OM1899.com

 

Résumé du Petit Provencal

du 10 septembre 1934

O.M. : 7

ANTIBES : 2

 ____________________

 

Victoire large que celle acquise hier au stade Fernand Bouisson devant un public nombreux, par les Olympiens qui jouaient leur premier match de championnat " at home ".

Pendant une demi-heure, d'issue de la rencontre était moins certaine, car les deux teams après avoir fait un jeu à peu près égal, n'étaient pas parvenus à scorer. D'une part, les Marseillais procédaient avec plus de calme et de précision, tandis que leurs vis-à-vis, grâce à de nombreuses actions individuelles, semblaient vouloir éviter une marque en début de rencontre. Ils y parvinrent donc pendant assez longtemps, mais la logique voulait que ceux qui s'avéraient les meilleurs dans le jeu d'ensemble prennent le dessus. C'est ce qui se produisit et la mi-temps survint sur le score de 3 à 0 en faveur des locaux.

Après un départ très rapide et envahissant au début du deuxième half, les Azuréens ne tardèrent pas à subir à nouveau l'emprise de leurs vis-à-vis, emprise qui se traduisit par quatre nouveaux buts, encore qu'Alcazar loopa des quantités de points " tout faits ". Comme pour tous les matches de cette importance, le jeu fut sec et même plusieurs joueurs, de part et d'autre, furent " sonnés ". Antibes jouant avec beaucoup de coeur, après s'être brisé sur une défense impeccable, parvint par le truchement de l'ailier gauche Rodriguez, a marqué par deux fois.

La pluie fit son apparition au moment où M. Marenco, l'arbitre de la partie, renvoyait les équipes aux vestiaires.

LES EQUIPES

L'O.M. Se présenta dans la formation suivante :

Di Lorto

Max et Henri Conchy

Charbit Schloupek Rabih

Zermani Alcazar Roviglione Eishenoffer Kohut

Le jeu fournit hier par les onze ci-dessus est très prometteur pour l'avenir. Belle entente et coordination complète entre toutes les lignes. Jeu de passes très brillants, sans exagération ; à peine peut on reproché l'excès de dribbles chez Alcazar.

L'intérêt capital de la journée résidait quand la performance du nouveau demi-centre Schloupeck. Impression première laissée par ce joueur il y a trois semaines au cours du match contre le Kispest, n'avait pas été décisive ; il fallait laisser à l'homme le temps de s'acclimater et de connaître ses partenaires. Avouons qu'il a mis les bouchées doubles et qu'il fut hier une des vedettes de la journée. Jeu sobre et juste, plein d'à propos et de précision. Excellente pour lancer les forwards, il se reposa sur ses demi-ailes du soin de soutenir la défense. Schloupeck a acquis hier l'unanime sympathie des spectateurs et il nous apparaît qu'avec un homme de sa valeur, l'Olympique de Marseille peut avoir de grands espoirs.

À ses côtés, Charbit fut brillant, tandis que le Rabih, plus sobre, n'en fit pas moins un travail efficace. La défense fut bonne. Le trio fit preuve d'entente et de sûreté. Encore quelques balles tirées sans direction par Henri, mais nous n'en sommes qu'au début de la saison.

Chez les forwards, les Kohut Eisenhoffer fut à son accoutumé pleine de brio. Roviglione, à l'avant-centre, est très actif ; il a la furia de la jeunesse, ce qui lui vaut parfois d'en oublier sa place, mais l'homme a l'étoffe d'un joueur et avec du temps sans nous faire oublier Jean qui lui laisse une lourde succession, il tiendra, nous n'en doutons pas, son poste à la satisfaction générale.

Alcazar eut hier des hauts et des bas, après une excellente première mi-temps, il donna l'impression de ne plus être dans le mouvement et se paya le luxe de manquer plusieurs buts imparables.

D'un autre côté il eut des dribbles trop nombreux et pas toujours justifiés. Zermani fut régulier et plein d'allant.

En un mot team présentant dès à présent une belle homogénéité. Le résultat obtenu hier est flatteur, et si on a compté avec le goal avérage on peut créditer l'O.M. d'une belle rencontre.

Antibes : Ehms

Bernardi, Meliga

Brehm, Poham, Masset

Rodriguez, Kowacs, Cazals, Fecchino, Klima.

Équipe dans laquelle figurent de belles unités, mais chez lesquelles un manque de cohésion est à noter. Antibes joue en force plus en science.

Le duel Poham-Schloupek fut nettement à l'avantage de ce dernier. Aux demis Brehm se montra le meilleur, disputant avec acharnement la balle et marquant l'homme avec ténacité ; il avait fort à faire pour boucler Kohut, et il réussit de nombreuses fois dans ses entreprises.

