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Résumé du Petit Provencal

du 02 janvier 1934

Le F.C. de Sète bat

l'Olympique de Marseille par 1 à 0

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Sète, 1er janvier.

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Ce match qui était le plus capital de la journée, car le vainqueur consolidé sa place de premier, eut lieu en présence d'une belle chambrée, venue de tous les points du Sud-Est. Plus de quatre mille spectateurs se pressaient sur les touches lorsque les équipes firent leur apparition sur le terrain.

Fort ovationné, Marseille entre le premier et aligue l'équipe suivante : Di Lorto, Conchy, Kurka, Charbit, Trees, Rabih, Kohut, Eisenhoffer, Boyer, Alcazar, Zermani, alors que les Dauphins mettent en ligne : Llense, Hilier, Capelle, Dupont, Bukoiq, Gabrillargues, Benouna, Cros, Luckas, Beck, Monsalier.

C'est Marseille qui envoie, mais Cros intercepte et aux premiers échanges de passes on sent que Sète ne se laissera pas faire. En effet, Bénouna, en possession de la balle centre bien et Conchy ne peut que mettre en corner. Il est bien dégagée par Di Lorto, mais Bukovi reçoit l'ustensile et lance Luckas. Ce dernier est bouclé juste à temps par Kurka, qui ne peut que donner un nouveau corner dégagé par Kurka.

La ligne des forwards sétois s'ébranle encore est le point chauffe. Monsalier, bien prêt de shooter, est fauché par Trees, mais l'arbitre accorde un nouveau corner, ce qui fait quatre contre Marseille en dix minutes, c'est dire l'avantage net obtenu par les Dauphins.

Pendant les vingt premières minutes, la balle semble insaisissable pour les Phocéens, qui sont acculés sur leur but ; ils s'en dégagent par grands coups de pieds et vont alors adopter une autre tactique ; celle de la mailloche, qui leur réussit si souvent. L'arbitre, M. Balvay, essaie de les avoirs en main, leur distribue force coups francs. Les horions recommencent et voilà le premier amoché qui est, le pauvre Bénouna, transporté sur la touche. Il ne réapparaîtra plus jusqu'à la fin de la mi-temps.

Alcazar profite du désarroi pour percer et son beau shoot, parti de loin, est cueilli par Llense. Malgré son infériorité numérique, Sète accuse encore un gros avantage. Une action Monsalier - Beck - Luckas est bien près d'aboutir. Di Lorto cueille le shoot du dernier difficilement ; cela ne fait pas l'affaire des Marseillais, qui recommencent leur jeu à l'homme et à son tour Cros doit aller sur la touche, gravement touchée par Trees, lequel est rappelé à l'ordre par le référee. La foule commence a en avoir assez et conspue largement les fautifs qui ne s'arrêtent pas là et Monsalier à son tour est touché, mais il reprend peu après.

Sète domine encore et un coup franc dégage les Olympiens, dans la ligne d'avant s'ébranle, mais Kohut centre dehors. Les Dauphins, faisant preuve d'un réel courage, s'attèlent à la besogne et sur un corner bien botté par Luckas d'un heading impeccable loge la balle hors de portée de Di Lorto, marquant le seul but de la partie. Dix minutes après, avec des l'alternatives indécises dans les deux teams la mi-temps arrive.

Après les citrons, Bénouna et Cros entrent avec l'équipe, mais à peine ont-ils touché la balle qu'ils boitent tout deux et ne seront d'aucune utilité pour l'équipe. Les Dauphins, malgré cette infériorité numérique, feront face à un team qui joue son va-tout et usent de tous les moyens ; ils serrent les dents et malmènent même la défense olympienne. Bénouna, qui marche à cloche-pied, perd toutes les balles ; néanmoins sur une attaque, il passe spasmodiquement à Beck, dans le bolide, qui devait battre Di Lorto est paré par la transversale.

Quelques échappées de Kohut sont dangereuses. Sur l'une d'elles, Llense doit dégager au pied. Boyer et Alcazar aussi menaçants, mais mal soutenu par l'heure demis qui jouant l'homme, se font souffler les balles par leurs vis-à-vis plus actifs, ils cafouillent et ne font rien de bon.

Deux corners contre Sète ne donnent rien et voilà que les Dauphins partent à l'attaque. Monsalier fait des étincelles, brûle le demi et l'arrière et centre court. Luckas reçoit bien de la tête, mais met de peu au-dessus à l'endroit où le goal n'était pas.

Enfin échappant aux demis sétois, Kohut file, mais au lieu d'essayer sa chance, il centre en avant, Zermani et alcazar reprennent bien et marque, mais ils sont hors jeu, seul devant Llense recevant l'ustensile par derrière et le but est justement refusé.

De soutenir un train paraît à neuf joueurs, les Dauphins baissent de pieds ; la foule les encourage, et la fin arrive sur un énervement très compréhensible, consacrant une victoire très régulière les Dauphins, qui auraient pu espérer plus complète, jouant avec tous les équipiers.

À Sète, tout le team joua avec ardeur et surtout avec courage la ligne de demis fut de loin la reine du terrain ; quant à la défense, est commis quelque faute, dont il faut qu'elle se corrige. Un bon point de la ligne d'avants, qui joua pendant toute une mi-temps à trois individualités et qui fit des étincelles.

En terminant, félicitons M. Balvay qui fit tout son possible pour mener à bien un match aussi dangereux ; il y arriva malgré tout.

VIGLIOCCO

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