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Résumé du Petit Provencal

du 31 octobre 1938

Malgré Bruhin et Ben Barek l'O.M. s'incline régulièrement à Saint-Étienne, par 1 but à 0

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Saint Etienne, 6 novembre

Les Marseillais ont perdu leur première place, hier, au bénéfice des Stéphanois après un match qui fut, en fait, une véritable partie de Coupe. Hypnotisés par l'importance du résultat, les joueurs se marquèrent étroitement, les chocs furent sévères et très souvent l'arbitre, M. Bouture, qui réprima le jeu dur, fit entendre son sifflet.

Les Marseillais, pour la circonstance, avaient remanié profondément leur équipe. C'est ainsi que Bruhin faisait sa rentrée au centre demi. Il parut d'ailleurs dans un très bon jour, étouffant facilement Cabannes. Malheureusement, la rentrée de Bruhin entraîna l'élimination de Kohut et G. Dard, qui le remplaçait, rata maladroitement deux occasions, une par mi-temps, que le redoutable hongrois aurait probablement exploitées.

D'autres part, l'essai de Max Conchy à l'avant centre ne parut pas heureux du tout. L'attaque de l'O.M. ne fonctionna guère que par ses deux inters, qui tinrent un rôle très brillant. Aznar et surtout le souple Ben Bareck attirèrent l'attention de l'aréopage des journalistes es-football et plusieurs d'entre eux étaient d'avis que les deux hommes avaient pleur place dans l'équipe de France qui va jouer en Italie.

Quant à Zermani, qui faisait lui aussi sa rentrée, ses centres furent parcimonieux. L'attaque phocéenne n'était pas la seule à comporter des trous. A Saint-Étienne, l'aile droite Pasquini fut nettement supérieur au reste de l'attaque, fut exagérément mise contribution. La fatigue, une surveillance étroite en deuxième mi-temps, réduirent beaucoup l'activité du dangereux duo pendant toute le match. On eut l'impression que les défenses étaient nettement supérieures aux attaques et c'est pour cela, sans doute, que les belles phases de jeu furent rares.

Chez les Marseillais Vasconcellos, à côté de bons arrêts, est toujours fantaisiste. Il arrêta plusieurs balles basses. Par Contre, Padrone et Henri Conchy jouent sobrement, mais ne font pas de fautes. Quant à la défense de Saint-Étienne, elle compte en Llense un goal en belle forme et deux arrières décidés et solides, qui le protégèrent à merveille.

Plus de 15.000 spectateurs donnèrent 146.000 francs de recette, pulvérisant les records d'affluence.

La Partie

Le temps menaçant s'éclaircit quelque peu au moment du coup d'envoi.

D'entrée on se rend compte que le match des leaders sera disputé sous le double signe de l'ardeur et de la vitesse, et cela n'est pas pour déplaire à la foule qui vibre aussitôt.

Les premières attaques sont pour Saint-Étienne qui a donné le coup d'envoi puis Llense doit s'employer sur un tir précis de Zermani. Mais les locaux ne s'en laissent pas conter. Tax montre ses talents de pointeur, son coup franc qui frappe la transversale ; Saint-Étienne s'installe en camp marseillais, et Bruhin doit venir prêter main forte à sa défense sans cesse sur les dents.

Saint-Étienne domine

La pression stéphanoise est presque continue, mais les réactions de Marseille que Bruhin déclenche à sa manière, par les ailes, sont très souvent dangereuses. A la huitième minute un shoot de Pasquini ne peut être stoppé par le fantaisiste Vasconcellos, qui ne peur que renvoyer de la tête, Roux envoie au-dessus.

Certes Saint-Étienne domine grâce au travail formidable de ses intérieurs et de ses demis. Mais étant donné la tactique olympienne, lorsque Bruhin est là, on peut se demander s'il ne domine pas trop et si la défense maintenant jouant en confiance ne va pas se laisser surprendre par une de ses fulgurantes contre-attaques dont l'Olympique a le secret.

Tax et Bruhin

Dans sa lutte incessante ou la tactique n'est pas exclut tant s'en faut, deux hommes, deux grands joueurs, gardent la tête remarquablement froide ; ce sont Tax à Saint-Étienne et Bruhin à Marseille.

Déjà vingt cinq minutes de jeu, et Saint-Étienne domine toujours ; Marseille se repliant en défense ne joue qu'à trois avants, en attendant que l'orage, un orage qui dure soit passé.

Cependant, Ben Barek commence à faire des siennes, c'est lui qui, à la trente quatrième minute déclenchera la première attaque de grand style marseillaise. Toute cette première mi-temps sera au net avantage des Stéphanois, Bruhin se confinant dans le rôle de troisième arrière. Les verts dominèrent nettement et sans succès en dépit de jolies attaques de l'aile.

Seconde mi-temps

Pendant les premières minutes de la reprise les visiteurs mènent quelques attaques que par deux fois Ben Bareck termine par des shoots à côté. Vasconcellos fait passer le frisson le long de l'échine des personnes sensibles. Un boulet de Hess n'est qu'imparfaitement bloqué par lui et ce n'est pas la seule fois que cela se produira. La balle roule vers la ligne blanche, mais un habille mouvement de rotation permet au jaguar de la ressaisir. Mais quelle émotion.

L'attaque de l'O.M. impuissante

Saint Etienne baisse de pieds et Marseille domine, mais l'attaque de l'O.M., donne une impression d'impuissance devant la très elle défense de Saint-Étienne. La fatigue peu à peu gagne les joueurs et les fautes se multiplient. On note pourtant un très beau plongeon de Llense sur un joli ras de terre de Aznar. Llense se distingue encore sur un corner, puis sur un bel essai de Ben Barek, les deux équipes se neutralisent et on commence à croire au match nul quand une belle attaque fuse de la gauche et Tax reprend et marque l'unique but de la partie.

Saint-Étienne 1. Marseille 0.

En résumé, partie passionnante, dont l'incertitude a fait vibrer les spectateurs. L'O.M. parut mériter le match et Kohut présent, les choses auraient pu mal tourner pour les Stéphanois.

 

 

 

 

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