'un formidable retour. Mais le fabuliste avait raison, le lièvre était parti trop tard.

AVEC LA BONNE MÈRE

En fait la première mi-temps avait été un véritable calvaire pour les supporters marseillais. Tout au long des quarante-cinq minutes, ils passèrent sans transition de l'espoir à la crainte, de la douche chaude à la douche froide et cela n'avait aucun rapport avec la pluie qui s'était abattue dans l'après-midi sur la cité azuréenne.

Les Niçois, en effet, avaient tiré un véritable feu d'artifice et pour être honnête nous sommes encore en train de nous demander comment le score était resté vierge après quarante minutes une telle fantasia.

Il serait vain de tenir ici le compte des occasions niçoises, une colonne de ce journal y suffirait à peine, mais enfin que ce soit Jouve, Sanchez, Katalinski, Huck, Massa et compagnie, ils mirent tour à tour la défense marseillaise dans des petits souliers, une défense ajoutons-le, qui ne s'affolait jamais ou du moins rarement.

Tant et si bien que les supporters aux auxquels nous faisons allusion plus haut se disaient : "Après tout, si la Bonne Mère est avec nous, pourquoi ne pas garder confiance".

C'était au demeurant tout à fait bien raisonner. Mais empressons-nous encore une d'apporter une précision ; la Bonne Mère hier soir ressemblait étrangement à Gérard Migeon, qui sur sa ligne de but multipliait les miracles.

Bref, il est resté cinq minutes avant la pause et tous les espoirs étaient encore permis. Ou si vous préférez, rien empêché l'O.M. de garder un certain optimisme.

Eh bien que vous le croyez ou non, c'est à partir de ce moment-là que le bateau olympien commença à prendre les premières volées d'eau de la tempête. Un centre de Toko que Victor Zvunka ne peut attaquer car il vient de glisser, une reprise de Katalinski du plat du pied et un but d'autant plus navrant qu'il était marqué celui-là comme à la parade. Rien de comparable avec le tir boulet de canon du même Katalinski qui, un peu plus tôt, avait failli fracasser la transversale.

Deux minutes après, c'était un slalom de Huck, une passa à Sanchez que Bracci tardait à attaquer. Résultat 2 à 0 pour Nice. Pour vous parler en toute sincérité, les carottes marseillaises paraissaient alors plus que cuites.

UN RÉVEILLE INESPÉRÉ

C'est justement là où l'O.M. une fois de plus allait étonner son monde. Dominé en première mi-temps comme il n'était pas possible de l'être davantage, l'O.M. allait à son tour donner la leçon aux Niçois, ou en tout cas faire passer le frisson dans le dos de leurs supporters. C'est bien simple, on aurait pu croire que les deux équipes avaient changé de maillot aux vestiaires tant la différence était frappante entre les deux mi-temps.

En va bien entendu s'interroger ici et là sur la raison de cette métamorphose dont l'équipe marseillaise est coutumière depuis le début de la saison. Avouons-le, nous avons depuis longtemps renoncé à comprendre.

Toujours est-il que Noguès entrée en jeu depuis à peine cinq minutes reprenait de volée une reprise de Bereta et Baratelli était bel et bien obligé d'aller ramasser le ballon au fond de ses filets. C'était le complet revirement de situation, exactement le même scénario d'ailleurs que le match allait où les Niçois après avoir caracolé durent laisser, on s'en souvient la victoire à leur adversaire. Cette fois l'O.M. n'a pu remonter Nice et à forte raison le dépasser. Mais sa fin de match rendra la défaite des plus honorables. Mieux, sur l'ensemble des deux mi-temps, la formation phocéenne aurait mérité le point du match nul. Dommage !

Cependant on voudrait bien ne plus entendre parler de réveille, tardif ou non, dans le courant d'une rencontre. L'O.M., en un mot comme en mille, a intérêt à ne plus s'endormir. Un point c'est tout. Ce serait pour nous la grande leçon de ce match. A méditer en tout cas avant la prochaine tour de coupe.

Jean FERRARA

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Marius Trésor :

"On s'est battu nous même"

"Il n'y a pas excuse à chercher. On s'est battu nous-mêmes. On a perdu ici deux points par notre faute, comme on avait perdu deux à Saint-Étienne et à Nancy. Il est impardonnable d'encaisser deux buts dans les cinq dernières minutes d'une mi-temps". C'était l'analyse à chaud de Marius Trésor visiblement dépité.

"On peut dire que l'arbitre ne nous a pas particulièrement aidés, continuait le capitaine marseillais. Mais il ne servirait à rien de chercher une excuse. Lorsqu'il y a le feu devant les autres maisons, ilne faut pas chercher à jouer au plus fin.

