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Résumé du Petit Provencal

du 23 octobre 1933

La nette victoire Lilloise

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La rencontre Olympique de Lille - Marseille, qui était considérée comme la plus importante de la journée, a connu hier, au stade Fernand Bouisson, un très gros succès d'affluence, au point que l'accès des nouvelles tribunes, interdit par la Commission municipale ne fut pas retenu par le public et les nouvelles installations furent envahies par les spectateurs venus en nombre imposant.

Cet engouement pour la partie d'hier était du, en effet, à la valeur respectable des visiteurs d'abord et ensuite au récent succès des olympiens sur le Racing de Paris. Il était normal que les Marseillais privés depuis quelque temps de rencontres importantes, fussent anxieux de voir à l'oeuvre leur équipe locale fasse à un adversaire de taille à lui répondre.

On pensait que les nordistes nous présenteraient un ange plus puissant en attaque qu'en défense. Il n'en fut rien, les backs Vandooren et Thery, admirablement épaulés par leur keeper, soutinrent avantageusement la pression olympienne qui se manifesta nettement en première mi-temps. Ils s'employèrent si bien qu'au repos les locaux n'avaient pu, en aucune façon, les surprendre. Leur attitude fut identique au second half et ce que l'on craignait se réalisa aisément, c'est-à-dire que Simonyi et ses coéquipiers se chargèrent d'effectuer leur part de besogne en battant par trois fois Di Lorto.

Les visiteurs honoraires d'autant plus facilement que le team olympien parut une association sans chef, sans volonté et peu heureuse en phase de jeu et en tactique. Eisenhoffer assista en spectateur à ce match, délaissant toute la deuxième mi-temps Kohut, le seul homme susceptible d'obtenir un avantage sérieux, Alcazar ne sut rien construire, fut brouillon, alors que Conchy, ailier droit de circonstance, ne put produire que ce dont il pouvait à un poste pas fait pour lui. Peut-être un jour le verra-t-on opérer dans les buts ?

Ainsi conçue, l'attaque olympienne ne pouvait rien espérer devant un adversaire jouant avec un coeur admirable et d'autant que la ligne intermédiaire opéra trop en retrait sans pouvoir juguler le quintette adverse, laissant un trou énorme entre elle et son attaque. Seuls Di Lorto et Henri Conchy supportait le poids des efforts incessants des Lillois ; ils se signalèrent comme de coutume, réalisant parfois de belles choses, mais ne purent, à eux seuls empêcher Simouyi d'ajuster ses tirs.

De pareilles exhibitions ne doivent point avoir de lendemain pour le bon renom du club qui eut lieu en son temps des succès très flatteurs.

Comme nous le disions plus haut, les Lillois brillèrent autant en défense qu'en attaque. Ils montrèrent qu'ils savaient maîtriser leurs nerfs et n'eurent qu'un but : celui d'obtenir la victoire. Leur exploit, réalisé sur le stade même de leur adversaire, est très élogieux. Cependant, le team n'est pas constitué aussi harmonieusement qu'il le faudrait pour tenir tête à un lot aussi relevé de concurrents. Varga n'eut pas toute l'autorité nécessaire au poste de demi centre, de même que les inters qui jouèrent, beaucoup trop en retrait.

Dès l'heure prévue les équipes font leur apparition sur le terrain, fort applaudie par un public enthousiaste. C'est aux nordistes qu'échoit le coup d'envoi. Aussitôt la mise en jeu, les olympiens interceptent et s'organisent pour l'attaque. Deux fois bien servies, l'excellent Kohut amorce de remarquables offensives sans résultat cependant.

Il y a peu de temps que la partie a commencé lorsque l'ailier gauche en possession de la balle, centre long l'extrême droit intercepte bien, conduit à son tour l'attaque et passe à Simongi. Ce dernier avec une aisance remarquable place la balle hors de portée de Di Lorto permettant ainsi aux Lillois d'ouvrir la marque.

Malgré cet handicap, les Marseillais dominent toujours sans pouvoir traduire cet avantage territorial, la défense visiteuse intervenant à chaque moment avec bonheur. Cette action continue des locaux n'empêche pas les Lillois d'amorcer quelques offensives bien mal soutenues par Varga, ce qui empêche les visiteurs de se montrer vraiment dangereux. Au cours d'une descente lilloise Simongi est légèrement touché et doit se retirer.

Dès cet instant les olympiens sont à nouveau en plein dans l'action et joue dans les vingt-deux mètres adverses, mais soit l'affolement, soit l'impeccable défense des backs nordiste, Desfossé ne peut être surpris. Sur un coup franc Eisenhoffer trop lent à shooter vers une belle occasion de tenter sa chance. Peu après sur passe de Max, le même joueur place une belle balle que le keeper visiteurs stoppent brillamment.

La partie s'anime quelque peu. Le public de son côté, suit avec une très grande attention ce choc parfois un peu dur. Rabih place un shoot au-dessus de la transversale. Simongi reprend sa place et dès cet instant le jeu se stabilise. Cependant Kohut bien lancé amorce une attaque dangereuse que ses coéquipiers ne peuvent traduire, puis les Lillois incursionnent à leur tour en terrain adverse et Di Lorto doit effectuer un arrêt dangereux pour sauver ses bois.

Le repos est sifflé peu après, alors que les Olympiens bénéficiaient d'un corner sans résultat.

Dès la reprise des Olympiens sont à nouveau dangereux. Vandoorer selon in extremis en mettant en corner. Sur celui-ci Alcazar et Boyer perdent une belle occasion d'égaliser puis peu après Kohut avec une rapide descente, jette le désarroi dans la défense lilloise sans pouvoir toutefois conclure. Puis c'est au tour de Conchy qui par un shoot biais oblige Desfossé à sauver du poing.

Enfin les nordistes paraissent mieux conjuguer leurs efforts. Ils opèrent avec une grande volonté laissant sur place leur adversaire. Li Lorto sur un shoot au centre de Decottignies stopent par deux fois la balle et se blesse légèrement à la main, ce qui ne l'empêche cependant pas de tenir sa place.

Sur le dégagement Boyer sert Alcazar qui s'élance, mais tarde trop à placer son shoot et met au-dessus. Decottigues oblige une fois encore Di Lorto a effectué un arrêt très applaudi. Alcazar parvenu jusqu'à cinq mètres des buts, une nouvelle fois par sa lenteur à conclure ce fait stopper la Théry.

Jusqu'à la fin du match les Lillois seront maîtres de la situation. Avec une rare mobilité, ils s'assurent en chaque occasion le contrôle de la balle. C'est ainsi que Simongi lance fort adroitement Decottignies qui s'échappe, se rabat un peu sur le centre et shoot dans la foulée ne laissant aucun espoir à Di Lorto.

À la remise en jeu sur une attaque olympienne, Conchy heurte du pied Boyer à l'estomac, alors que Desfossé stoppe la balle. L'arbitre accorde un pénalty pensant que le coût irrégulier a été donné par le keeper visiteur. Le but est réussi.

La réplique ne se fait guère attendre. Delaunoy servi par son inter-centre Simongi reprend directement et une nouvelle fois Di Lorto doit se contenter de ramasser la balle au fond des filets.

La fin intervient peu après alors que les nordistes continuent à dominer.

 

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