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Résumé du Petit Provencal

du 28 mars 1938

AU STADE VELODROME

Difficile victoire des Olympiens

acquise sur le Racing

dans le dernier quart d'heure de jeu

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Marseille : 2 - Racing : 1

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La rencontre Racing-O.M. jouée hier au Stade Vélodrome de Marseille en présence de dix mille spectateurs environ n'a pas bénéficie d'un temps très favorable. En effet, un léger mistral soufflant par rafales nuisit considérablement à la confection du jeu et ne permit pas à la partie de se dérouter aussi normalement que les joueurs l'eussent désiré.

Cet handicap d'ordre atmosphérique joint au désir de vaincre des deux équipes fut la cause que la rencontre n'offrit pas un très vif intérêt spectaculaire, les belles phases de jeu étant plutôt rares, surtout du côté olympien.

Les Marseillais constamment battus dans le jeu de tête, s'en tinrent tout au long à produire un jeu aérien dont ils ne purent jamais tirer partie alors que les Racingmen surent maintenir la balle à terre avec précision, sûreté et une grande mobilité. Cette technique leur permit d'imposer le plus souvent leur jeu et de se montrer dangereux.

On pouvait dans le clan local beaucoup espérer de la part des ailiers. Hélas ceux-ci, étroitement marqués et, d'ailleurs, fort mal utilisés, ne purent jamais créer d'occasion susceptible de prendre en défaut la sévère défense parisienne. Aussi les Marseillais éprouvèrent-ils plus de difficultés à s'adapter à la lutte qu'ils n'en avaient rencontré lors de leur récent match à Paris.

Plus actifs, plus précis dans leurs services, les Parisiens harcelèrent constamment la défense phocéenne ou Bruhin accomplit sa part de besogne.

Durant ce laps de temps, la situation des Olympiens fut longtemps inquiétante.

Cependant au repos les deux équipes étaient à égalité. Des la reprise les Parisiens reprirent la conduite des opérations. La situation fut alors aussi critique qu'au cours du précédent half. Sur centre de Pradel, Jordan réceptionnait avec calme. Voyant le champ de tir favorable, il n'hésita pas à placer son shoot malgré un plongeon quelque peu tardif, Vasconcellos eut la désagréable surprise de voir la balle au fond des filets.

A la reprise, avec le vent contraire, la situation de nos représentants ne fut pas meilleure. Toujours aussi aérien, le jeu des Olympiens manqua de coordination, alors que les visiteurs, avec autant d'autorité qu'en première mi-temps, obligèrent Vasconcellos à intervenir à diverses reprises.

Les tentatives assez mal agencées d'ailleurs de Kohut, Zermani et Zatelli trouvèrent toujours l'interception favorable pour reporter le jeu en territoire adverse. Allait-on assister à un échec des Olympiens sur leur terrain ? tout portait à le croire.

Et pourtant il n'en fut rien car dans les vingt dernières minutes, les sudistes se retrouvèrent d'heureuse façon. Zabalo qui avait contrôlé jusqu'à la l'ailier gauche local, délaissa sa surveillance. Bien lancé, Kohut en un départ magnifique parvint à centrer presque à la limite des six mètres, Zermani reprit très adroitement et sur son service, Asnar obtint l'égalisation.

Ce résultat acquis d'ailleurs dans un très joli style stimula quelque peu les Olympiens qui entrevinrent alors la possibilité d'une victoire. Le jeu plus ardent, plus volontaire fut amorcé avec une plus nette précision.

Kohut, à nouveau mis à contribution s'échappa avec son style habituel. Son centre parvint à Zatelli qui, malgré la pression de Jordan, put placer son shoot et donner ainsi la victoire à son équipe. Il s'en fallut d'ailleurs d'un rien pour qu'il récidive une minute après alors que Hiden était sortit de ses buts. Il fallut une intervention inattendue de Diagne pour éviter ce but.

Ainsi l'Olympique s'en tira fort heureusement, obtenant un succès à l'arraché.

Les Olympiens furent loin dans l'ensemble de produire la même impression que lors de leur match contre Sochaux. Les inters manquèrent d'initiative et ne montrèrent que rarement au diapason de leurs camarades.

Gonzales ne sut pas utiliser au mieux de ses intérêts les balles dont il bénéficia. Il fut trop enclin à porter en des dribbles prolongés la sphère aux forwards, et bien souvent il n'atteignit pas le but désiré. En bien des circonstances il eut pu opérer des renversements d'attaques qui auraient pu être mis à profit par Zermani.

Ben Bouali, Kohut, Conchy et Bruhin furent en somme ceux qui se mirent le plus en évidence.

Au Racing, la défense fut solide ; tant Diagne que Zabalo firent montre de belles qualités. Zivcovitch réalisa une excellent partie bien secondé par les inters qui déployèrent eux aussi une grande activité. Couard est un joueur précieux et dangereux à délaisser. S'il ne mit pas son shoot à profit, il le dut à l'étroite surveillance de Bruhin et même de Ben Bouali.

Dans l'ensemble, les Parisiens firent montre d'une sûreté de contrôle de balle évidente et surent organiser leur jeu selon les conditions atmosphériques.

En lever de rideau pour le championnat de Provence, les amateurs de l'O.M. prirent le meilleur sur le Cercle sportif municipal par 4 buts à 2

Georges DARBOS

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