Kowacs et Klima furent les meilleurs avant du team, faisant preuve de beaucoup d'activités ils n'eurent pas la possibilité de réaliser pour plusieurs raisons. D'abord défense excellente adverse, ensuite le reste de leur ligne ne joua pas à leur cadence. Cazals nous apparut toujours le même avec ses qualités et ses défauts ; Fechino fut assez effacé. Enfin Rodriguez qu'on oubliait presque, fut le réalisateur, sur deux actions qu'il mena avec brio, battant Di Lorto chaque fois.

En défense, Ehms évita de nombreux buts à son équipe, ses backs ne le soutinrent pas avec toutes efficaces souhaitables.

LA PARTIE

Dès le départ, L'O.M. bénéficie d'un coup franc sans résultat et peu après Roviglione manque de peu le but. Coup franc contre Charbit, mauvaise interception de Henri, Di Lorto et hors des bois. Kovacs en possession de la balle tire, 5 mètres, mais Schloupeck, bien placé, sauve son camp. Alcazar puis Roviglione mettent de peu à côté.

Le jeu est très rapide, Brehm à un travail très efficace, malgré cela Kohut perce mais sa fuite est arrêté par Bernardi.

Grande volonté dans le team olympien qui joue une défense très serrée et qui ne manque pas une occasion de partir à l'attaque. Charbit et les deux Conchy brisent tout.

Bien servi par Schloupeck, Kohut se replie et cède à Rvoglione une balle que l'avant-centre n'a qu'à pousser à l'intérieur ; il y a vingt-trois minutes de jeu.

Trois minutes après, une combinaison Charbit, Zermani, Alcazar, Kohut, se termine par un shoot à bout portant, l'O.M. : 2.

Sur le renvoi, les visiteurs s'installent un moment devant les bois de Di Lorto qu'ils bombardent. Mais les cinq forwards antibois qui n'ont devant eux que Charbit se gênent réciproquement est un véritable cafouillage se produit. Antibes ne marque pas. Kohut est à nouveau à l'origine du troisième but ; c'est sur son centre à la vingt-huitième minute, qu'Alcazar, encadré par les backs adverses shootent en puissance et bat Ehms. Sans repos ni répit, la partie se poursuit. Un shoot formidable de Kowacs sur centre de Klima, passe de peu au-dessus.

Ehms cueillent ensuite le ballon sur le genou de Roviglione, et sur le renvoi, Di Lorto intervient avec à-propos. Les services de Charbit sont superbes et souvent applaudis.

Alcazar manque de peu un nouveau but, puis Kohut obtient un corner tiré sans résultat. La mi-temps est sifflée alors que Di Lorto vient d'arrêter un centre shoot de Rodriguez.

Le deuxième half débute par un corner pour Antibes. Cazals joue à droite, Kowacs est passé avant-centre et Klima inter droit. Une échappée Klima-Kowacs se termine par un shoot au-dessus.

Le jeu est sec et dur. L'O.M. ralentit l'allure un moment. Alcazar à plusieurs loupés de taille. Pendant cette phase le jeu de Schloupeck fut des plus brillants, d'une efficacité et d'un mordant rares.

Mais les locaux se ressaisissent. Un shoot éclair d'Alcazar et renvoyé à au-dessus par Ehms. Zermani botte le corner ; Eisenhoffer de la tête reprend la balle est marque le 4e but à la vingtième minute.

Le brio de l'O.M. désempare un moment les visiteurs. Un shoot de Kohut plie Ehms en deux mais le but est paré.

À noter maintenant quelque shoots et essais sans résultat de part et d'autre. Voici que Di Lorto enlève le ballon des pieds de Rodriguez prêt à shooter. Sur le renvoi, Kohut botte, Ehms pare de la poitrine, Alcazar reprend, son shoot est arrêté par Ems, mais à l'intérieur dés filets. O.M., 5 ; Antibes 0.

Le sixième but est inscrit une minute plus tard par Alcazar, à bout portant.

Antibes fait preuve de beaucoup d'énergie, Kowacs met de peu à côté. Schloupeck est visé à maintes reprises, ce qui vaut de nombreux coup franc contre des visiteurs.

Rodriguez, bien servi, s'enfuit sur la touche, se replie et dans sa foulée bat impeccablement Di Lorto à la 87e minute. Ce but est chaudement applaudi.

Trois minutes plus tard, Alcazar, servi par Kohut, marque un septième but en puissance.

Sur le renvoi, Rodriguez a qui échoit la balle, marque un nouveau but foudroyant. La fin est sifflée peu après.

 P. EVIN

..

.

.

.

.

Toute reproduction intégrale ou partielle des textes ou photos est strictement interdite.