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Résumé du Petit Provencal

du 05 mars 1934

L'O. M. devra rejouer contre Rennes

chaque club ayant marqué 2 buts

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. Il règne aujourd'hui au parc des princes une atmosphère de match international. Il faut avoir vu la ruée de la foule vers l'arène d'Auteuil pour se rendre compte de la faveur dont jouissent les rencontres comptant pour la Coupe de France.

 Le ciel lui-même a voulu être de la fête. Un chaud soleil favorise le déplacement est certainement facilitera l'évolution des vingt-deux athlètes. Malgré un vent léger, la température est propice aux ébats et certes les acteurs de la pièce ne manqueront pas de donner le meilleur d'eux-mêmes pour forcer la victoire. Bien avant l'heure une assistance compacte emplit les gradins. Les pronostics s'établissent et si O.M. recueille la majorité des suffrages, les Bretons conservent de nombreux partisans. Il est d'usage avant chaque explication capitale de faire une visite aux vestiaires. Le calme règne, cure de silence et de recueillement. Dans ces conditions il est difficile de recueillir les impressions des joueurs. Boyer observe de Conrart le silence prudent. Néanmoins on sent dans son regard une confiance solidement ancrée.

Côté Rennes c'est le même mutisme. Dans les deux clans on se prépare pour le gros événement qui va se dérouler dans un instant.

LES EQUIPES

O.M. : Di Lorto ; arrrières : Kurka, H. Conchy ; demis : Charbit, M. Conchy, Rahih ; avants : Zermani, Alcazar, Boyer, Eisenhoffer, Kohut

Stade Rennais : Collet ; arrrières : Rose, Sefelin ; demis : Le Moal, Delourme, Cahour ; avants : Kayser, Decoux, Wolveiller, Chauvel, Dominique

Avant le match j'ai eu le plaisir de voir M. Bouisson président de la Chambre ; M. Tasso, député qui ne cachent pas leurs désirs, entourés des membres de l'O.M. que préside M. Dard. Ils constituent un imposant état-major.

La partie.

L'O.M. a le coup d'envoi et prononce immédiatement une attaque qui aboutit en six mètres. Le renvoi donne la balle à H. Conchy qui lance sa ligne, mais Boyer rate la réception. Sefelin dégage loin. Après plusieurs essais marseillais infructueux, Rennes se donne du champ et obtient le premier corner. Celui-ci ne donne rien. Le jeu n'est pas très rapide, néanmoins la balle voyage avec une extrême vélocité. Les défenses sont impitoyables, cependant l'O.M. approchent dangereusement des Rennais. Une belle descente de Zermani, servi par Boyer, aboutit à un centre que rate Alcazar. Peu après une action combinée, Alcazar, Zermani, Boyer donne le même résultat.

 Les Rennais attaquent et sur coup franc, Dominique charge Di Lorto : le but est vide, la balle va y entrer quand surgit Kurka qui d'une tête splendide sauve son camp. Di Lorto un moment sonné par le choc avec Dominique reprend sa place.

Un instant surpris par le jeu marseillais, Rennes s'est repris et à son tour inquiète la défense adverse. Il faut toute la puissance et l'action décidée de Conchy et Kurka pour empêcher des incursions plus fréquentes. Rennes attaque plus fréquemment, mais à vrai dire ces offensives ne semble pas présenter un grand danger. Il est bon ajouté que jusqu'ici celles de l'O.M. n'ont pas paru aboutir. De la sorte les chances sont égalisées.

Alcazar boîte et son action semble s'en ressentir, cependant ses services et son entente avec Boyer et Zermani ne donnent pas lieu à critique. Mais alors que la partie semblait languir, Zermani dribble, file et centre sur Boyer qui déplace vers à droite, centre à son tour et voit la balle filait lentement devant les buts sans que personne réussisse à la capter. L'occasion excellente et peut-être unique vient d'être perdue. Enhardi par cet exploit qui faillit se traduire victorieusement l'O.M. attaque furieusement par les ailes, par le centre. Zermani donne une belle balle à Boyer, le shoot qui suit trouve hélas le dos de Collet.

Sur la remise en jeu, Dominique descend, botte, Di Lorto dans un plongeon superbe sauf son but. Peu après sur faute de Kurka, Di Lorto intervient encore aux applaudissements de l'assistance. Le jeu devienne dur, Sefelin et Max Conchy se heurtent violemment. Le coup franc qui suit provoque deux corner qui se jouent dans la bagarre. Et Marseille attaquent sans cesse, mais Collet vraiment est servi par une chance inexplicable.

Par contre, Rennes, sur une de ses rares échappées, réussit le but par Chauvel, après une échauffourée devant les buts marseillais : Rennes,1 : O.M.,0.

Ce coup du sort n'accable pas les sudistes qui de plus belle repartent à l'attaque, mais il est écrit qu'aucune de leurs entreprises ne doit réussir. Cependant les dribbles courts, les passes, les feintes marseillaises laissent les Rennais sur place. Depuis dix minutes l'O.M. joue sur les buts bretons. Il n'y a qu'une équipe sur le terrain et cette équipe a 1 but à son passif. La " poisse ", la grande " poisse " dessert les marseillais. Notamment sur un shoot plongeant de Kohut qui frappe la barre transversale et va gentiment derrière les filets alors que Collet se trouvait tout à fait en dehors de ses buts. La mi-temps est sifflée après cette nouvelle preuve de malchance.