Maintenant je crois que pour le championnat on peut faire une croix. Le programme qui nous reste n'est peut-être pas très dur, mais pour aller chercher les Stéphanois, les Sochaliens et les Nantais ce ne sera pas du gâteau. Il nous reste toutefois un petit espoir de jouer une coupe européenne. Si Saint-Étienne gagné la Coupe d'Europe et termine dans les trois premiers du championnat, qu'un autre club que les "verts" soit champion. Il ne faut pas trop y croire".

Jules Zvunka l'entraîneur, avait son visage des mauvais jours. "Les Niçois, ce que je vais dire va paraître paradoxal, étaient beaucoup plus vulnérables en première mi-temps qu'en seconde, dans la mesure où pendant les quarante-cinq premières minutes ils ont pris des risques. Au repos, j'ai le sentiment que notre défaite était consommée. Certes nous avons bien terminé, mais c'était trop tard. Ceci dit, ne me demandais pas de vous indiquer pourquoi on a mieux joué en deuxième mi-temps qu'en première, je n'en sais rien, c'est un mystère que je n'arrive pas à éclaircir".

Le président Meric consultait le classement est n'était pas particulièrement bavard. "Une fois encore, nous avons vu un O.M. aux deux visages. C'est vrai que notre deuxième mi-temps a été bonne, mais la première m'a plus inquiété. En effet, sans un excellent Migeon, nous aurions pu encaisser quatre ou cinq buts, sans que l'on puisse crier au scandale".

L'analyse de Gérard Migeon ne différait pas de celle de ses camarades. "On avait pratiquement, fait le plus difficile, expliquait celui-ci qui fut un des héros de la partie. Quand on a encaissé deux buts qui ont été pour nous autant de coups de poignard, après il était trop tard. Quant au court après deux buts de retard, il faut avoir un maximum de réussite pour revenir à la hauteur de l'adversaire".

Fernandez, lui, s'interrogeait : "Bizarre, bizarre, disait-il, je ne m'explique pas pourquoi nous ne nous réveillons que lorsque nous sommes menés au score".

Nous laisserons la conclusion à Albert Emon : toujours très philosophe, le jeune ailier gauche disait : "Saint-Étienne à cinq points d'avance et un match de retard, Nantes et Sochaux ont pris le bonus, autant dire que pour nous tout espoir d'arracher une place qualificative en Coupe d'Europe s'est envolé sur la pelouse du stade du Ray. Ce qui, bien sûrr, ne nous empêchera pas de faire le maximum d'ici la fin de la saison, mais en tout état de cause, je vous rappelle qu'il nous reste une belle carte à jouer : la Coupe de France".

Espérons que dans l'épreuve reine du football français les Phocéens se montreront beaucoup moins naïfs qu'ils ne l'ont été hier soir.

A. de R.

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DECLIC...

et des CLAQUES

On savait pertinemment que l'O.G.C. Nice ne ferait aucun cadeau à l'O.M. On le savait d'autant plus que par les temps qui courent et bien que ce fut, hier, le premier jour du printemps, les "Aiglons" qui ne se sont pas encore des aigles, étaient beaucoup plus avides à l'image des Phocéens, de points que de conseils.

On savait aussi que les hommes de Jules Zvunka avaient, récemment, d'abord à Troyes, puis ensuite, face à Lille, laissé entrevoir quelques promesses quant à une fin de championnat honorable.

On s'attendait donc au stade du Ray à une sévère empoignade, on ne s'attendait pas à voir une équipe phocéenne attaquer la partie la peur au ventre, repliée dans sa coquille, incapable d'amorcer la moindre attaque d'envergure.

Et lorsque, au repos, les locaux rentrèrent aux vestiaires, avec deux buts d'avance, ce qui était le moindre mal, on estimait en règle générale, que le score allait, par la suite, prendre de plus amples proportions.

Bref, on s'attendait au bonus pour Katalinski et ses équipiers. Mais une fois encore, c'est l'imprévisible qui se produisit.

On vit des Niçois se mettre à jouer à l'envers et des Marseillais sortir de leur torpeur et faire preuve d'un certain panache pour ne pas dire d'un panache certain.

La reprise de volée victorieuse de Yazalde permit de penser que l'impossible était devenu possible. Ce ne fut qu'un fol espoir, puisqu'au coup de sifflet final, les locaux, bon gré mal gré, avaient su préserver leur mince avantage.

Ce fut donc, hier soir encore, une partie qui nous laissa mi figue, mi raisin. On peut se réjouir et applaudir ce sursaut phocéen des 45 dernières minutes, mais on ne regrettera jamais qu'avant ce déclic, on ait eu envie de donner aux Olympiens des claques...

