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Résumé du Petit Provencal

du 15 janvier 1934

 

O. MARSEILLE : 2

FIVES : 1

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Comme nous n'avions indiqué, la partie qui mettait en présence Fives et Marseille, était l'une des rencontres les plus importantes de la journée.

Indépendamment de l'enjeu de ce match gros de conséquences pour les deux équipes, pour se convaincre de l'énorme intérêt d'un tel choc il fallait pouvoir jeter un coup d'oeil à l'intérieur, du stade Fernand Bouisson, où une foule considérable envahissait les diverses enceintes du stade de l'Huveaune. Près de douze mille spectateurs en effet, assister à cette partie, qui fut en tout point fort intéressante.

Si dans l'ensemble les Olympiens obtinrent un avantage territorial grâce à leur attaque très en verve et heureuse en combinaisons fort variées, les Fivois soutinrent, eux aussi, avec une certaine vigueur et une technique de bonne présentation, la lutte qui ne cessa jamais d'être ardente.

Les Marseillais, qui avait incorporé dans leurs onze Drucker au poste de demi-centre, en remplacement de Trees, enregistrèrent un bon résultat, tant ce joueur calme et tempéré sut, par un jeu sombre et quelquefois heureux, tenir convenablement sa place beaucoup mieux d'ailleurs qu'il ne l'avait fait jusqu'à ce jour. Son attitude contrairement à celle d'un Trees, permis aux joueurs olympiens de ne jamais se laisser aller à des interventions violentes qui, dans une rencontre de ce genre, pouvait coûter fort cher.

Durant la première mi-temps, l'attaque locale, qui eut la faveur d'un net avantage, ne parut pas se conjuguer à merveille, et ce pendant s'avéra beaucoup plus effectif que sa vis-à-vis. Mais après le repos, Eisenhoffer, pas très favorisé dans ses shoots, eut par ailleurs la nette compréhension d'utiliser Boyer dans le genre employé autrefois par Subrini. Cette entente, jointe au trio d'un Alcazar et d'un Kohut, permis au centre avant olympien de marquer le premier but est d'être à l'origine du second.

Les fivois, au jeu rapide, n'ont cependant pas donné l'impression dans leur offensive, de posséder la classe des Olympiens dans l'art de concrétiser leurs efforts. Il est vrai que le trio Di Lorto Conchy, Kurka s'employa d'une telle façon qu'il était bien difficile de le prendre en défaut.

LES EQUIPES

S.C. Fives : Goal, Dalheimer ; arrières, Cernicky et Gonzalès ; demis, Berry, Eastmann, Laloué ; avants, Libérati, Cheuva, Aoued, Saint-Pé, Menth.

O. Marseille : Goal, Di Lortp ; arrières, Conchy, Kurka ; demis, Schilleman, Drucker, Charbit ; avants, Kohut, Eisenhoffer, Boyer, Alcazar et Zermani.

LA PARTIE

A l'heure prévue, la partie commence. Dès la mise en jeu, les locaux donnent à fond et Zermani est souvent mis à contribution. Quoique étroitement marqué par Lalloué, l'extrême olympien parvient à obliger la défense visiteuse à s'employer à fond ou Gonzales et Cernicky font un travail énorme. L'attaque olympienne se conjugue assez bien, son activité est grande, mais le fini des offensives semble quelque peu laisser à désirer, aussi la situation reste-t-elle longtemps inchangée.

Un loupé de nos backs est bien repris par Liberati, Di Lorto plonge, bloque bien la balle et arrête de justesse. Peu après cette Zermani s'échappe, Alcazar intervient shoote et il s'en faut de peu que le keeper soit battu.

Nouvelle tentative de Boyer, bien lancé par Eisenhoffer met une fois de plus la défense fivoise au travail. Cependant, les visiteurs se défendent avec une certaine sûreté, et sur les renvois incursionnent en terrain adverse. Liberati amorce une offensive, passe à Cheuva lequel resserre l'ailier lillois : le centre échoit à Aoued qui dans sa précipitation perd une belle occasion et la balle est mise en corner. Celui-ci ne donne aucun résultat.

Cependant, une attaque olympienne est poussée par Kohut qui est en bonne position est sifflée hors jeu, décision un peu osée et le repos survient alors qu'aucune équipe n'a pu prendre l'avantage à la marque.

À la reprise, les Olympiens paraissent mieux à leur affaire. Leurs efforts sont plus coordonnés, leur vitesse plus grande et la construction rapide des phases de jeu meilleure. On a l'impression que le résultat attendu ne saurait tarder.

En effet, Eisenhoffer en possession de la balle sert Boyer dans sa foulée, Dalheimer sort de ces bois au même moment et Jean place du gauche la balle dans les filets vides de défenseurs. Cette attaque conçue avec beaucoup de précision et de rapidité de permis pas aux backs de Fives d'intervenir utilement.

Le jeu se poursuit toujours très serré. Quelques heurts sont réprimés avec énergie par l'arbitre qui tient admirablement ses 22 joueurs en mains. Les Olympiens sont toujours très actifs. Un service d'Eisenhoffer permet une série de passe entre Boyer et Alcazar et oblige Dalheimer à sortir de ses bois. Kohut qui a suivi la phase de jeu intervient et par un shoot en biais obtient le deuxième but.

Le jeu est toujours aussi vif, mais l'allure diminue quelque peu. Cependant les Fivois amorcent quelques offensives. Sur un centre de l'ailier gauche, Di Lorto doit intervenir in extremis, Lalloué et souvent dangereux. Un coup franc donne de l'air aux Marseillais et l'offensive qui s'ensuit se termine par un corner. Lalloué dégage par un belle heading en plongeant, Boyer reprend et réussit le but en coin, au même moment où l'arbitre siffle un hors-jeu.

Peu après, Eisenhoffer sert Boyer qui manquent de peu le but. Zermani place également un beau shoot mais légèrement au-dessus de la barre.

Sur le dégagement keeper visiteur, Eastmann lance Liberati qui place un centre shoot que Di Lorto stoppe admirablement.

Les Olympiens attaquent à nouveau pas Alcazar. Charbit aux prises avec Gonzales reçoit un coup de pied et ce dernier, alors qu'il est à terre. L'arbitre n'hésite pas, le met sur la touche.

Peu avant la fin, sur centre de Liberati, Saint Pé reprend de la tête et bat Di Lorto surpris par cette phase de jeu. Le coup de sifflet final intervient alors que Boyer part à l'attaque.

L'arbitre M. Capdeville remplit son rôle à la perfection. Ses décisions furent nettes et surtout énergiques ce qui permit à la partie de se dérouler normalement.

G. DARBOS

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 Résumé du Petit Marseillais

du 15 janvier 1934

 

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