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Résumé du Petit Provencal

du 12 novembre 1938

AU STADE VELODROME

Toujours désaxé, le onze olympien

n'a pu triompher des Dauphins sétois

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F.C. SETE : 1. -- O.M. : 1

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C'est en présence d'un public nombreux et par un vent assez puissant que s'est déroulé le traditionnel derby sudiste. Rencontres toujours intéressantes que celles qui mettent aux prises Marseillais et Sétois. Celle d'hier fut digne de ses devancières. Tout au long des 90 minutes, la partie fut menée à un rythme rapide. Chaque onze s'employa à fond avec coeur, une réelle volonté de conclure et cela en des phases suffisamment passionnantes.

Les Sétois présentèrent le onze annoncé avec Charles au centre demi, en remplacement de Balmanya.

Durant la première mi-temps, les Olympiens eurent, la plupart du temps, un assez net avantage. Kohut et Georges Dard, tour à tour mis à contribution, jetèrent le désarroi dans la défense adverse. Celle-ci, particulièrement puissante, solide et toujours bien placée, parvint à enrayer de multiples offensives olympiennes. Cependant, a la suite d'un corner bien tiré par Dard, Ben Bareck parvenait à ouvrir la marque hors de portée du jeune François.

Ce but acquis, les locaux tentèrent bien, à diverses reprises, d'aggraver la marque, mais la surveillance exercée sur les ailiers fut telle, et la pauvreté du centre de l'attaque marseillaise si grande, que le repos survint sans changement.

A la deuxième reprise, l'action des Sétois s'avéra meilleure. Charles, centre demi des Dauphins, bien en verve, sut alimenter son quintette. Longtemps Koranyi ne put atteindre le but désiré. Cependant le trio Danzelle, Koranyi et Brusseaux, volontaire au possible, obligeait constamment nos forwards à une surveillance étroite et répétée. Vasconcellos, par deux fois, eut assez de bonheur en se tirant fort bien d'affaire.

Sur la fin de ce half, les Dauphins se montraient beaucoup plus pressants. Koranyi, trop surveillé à sa place coutumière, se dégageait sur la gauche, obtenait un très joli centre que Brusseaux reprenait ; celui-ci en faisait de même sur Danzelle bien placé et c'était le but acquis sur une très jolie phase.

Dès lors, la partie prit une allure encore plus vive. Les Olympiens, émoustillés par ce coup du sort, firent l'impossible pour acquérir un résultat à leur avantage. Hélas Mercier, en très belle forme sauvait par deux fois ses buts très sérieusement menacés. L'ultime minute voit un corner dans les bois sétois. Tous les joueurs sont massés devant la surface du keeper visiteur. Les Olympiens vont-ils, sur ce coup final acquérir la victoire ? Non, car François surgit comme un lion du lot compact des joueurs, s'empare de la balle et c'est la fin pour la plus grande joie des supporters sétois.

Une fois encore, l'absence d'un pivot s'est fait sentir à Marseille. Certes, à Saint Etienne, Bruhin n'avait pas donné le résultat attendu, mais il faut tout de même convenir que les Stéphanois, chez eux, constituent un "dur morceau à avaler". Si l'attaque marseillaise souffrit en cette occasion de l'absence de Kohut, il n'en reste pas moins que Bruhin fut le joueur le plus brillant du onze marseillais, ce qui semble indiquer, qu'en son absence, la défense eut pu être surprise plus souvent qu'elle ne le fut.

Hier, on essaya l'expérience contraire. Elle n'apparut pas meilleure. Un joueur comme Koranyi mérite, pour rendre stérile son action, un joueur de sa classe. Ce ne fut pas le cas. Aussi l'avant centre sétois sut-il créer la phase favorable pour mettre les deux onzes à égalité.

Nous disions qu'à Saint-Etienne l'absence de Kohut se fit sentir en attaque. C'est là peut être un sérieux argument, mais la tentative de Carasco centre-avant se montra aussi désastreuse. Celui-ci non seulement n'eut pas le don de mettre à contribution ses ailiers, mais s'avéra, du point de vue réalisation, d'une bien grande pauvreté. Ca n'est pas un élément suffisamment aguerri pour donner un point final aux offensives du quintette olympien.

La bonne tenue du team olympien au classement mérite que le onze local ait une meilleure tenue dans les rudes chocs qu'il aura à soutenir par la suite. Il serait en effet regrettable de compromettre une saison si bien commencée.

Quelle que soit la solution donnée que l'on retienne Kohut, au détriment de Bruhin ou vice-versa ; il importe que l'on place au centre de l'attaque un joueur susceptible de s'affirmer. Certes, la rentrée de Heiss peut faciliter toutes les combinaisons, mais si son repos devait être prolongé, l'essai de Zermani ailier, Kohut inter, Aznar centre pourrait, à notre avis faire l'objet d'une étude.

Les Sétois se sont montré, hier, sous un meilleur jour qu'ai stade Fernand Bouisson. Leur nouveau keeper paraît posséder d'excellentes dispositions et devrait, cependant montrer plus de décision sur ses sorties. Bien encadré par deux puisant arrières, il peut s'améliorer.

L'attaque parut surtout dangereuse par son trio central, les ailiers ne se hissèrent point au niveau de leurs camarades. Avec deux extrêmes de meilleur aloi le quintette donnerait, sans nul doute, un rendement beaucoup plus satisfaisant.

Terminons en indiquant que dimanche, toujours au Stade Vélodrome, l'Olympique rencontrera la valeureuse équipe cannoise. Souhaitons à nos représentants un résultat plus élogieux.

Georges DARBOS

 

 

 

 

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