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Résumé du Petit Provencal

du 06 mai 1940

 

Le Racing enlève

la Coupe Charles Simon

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Hier, au Parc des Princes l'OM

s'est incliné par 2 buts à 1

Paris, 5 Mai.

De bonne heure, le stade du Parc des Princes est envahi. Au milieu de la pelouse, soigneusement ratissé et resplendissante, la musique de la Marine en grande et magnifique tenue est au garde à vous. Puis un remous dans l'assistance du tunnel ; voici les joueurs des deux équipes qui émergent et qui viennent, en courant, se placer devant la tribune officielle. M. Albert Lebrun est annoncé. La musique sonne "Aux Champs", "La Marseillaise" retentit. La foule est recueillie et de nombreuses personnalités civiles et militaires sont présentes.

Le chef de l'État, en simple veston noir, descend sur la pelouse, les présidents des deux grands clubs présentent leurs joueurs à M. Albert Lebrun qui, amicalement, leur serre la main, tandis que la foule applaudit.

Les équipes

Racing : Hiden, Dupuis, Diagne, Zabalo, Jordan, Rouelle, Hiltl, Heisserer, Mathe, Roulier, Weiskopf

Marseille : Donnenfeld, Aznar, G. Dard, Eisen-Hoffer, Heiss, Bastien, Max Conchy, Durand, Malvy, Gonzales, Delachet.

La partie

Le coup d'envoi échoit au Racing qui amorce tout de suite la première attaque, terminée par un shoot d'Heisserer qui passe au-dessus de la barre, puis rapide sur la balle, comme l'habitude, les Marseillais au maillot blanc s'agitent. L'ailier droit Dard file le long de la touche, centre, et la balle va sortir, mais le petit Durand la rattrape : la situation du Racing est critique mais non désespérée, puisque le puissant Dupuis, arrière solide, réussit à écarter le danger.

Les Marseillais sont de plus en plus entreprenants, leurs mouvements offensifs gagneraient toutefois à être menés avec plus de méthode. Mais allez demander cela aux Méridionaux qui doivent précisément leurs plus gros succès à leur façon rapide et inspirée de conduire leur action. Toutefois, chaque fois que le Racing attaque, le contraste est grand. Le stratège Hilt joue toujours intelligemment, il alimente le rapide ailier Mathe puis songe aussi à l'autre ailier Weiskopf et attire sur lui la défense, et c'est toujours le maître de la manoeuvre. Cependant Gonzales et Malvy sauvent au moment opportun. Malvy n'hésite point, en une occasion, à concéder un corner ou Parisiens en subtilisant le ballon à l'avant-centre Roulier qui s'apprêtait à botter aux buts.

MARSEILLE MARQUE

Mais les Marseillais repartent et cette fois c'est sérieux. Dard centre. Aznar s'écarte un peu du centre de sa ligne, les arrières du Racing hésitent. Aznar surgit alors et marque d'un joli shoot à ras de terre tiré de biais et qui laisse Hiden sans défense possible.

PARIS EGALISE

A la vingt-sixième minute, Roulier est servi juste à la limite du hors-jeu, le champ est libre devant lui : il accomplit encore deux foulées, assure son shoote à ras de terre et, à la grande joie de ses camarades d'équipe égalise.

Le Marseillais Donnenfeld s'échappe, il évite Jordan et shoote en bonne direction, mais Hiden attentif intervient avec autorité. Un autre shoot de Bastien cette fois, et encore arrêté par Hiden.

Au repos, les deux équipes sont à égalité 1 but à 1.

Pendant le repos, les musiciens de la marine défilent autour du champ de jeu. Ils reçoivent un accueil enthousiaste de la foule, et les joueurs font leur apparition.

Le Racing va jouer maintenant avec le soleil dans les yeux. Il attaque cependant, Weikopf centre, Delachet saute vers la balle, il est chargé par Roulier et s'écroule mais n'est pas blessé.

Dard est remarquablement servi par Heiss ; il centre, Donnenfeld shoote ; Hiden arrête la balle.

Le jeu est très mobile, voici maintenant un shoot de Roulier à bout portant, Delachet est en grand péril ; il porte les deux mains en avant et détourne la balle en corner de façon fort habile. L'insuffisance d'entraînement des joueurs se fait sentir visiblement, ils vivent sur leurs nerfs et l'on assiste parfois à quelques accrochages. L'arbitre distribue les coups francs.

Un shoot de Donnenfeld expédié de près oblige le goal à plonger. Aussitôt après, Delachet en fait autant sur un essai de Heisserer. L'issue de cette lutte reste toujours incertaine.

Hiden, dont on connaît le calme, perd parfois son sang-froid devant la violence des poussées adverses ; il ne commet, d'ailleurs, qu'un minimum de fautes.

PARIS PREND L'AVANTAGE

A la 26e minute, Hiltl réussit à passer superbement la balle à Mathe qui semble hors-jeu ; Mathe shoote tout de même, fait pénétrer la balle dans les filets et l'arbitre accorde le but.

Deux joueurs marseillais Max Conchy et Gonzales, dans le feu de l'action, se heurtent ; Max Conchy assez fortement commotionné, doit être emmené se hors du terrain. Marseille joue donc à dix. On assiste de plus en plus à des actions saccadées. Max Conchy reprend après sa place.

Puis voici un corner pour Marseille, la défense de Paris éprouve bien de la peine à dégager son camp sérieusement menacé. Les Marseillais font des efforts incessants pour égaliser. Cette fin de partie est émouvante au plus haut.. Tous les maillots blancs se portent résolument en avant. Max Conchy se rend coupable d'un geste irrégulier, il est sorti du terrain par l'arbitre. Puis Weiskopf, soigné ne peut revenir en jeu, mais l'arbitre, on ne sait pourquoi, s'y oppose. Il se ravise cependant.

En dépit de tous leurs efforts, les Marseillais ne peuvent réussir à égaliser et c'est la victoire très régulière pour le Racing qui bat l'Olympique de Marseille par 2 buts à 1.

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06 mai 1940

 

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