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Résumé du Petit Provencal

du 30 janvier 1939

 

MARSEILLE : 2

LENS : 0

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C'est une victoire par k.o. au premier round que vient de remporter - à l'instar de Joe Louis - le "team" de Ben Barek. Celui-ci recevait hier au stade Vélodrome, l'équipe du Racing Club de Lens, honnête formation professionnelle, mais qui sent encore la deuxième division et n'a pas acquis l'envergure de la division nationale.

Débordant son adversaire dès le premier coup de gong, le "onze" marseillais s'assurait une avance confortable de 2 buts qui, si elle eut l'avantage de lui garantir le succès, eut l'inconvénient par la suite de faire tomber tout l'intérêt de la partie. Et les quelques six mille spectateurs qui se serraient frileusement sur les immenses gradins n'eurent plus la moindre occasion d'applaudire, ne serait ce que pour se réchauffer, les métacarpes.

Les bouillants Marseillais, qui avaient mis toute la vapeur dès le début, n'opérèrent plus que par soubresauts, lançant quelques contre-attaques sans dynamisme qui ne parvinrent pas à percer la défense pourtant faiblarde des Nordistes.

Et la rencontre, perdant tout attrait au point de vue collectif, ne valut plus que par les exhibitions individuelles de quelques unités.

A ce point de vue, la vedette revint incontestablement au brun Ben Barek, héros du match France-Pologne. Très acclamé dès son entrée sur la pelouse, le "diamant noir" marseillais, brilla de mille feux, jonglant, dribblant, servant, shootant à merveille et dominant de plusieurs coudes les mineurs lensois qui faisaient figure de nain ... autour de notre Blanche Neige !

Dans les buts, Vasconcellos se fit également remarquer, confirmant ses brillantes qualités de fantaisiste. Il contribua par son flegme imperturbable et sa chance outrancière à dérider es spectateurs mais nous lui conseillons de ne pas exagérer dans ce sens. Les matadors reçoivent quelquefois des coups de corne ; voyer Montpellier !

En face de lui au contraire, nous avons vu un Erevanian moins grand seigneur, certes, mais se rachetant par un courage poussé jusqu'à témérité. Il sauva ainsi plusieurs fois ses buts en plongeant à tombeau ouvert.

Un autre joueur remarqué chez les visiteurs fut le petit inter Siklo, qui par son adresse et son intelligence fournit, mais en vain, à ses coéquipiers de belles occasions de shooter.

Chez les vainqueurs, la paire défensive H. Conchy-Patrone annihila par sa puissance et sa sûreté toutes les tentatives adversaires.

Des demis, le meilleur fut sans conteste Olej, qui aurait mérité de tenir le rôle de demi-centre aux lieu et place de Gonzales complètement désorienté à ce poste et sans utilité pour l'attaque.

Nous dirons la même chose d'Aznar brouillon et timoré à l'excès, au centre du quintette, et qui gaspilla de ce fait maintes occasions de scorer qu'un Angles n'aurait pas laissé échapper.

Heiss fut loin d'égaler le brio de son symétrique Ben Barek, son action manquant de netteté et de réussite.

Mais nous terminerons par des éloges sur les ailiers olympiens : Kohut, qui réussit des centres et des corners impeccables, quoique ayant à ses trousses un Heidelberger accrocheur à l'extrême, et Zermani, qui a retrouvé sa forme de beaux jours.

Excellent arbitrage de M. Virolles

LA PARTIE

R.C. Lens : Erevanian, Marek, Marian, Mathieu, Beaucourt, Heidelberger, Melul, Siklo, Stams, Spechtl, Ourdouille

O.M. : Vasconcellos, Patrone, H. Conchy, Olej, Gonzalès, Carasco, Zermani, Ben Barek, Aznar, Heiss, Kohut.

Il n'y a pas trois minutes que le jeu est commencé que l'O.M. obtient un corner Kohut le botte magnifiquement et Gonzales surgissent d'un paquet de joueurs marque de la tête

O.M. : 1 ; Lens : 0

Une minute ne s'est pas écoulée que Zermani seul dribble la défense e t marque de près.

O.M. : 2 ; Lens : 0

L'O.M. qui a le vent dans le dos domine largement, les Lensois sont littéralement désorganisés. Mais ils reprennent du poil de la bête et par Siklo et Spechtl amorcent quelques bonnes contre attaques, mais aucun shot vraiment dangereux ne partira.

Au contraire Erevanian doit s'employer et plonge dans les jambes d'Asnar pour sauver ses buts.

Le repos survient sans rien de notable.

A la reprise les mineurs ont le vent avec eux et descendent à leur tour vers les buts de Vasconcellos, mais leurs tirs mal réglés ne sont pas un danger.

Contre attaque des blancs terminée par un "gros noir" de Ben Barek qui frise la transversale.

Sur une descente de Zermani, Erevanian doit encore plonger dans les jambes pour préserver ses filets.

Le niveau du jeu a bien baissé, les joueurs des deux camps ne jouant plus qu'à la "va comme je te pousse". C'est ainsi qu'Asnar, sur passe de Zermani, a un but tout fait au bout du pied, mais il met à côté.

Et la fin survient sur cet exploit.

   

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Résumé du Petit Marseillais

du 30 janvier 1939

 

 

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