L'ATMOSPHERE DE FIEVREUSE

DEVIENT PASSIONNEE

Dès la reprise une descente d'Alcazar aboutit à Kohut qui centre et permet à Boyer de botter...dans les mains de Collet. La riposte se produit immédiatement par Dominique, mais Di Lorto arrête magistralement.

Le jeu est aussi rapidement mené qu'au début et il n'apparaît pas que les joueurs soient influencés par l'enjeu de la rencontre Kayser, vraiment dangereux, luttent souvent avec succès, contre Rabih qui déploie vainement toute son énergie. Et Marseille attaquent sans répit, mais aussi sans résultat positif. Max Conchy shoote puissamment, mais hélas à côté.

Comme à la fin de la première mi-temps une seule équipe opère. Rennes procéda par échappées qui deviennent de plus en plus rare. Alcazar, Boyer, Kohut se multiplient. L'allure ralentit sensiblement de part et d'autre. Rennes en profite pour secouer l'emprise Marseillaise. De fait, les offensives bretonnes se font plus fréquentes et plus pressantes. Marseille reprend cependant la direction de la partie, mais comme auparavant tout en intervient en leur défaveur. Kohut trouve le poteau, Alcazar limite, Boyer fait de même. Rennes exulte. Marseille se désespère, mais ne se décourage pas. Boyer stimule ses hommes qui n'en peuvent mais alors nous vers une défaite Marseillaise. Elle se produirait contre toute justice, toute logique, car l'O.M. joue en permanence sur les buts bretons ou tour à tour Boyer, Kohut, Eisenhoffer tentent le but. Mieux même, sur coup franc, Collet opposent une poitrine bien involontaire, mais salvatrice.

Enfin les efforts phocéens sont couronnés de succès, mais après deux essais infructueux. Eisenhoffer égalise à la grande joie de ses coéquipiers. Coups francs, touches se jouent sur le but Rennais. Il est évident qu'à force d'attaque, Marseille devait marquer. Cet honneur revient à Alcazar qui de vingt mètres bat Collet sans rémission.

O.M. : 2 ; Rennes : 1.

Rennes se porte en entier à l'attaque jouant son va-tout, essayant d'égaliser. Une minute avant la fin Wolveiller réussit l'exploit de mettre les équipes à égalité.

ON JOUE LES PROLONGATIONS

Pour ne pas changer Marseille attaquent par Zermani. Collet bloque. La fatigue accable tous les joueurs et les actions sont naturellement moins rapide. Il n'empêche que l'O.M. joue chez l'adversaire. Rennes procédant par échappées. Celles-ci sont plus fréquentes qu'au début, mais ne dépassent guère la ligne d'arrières ou Conchy brille d'un grand éclat ou Kurka s'est heureusement retrouvé. La ligne d'attaque que confectionne toujours son jeu plein de subtilités, mais insuffisamment productifs. Le Zermani loupe, Kohut loupe et le stade chaque fois retentit d'un " oh " qui se répercute pendant des secondes.

LA DEUXIEME PROLONGATION

Elle débute par une attaque de Kayser qui shoot sur Di Lorto, Dominique reprend le renvoi et botte à côté. Marseille a eu chaud. Ensuite Max sert Zermani qui centre en retrait, mais la balle est inutilisée. Peu après c'est au tour de Kohut de fournir sans succès la même occasion. La physionomie du match ne change pas. Une dernière échappée de Kohut est arrêtée par un croc-en-jambe. L'arbitre ne sanctionne pas la faute. Cette rencontre mémorable se termine par un match nul.

Les joueurs de l'O.M. seront reçus ce soir à la présidence de la Chambre, où M. Bouisson les a aimablement invités à sabler le champagne.

CONSIDERATIONS

 La principale constatation de cette rencontre réside dans l'invraisemblable malchance des joueurs Marseillais. Ils auraient dû gagner le match en première mi-temps où les buts Rennais furent constamment à leur merci. La ligne d'attaque se joua de l'adversaire avec une facilité qui laissait prévoir un tout autre résultat qu'un match nul. Après cela, il est difficile de faire la critique d'une rencontre où seul un onze essaie de réussir quelquefois à jouer au football.

 L'offensive marseillaise procéda dans un style pur, mais sa stérilité trouve sa relation dans cet incompréhensible retenue de tirer franchement au but. Devant des arrières de la force de Rose et de Sefelin, il ne fallait pas abuser des travaux d'approche. Le tir rapide, sec s'imposait. Pour l'avoir essayé une fois, Alcazar inscrivit le plus beau but de la rencontre.

Ceci dit, un mot sur le trio intermédiaire qui se confine exagérément dans l'attaque, faisant fréquemment pour ne pas dire toujours, Dominique et Kayser opérer à leur aise. Les échappées souvent dangereuses des Rennais trouvèrent ces deux hommes à l'origine. Il a fallu toute la sûreté de H.. Conchy et de Kurka pour éviter une défaite que l'on pouvait envisager. Di Lorto eut des interventions merveilleuses, des arrêts miraculeux. Si Collet avait été menacé de shoots aussi précis, aussi dangereux, Marseille l'aurait emporté par une marge de but élogieuse.

En résumé, Rennes peut s'estimer heureux de bénéficier d'un match nul. Par contre, Marseille a laissé échapper une excellente occasion de participer aux demi-finales. Ce n'est certainement que partie remise.

M. RAFFAELLI

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