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Résumé Marseille Matin

du 08 avril 1938

L'O.M. battus par l'Excelsior (4 buts à 2)

perd toute chance de

pouvoir inquiéter Sochaux

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Les Olympiens ont fait une excellente

partie devant les Roubaisiens

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CE N'EST QUE DANS LES ULTIMES

MINUTES DU MATCH QUE L'EXCELSIOR

MARQUA LES DEUW DERNIERS BUTS

MAIS L'OM AVEC UN PEU DE CHANCE

AURAIT PU VAINCRE SON RIVAL

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ROUBAIX, 7 avril (De notre correspondant particulier). - Excelsior bat O. Marseille par 4 buts à 2

Qui donc avait pu croire que l'O. Marseille jouerait battu devant l'Excelsior ? Ceux qui pouvaient douter de l'intention bien arrêtée du team phocéen de défendre sa chance dans le championnat en même temps qu'en Coupe ont été promptement détrompés. Dès son entrée sur le terrain, l'O. Marseille a fait, au contraire, une très jolie partie à Roubaix, et son équipe, bien qu'handicapée par l'absence de ses demi-habituels, a fourni une exhibition excellente. Elle est battue, maison peut dire qu'elle ne le méritait pas et qu'elle faillit, bien au contraire, enlever le match.

Le score est sévère, trop sévère, et un match nul n'eût certainement pas fait crier au scandale. Nous croyons même qu'il eût été plus normal et que les Roubaisiens s'en seraient estimés contents.

En effet, si en première mi-temps, ils réussirent à s'octroyer un avantage territorial assez respectable ils avaient pu, tout juste égaliser au repos, l'O.M. ayant marqué d'entrée et gardant longtemps son avance ; Lorsqu'on dira que 10 minutes avant la fin, les deux équipes étaient toujours dos à dos, on verra combien le match fut serré.

L'O.M. fournit une seconde mi-temps remarquable. Nullement fatigué par leur match de Coupe, ses hommes attaquèrent avec cran et dominèrent copieusement à leur tour. Le jeu rapide et de demi-volée des Marseillais désorganisa souvent les Roubaisiens qui couvrirent un terrain considérable et durent s'accrocher ferme pour tenir.

Pendant leur temps de domination, les visiteurs faillirent souvent prendre l'avantage, mais ils manquèrent de chance et Cabanes, le gardien roubaisien en eut pour sa part. De plus, à plusieurs reprises, des off-sides de Zermani gâchèrent de belles occasions. Il est certain que si l'O.M. avait eu la réussite en obtenant un ou deux buts, il pouvait gagner. Il ne négligea en tous cas, rien pour cela et a fait réellement belle impression.

L'Excelsior fut plus opportuniste devant les buts, il eut pour lui les dix dernières minutes et cela lui suffit pour assurer la victoire grâce à deux exploits personnels de Vogt. C'est assez peu malgré tout.

A l'O.M., malgré leur courage, les demis ne firent pas oublier les titulaires. Au complet, l'équipe gagnait. La défense fit une très bonne partie, mais c'est surtout le travail de l'attaque qui fut remarquable. Les cinq hommes surtout Zatelli, Heiss et Weisskopf, firent un excellent match. On ne reprochera qu'une chose à Zermani, c'est de s'être trop souvent fait prendre au piège de l'off-side.

A Roubaix, la défense, Desrousseaux et en attaque surtout Hiltl et Vogl se mirent en vedette.

Les équipes avaient la composition suivante :

O. Marseille : Pardigon ; Ben Bouali et Gonzales ; Olej, Gallice et Granier ; Zermani, Donnenfeld, Zatelli, Heiss et Weiszkopf.

Excelsior : Cabanes ; Pavlicel et Shust ; Scharwath, Desrousseaux et Lietar ; Vogt, Hiltl, Herrera, Gabrillargues et Vogt

Quelques notes sur la partie

D'entrée, l'O.M. est en action et Zatelli, sur passe de Heiss, reprend une balle splendide et marque de volée d'un fort joli shot à la 2e minute. L'Excelsior peine au départ, puis réussit à se dégager et Luddens shoote sur Pardigon. Roubaix domine alors un bon moment, sans succès, mais l'O.M. repart avec cran. Hiltl, touché, passe à l'aile et Vogl joue inter.

L'Excelsior domine encore mais sans être vraiment menaçant, car la défense marseillaise est supérieure dans le jeu de tête. Pardigon doit cependant stopper deux shots de Herrera et l'Excelsior attaque toujours. Ses avants sont déchaînés ; une série de passes et Luddens, dernier possesseur de la balle, la glisse à Herrera qui reprend et marque à la 26e minute d'une reprise plutôt que d'un shot.

Les Roubaisiens, ragaillardis par cette égalisation continuent leur pression et, deux fois, Herrera, en bonne position, botte aux nuages. L'O.M. se dégage un instant et, sur un corner, Donnenfeld tire même au but, mais Roubaix reprend la direction du jeu et Vogt, de la tête, met à côté.

Sur la fin de la mi-temps, les Marseillais partent plus franchement. Le jeu est fort ouvert, chaque équipe prenant tour à tour un léger avantage.

La 2e mi-temps

L'O.M. attaque encore, mais à la 2e minute, Vogl, lancé par Herrera, file, la balle est fort en avant de lui et Pardigon sort, mais Vogl l'évite comme il évite Ben Bouali et marque.

Une minute plus tard, l'O.M. repart. Zermani centre et Zatelli égalise imparablement d'un shoot plongeant.

L'O.M. domine alors, mais c'est sur échappée à la suite d'un corner que Zermani manque un but tout fait en bottant à coté. Puis Cabanes en évite un autre en plongeant sur la balle avec le corps.

Le jeu devient ardent et les hommes se donnent à fond de chaque côté. Les visiteurs gardent néanmoins, pendant un bon quart d'heure, l'avantage territorial. L'Excelsior pourtant se dégage par moments, mais a du mal à imposer son jeu. A Plusieurs reprises, ses avants sont dangereux mais ne peuvent shooter et c'est au contraire Heiss qui s'infiltrant dans la défense roubaisienne, place un très beau shot que Cabanes dégage. Puis le gardien roubaisien sauve encore un tir de Zermani en corner.

Il reste 10 minutes à jouer et Excelsior attaque maintenant avec ardeur. Pardigon et ses arrières doivent s'employer et, enfin lancé par Desrousseaux, Vogl fonce, il se rabat, passe deux hommes et place un petit roulé qui bat Pardigon à la 38e minute.

L'O.M. repart à fond, mais domine trop. Vogl file encore, passe à Luddens qui marque à la 44e minute. La défense marseillaise, qui a vu un off-side, n'a pas bougé. Elle proteste, mais en vain et la fin est trop proche pour changer quelque chose au score

J. PAYEN

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