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Résumé du Petit Provencal

du 28 octobre 1934

 

L'Olympique de Marseille

après une partie toute à son avantage

s'assure une nette victoire sur Fives

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O.M. : 5 - FIVES : 1

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Pour un samedi, il y avait cependant un assez nombreux public, hier, au stade Fernand Bouisson, à l'occasion de la rencontre Fives-Olympique comptant pour le championnat de France professionnelle.

Les spectateurs présents ne regretteront certainement pas leur après-midi, car sans être classé au nombre des belles parties, celle d'hier fut disputée et vit surtout les locaux se produirent avec une très grande activité et une volonté de s'affirmer exemplaire.

Tout au long des 90 minutes, les Marseillais montrèrent une supériorité indiscutable, variant à souhait leurs offensives et ne laissant aucun moment de répit à la défense adverse. Il fallut d'ailleurs une sûreté et un brio remarquable au trio fivois pour empêcher le quintette olympien d'aggraver d'une façon plus nette le score final. En effet, van Deputte exécuta quelques jolis arrêts et Cerniky et Gonzales intervinrent avec une autorité assez nette et une sûreté suffisante pour enrayer bon nombre d'actions. Cependant, ils le firent avec une certaine rudesse frisant en bien des cas d'irrégularités.

Le onze fivois dans son ensemble ne nous fit pas sur la partie d'hier, bien grande impression. Les joueurs sont rapides, très allant, mais l'on sent que cet ensemble manque de coordination, d'un maître susceptible de faire construire un football raisonné.

Bourbotte qui aurait dû exercer ce rôle a paru bien pâle, surtout vis-à-vis de Conchy qui lui fut supérieur. En aucune occasion, il ne sut lancer son attaque et ne varia jamais son jeu. Pourtant en raison de la remarquable tenue de Charbit et Rabih qui ne se contentèrent point de détruire, mais poursuivirent leur effort jusqu'à l'attaque, le centre demi nordiste par son champ d'action plus vaste se devait de montrer une bien plus grande autorité et une tenue qui eût été profitable à son quintette. Celui-ci qui est composé de bons éléments ne conjugua pas ses efforts. Liberati et Leleu bouclés constamment par les demis ailes marseillais ne purent sortir leurs jeux habituels, ce qui désorienta complètement la triplette centrale, incapable à elle seule de se défaire de l'empreinte Max Conchy.

Ce manque de coordination entre la ligne intermédiaire et l'attaque explique quelque peu les scores élevés enregistrés devant le Racing, le Red Star et hier, devant Marseille.

Comme dimanche passé, la défense locale se montra dans une forme éblouissante, de même que la ligne intermédiaire, où les deux extrêmes firent un énorme travail, surtout Rabih qui avait a faire à un Berry très courageux.

Max au centre de cette formation confirma ses précédentes sorties. Il se fit particulièrement remarqué dans son rôle destructif et parut aussi améliorer sérieusement ses services aux avants. Il réussit quelques jolis déplacements aux ailes, par tirs directs et sur des balles basses exacuta également d'excellentes passes aux inters. En un mot, son jeu s'améliore, le temps n'est pas loin où Max pourra enfin montrer la forme et la classe d'il y a trois ans.

Le quintette s'en donne à hier, à coeur joie. Boyer se dépensa sans compter, fit preuve d'un mordant et d'une activité heureuse.

Enregistrant la brillante partie de Kohut qui jeta constamment le désarroi dans le camp adverse. Dans sa tâche il fut soutenu d'une façon timorée par Koenig dont les qualités sont certaines. Il lui faudra cependant moins dribbler sa balle et s'en tenir à des services directs et décisifs. Dans ces conditions son rôle sera excellent.

Alcazar paru un peu brouillon, il se dépensa parfois à tort au point de gêner Boyer en bonne position de shoot, négligeant ainsi son entente avec Zermani qui pour se débarrasser de la surveillance de Gonzales et Saint-Pé dut s'employer souvent par des rabattements au centre. D'autre part, Pepito dans ses shoots d'une rare puissance, soulève avec une exagération prononcée, sa balle au lieu de la jouer plus latéralement, perdant ainsi en biens d'occasion, le bénéfice de ses efforts.

En première mi-temps Zermani ouvrit la marque sur centre de Kohut et ce dernier en fit de même par la suite sur une phase de jeu identique.

Au cours du second half, dès la reprise, Alcazar a une balle durement shooter laissa sur place Vandeputte, puis Koenig sur service de Boyer, aggrava la marque récidivant d'ailleurs quelques instants après. Sur la fin, les Olympiens eurent un moment de relâchement et sur centre de Liberati, Bara sauva l'honneur de son équipe malgré les interventions de Di Lorto et d'Henri Conchy.

M. Rag dirigea cette partie assez convenablement. Il parut cependant manquer un peu d'autorité et se montra paternelle sur les irrégularités des backs fivois utilisant parfois le système des compensations.

Georges DARBOS

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Résumé du Petit Marseille

du 28 octobre 1934

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