André de ROCCA

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Les Niçois : "La blessure de Huck nous a désorganisés"

Dans les vestiaires niçois on était quand même satisfait de la victoire, mais déçu de la tournure qu'avaient pris les événements.

"Après notre belle première mi-temps", commentait le président Loeillet, nous aurions dû mener beaucoup plus largement à la mi-temps. La sortie de Jean Noël Huck a désorganisé notre équipe et permis aux Marseillais de se montrer un peu plus à leur avantage au cours de la seconde période de jeu. Finalement, sur la physionomie de la partie, ce résultat est équitable".

Même son de cloche pour l'entraîneur niçois Markovic, qui, lui, n'hésitait pas à dire que son équipe aurait dû mener 4 ou 5 à 0 à la mi-temps. "Chaque dimanche c'est la même chose. Nous nous créons de magnifiques occasions de buts et nous n'en profitons pas au maximum. La blessure de Jean-Noël Huck a constitué un gros handicap, et notre équipe a un peu perdu la tête en deuxième mi-temps".

Quant à Jean Noël Huck, rhabillé depuis longtemps puisqu'il avait quitté le terrain au début de la seconde mi-temps, il nous a déclaré qu'il avait eu très peur que son équipe ne conserve pas le bénéfice de l'avantage qu'elle avait largement mérité au cours de la première mi-temps. "Je me suis arrêté parce que j'ai senti une violente douleur aux adducteurs et je crains d'être immobilisé pendant quelque temps. Je ne sais pas encore si je me rendrai au rendez-vous de l'équipe de France".

Pour tous les autres joueurs niçois, que ce soit Guillou, Jouve, Katalinski ou Baratelli, il ne fait pas de doute que si Huck avait fait pu tenir sa place jusqu'au bout, l'O.G.C. Nice aurait certainement remporté hier soir un bonus.

 Désir CARRE

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Les réponses aux questions

que vous vous posez

Le terrain était-il jouable ?

Sans aucune hésitation possible nous répondrons pas affirmative. D'ailleurs, nous ne pensons pas que l'arbitre ait songé à un moment ou un autre de faire rejouer cette rencontre.

Quel était l'ambiance ?

Elle était celle d'un derby même si la pluie avait retenu pas mal de spectateurs chez eux. Toujours coloré et animé, ce match a toujours gardé le public en haleine. On notera que les supporters marseillais, malgré le temps défavorable à Nice, s'étaient déplacés en très grand nombre.

Peut-on dire que l'absence de Buigues a été un handicap pour l'O.M. ?

Nous le pensons car Robert est toujours à l'aise dans ce genre de bataille. L'expérience a prouvé en tout cas qu'il était un titulaire indiscutable même s'il est toujours aisé de porter un jugement après coup. Il est indéniable que Buigues sera utile à son équipe dans le prochain tour de Coupe. Le plus malheureux, vous le savez, c'est qu'il faudra encore faire un choix.

Que dire sur l'arbitrage ?

M. Hélies, hier soir, s'est comporté exactement comme un arbitre "maison" en ce sens qu'il a sifflé plus volontiers les fautes marseillaises que les fautes niçoises. Certains penseront peut-être qu'il n'a pas eu une grande influence sur le résultat final. Il nous a semblé toutefois que le directeur de jeu avait enrayé pas mal d'actions olympiennes sur des hors-jeu qui n'étaient pas évidents. Il est vrai qu'en l'occurrence il avait été plus desservi par le concours de ses assesseurs.

Nice a-t-il une chance d'enlever le titre ?

Sur ce qu'elle nous a montré hier soir, formation azuréenne désarme la critique. Étincelant en première mi-temps, elle fut beaucoup plus terne en seconde quand l'O.M. avait enfin décidé de réagir. Tant et si bien que l'on est partagé entre deux sentiments avant de répondre. Il n'en reste pas moins que sa victoire acquise hier soir, toute courte qu'elle fut, replace Nice dans lla course au titre.

Et l'O.M. ?

Il semble désormais que l'équipe marseillaise doive renoncer à enlever en fin de saison le titre de Champion de France. C'est depuis longtemps d'ailleurs une chose entendue. Mais il est certain qu'en jouant comme elle l'a fait hier en seconde mi-temps l'équipe phocéenne pour enlever les points nécessaires à une place qualificative en Coupe d'Europe. Toutefois, sans perdre de vue le Championnat, il semble que tous les efforts marseillais devraient désormais se concentrer sur la Coupe.

La deuxième mi-temps jouée hier l'a été en tous cas avec un esprit idéal pour briller dans l'épreuve reine. Mais attention, en Coupe, une partie dure n'ont pas quatre-vingt-dix minutes, mais au moins cent quatre-vingts. À l'O.M. de ne pas le perdre de vue avant de rencontre les Rémois.

J.F.

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