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Résumé du Petit Provencal

du 17 décembre 1933

 

O. MARSEILLE : 3

O.G.C. NICE : 0

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Les Gymnastes se sont vus infliger aujourd'hui une défaite cinglante, parfaitement régulière et qui leur fait bien toucher du doigt la réalité, à savoir que les Niçois sont bien à leur place en queue du classement.

Si encore les locaux pouvaient s'ennorgueillir d'être des joueurs corrects, ce ne serait que demi-mal, mais n'ont ils pas, hier provoqué de regrettables incidents dont nos amis Marseillais ont été les victimes. Bessero, en particulier, semble de puis sa sélection comme remplaçant, avoir perdu la juste notion des choses. Est ce correct, de la part d'un joueur, de venir au centre du terrain frappé un adversaire ? Surtout lorsque celui-ci, et c'est le cas pour Eisenhoffer, se montre de la correction la plus exemplaire ? Non Bessero a, hier, perdu beaucoup de l'estime des sportifs locaux.

Pour en revenir au match, disant que celui-ci fut tout à l'avantage des marseillais qui firent très forte impression. Di Lorto fut très bon dans le début du match et eut des arrêts superbes ; il se montra supérieur à son vis-à-vis.

Les arrières et les demis fournirent un travail considérable.

Kohut II, au centre de la ligne médiane, eut un début pénible mais se racheta après, pour terminer très fort et très vite.

Des avants, les deux meilleurs furent Alcazar et Boyer. Le premier par son inlassable activité, le second par son opportunisme.

Des locaux, peu à dire sinon qu'après un brillant début qui ne fut que feu de paille, ils furent réduits à une défensive serrée. Bessero et le grand fautif des incidents et rien que cela efface la très bonne partie qu'il fît.

Les deux arrières, Magnon fut le meilleur. Tandler était souvent pris de vitesse. Des demis Logez émergea. Rier étant inexistant durant sa courte exhibition et Séméria faiblard. La ligne d'avant regarda jouer les lignes arrières après avoir été en actions pendant cinq premières minutes du match. L'arbitrage de M. Bouture ne satisfit pas le public. Il est vrai qu'il commit de nombreuses erreurs.

En résumé l'équipe niçoise semble bien parti si elle continue pour sa descente en division inter-régionale.

Au contraire des marseillais ne montrèrent une équipe homogène démontrant que sa valeur n'était pas affaibli par les déplacements et qui continuera à faire parler d'elle en championnat et en Coupe de France.

LA PARTIE

Les équipes se présentent dans la formation suivante.

Nice.- Bessero, Tandler, Magnan, Lemrie, Rier, Logez, Kramer, Sentuberry, Rodes, Villaplane et Kailx.

O.M.- Di Lorto, Kurka, H. Conchy, Charbit, Kohut II, Rabit, Kohut I, Eisenhoffer, Boyer, Alcazar et Zermani.

C'est M. Bouture, arbitre fédéral d'Amiens qui va diriger la partie. Le public est exclusivement nombreux et houleux ; l'équipe marseillaise est accueillie par de longs applaudissements.

Les niçois se montrent les premiers menaçants d'abord par Rode, puis par Kramer ; celui-ci est bousculé par deux fois par Kurka, puis les visiteurs s'organisent et avec plus de netteté l'aile Alcazar-Zermani, inquiète la défense niçoise.

Un effort personnel de Villaplane échoue sur Di Lorto en grande forme, puis Kramer manque une belle occasion sur service de Rier.

Les aiglons niçois semblent augmenter la pression et il faut tout le brio de la défense adverse pour rendre vain les efforts des lignes niçoises.

Le jeu est surtout très rapide : l'arbitre commet quelques fautes à l'avantage de l'un ou de l'autre équipe, mais seuls une partie du public local s'en montre mécontente. Les marseillais continuent à jeter le trouble dans la défense niçoise ou Bessero et Tandler ordinairement considérée comme vedette perdent leur sang-froid et oblige l'excellent Magnon à sauver maintes situations périlleuses.

Rier, est blessé au bout de vingt minutes et sort. Sur une belle échappée, Alcazar sert Boyer qui marque imparablement. Ce but émoustille les niçois qui repartent de plus belle à l'attaque. Sur une belle ouverture de Rode, Kramer donne à Di Lorto l'occasion de bloquer une balle difficile.

À la suite d'une irrégularité de Charbit, un coup franc est accordé aux niçois dans la surface des réparations ; Villaplane le botte merveilleusement, mais Di Lorto bloque la balle.

C'est ensuite au tour de Bessero de se distinguer en arrêtant par deux fois deux bolides de l'Eisenhoffer.

Sur un cafouillage qui se produit devant les bois marseillais, Conchy dégage, passe un Kohut I qui file le long de la touche et centre sur Bessero qui arrête.

À cet instant, Rier reprend sa place, mais les Niçois semblent ralentir leur allure. Les Marseillais en profitent et Boyer bien servi par Charbit bat une seconde fois le goal niçois.

Les Aiglons semblent découragés par ce deuxième but et laissent plus souvent le contrôle de leur balle à leurs adversaires. Une descente des joueurs niçois est arrêtée par Kurka et peu après la mi-temps est sifflée : Marseille, 2 ; Nice, 0.

La seconde mi-temps voit l'effondrement des Niçois, particulièrement découragés. Au bout de cinq minutes de jeu, Boyer marque à nouveau un but follement applaudi. Les marseillais ne joue pas pour cela la défensive, au contraire ils multiplient leurs attaques.

Vingt minutes avant la fin, Bessero se livre à un geste malheureux sur Eisenhoffer.

Celui-ci ne répond pas mais le public quittant son chauvinisme habituel, justement excédé par la mauvaise tenue de son équipe envahit le terrain.

La partie est arrêtée.

Elle reprendra normalement jusqu'à la fin mais les Niçois ne parviennent pas à sauver l'honneur.

Marseille domine encore lorsque M. Bouture donne le coup de sifflet final.

C'est pour l'O.M. une belle et indiscutable victoire.

MONTAGNE

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 Résumé du Petit Marseillais

du 17 décembre 1933

 

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