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Résumé du Petit Provencal

du 14 janvier 1935

 

O.M. : 3

LILLE : 1

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Lille a essuyé une défaite, hier, au stade Fernand-Bouisson, mais il ne faudrait pas croire que pour avoir été battus par 3 buts à 1, les Lillois se sont montrés nettement inférieurs à leurs adversaires, tant s'en faut. Nous assistâmes, hier, à l'une des parties les plus équilibrés, les plus disputées, est des plus plaisantes de la saison. Rarement match fut suivi avec autant d'intérêt d'un bout à l'autre, rarement il en fut de si correctement disputé, ce qui ne signifie pas qu'il le fut sans acharnement.

Deux onze se trouvaient, hier, en présence, avec des équipes que l'on peut qualifier de valeur sensiblement égales. Les deux teams pratiquèrent tout au long des 90 minutes un football plaisant, efficace, est dépourvu d'inutiles fignolages. Manque de réalisation chez les Lillois, temporisation chez les locaux, dispute énergique de la balle de part et d'autre en même temps qu'extrême mobilité de tous. Backs plus calme et plus athlétiques à Lille, arrières plus bouillants et plus entreprenants à Marseille avec le tort de dégagement en hauteur, dangereux par vent. Des deux goals, le local fut le plus précis et le plus net.

Quant aux lignes de demis, elles se signalèrent ; celle de Lille par son centre, celle de Marseille par ses ailes, ce qui n'implique pas la non-valeur des autres joueurs mais cela marque les valeurs comparatives des uns par rapport aux autres.

Marseille débuta contre le vent et malgré ce, porta le jeu en camp lillois par Kohut. Pendant cinq minutes, la balle promène en camp visiteur puis Lille obtient un coup franc que Windner botte sans résultat. Les attaques fusent maintenant de part et d'autre. Celles de L'O.M. sont toutefois beaucoup plus dangereuse et Baucourt se signalent à maintes reprises en arrêtant les échappées de Kohut.

Les avant beaucoup jouent par toute la ligne, tandis que Lille voit sa cavalerie tronçonnée par les interventions judicieuses et efficaces de Rabih et de Charbit, tandis que Bruhin se signale particulièrement sur les balles hautes. Di Lorto arrête un shoot de Symonyi, tandis qu'Alcazar oblige Desfossés à stopper un de ses revers. Puis c'est Piesch, ailier gauche qui s'échappe, mais, serré de près par Charbit, il doit mettre à côté. Kohut en retour, shoote à ras de terre, la balle sort.

A la 28e minute, Kohut, lancé par Roviglione, trompe la défense lilloise, et de 10 mètres bat Desfossés dans le style le plus pur.

La réplique ne se fait point attendre et cinq minutes plus tard, Piesch ayant décramponné Charbit et Cavalli, botte dans sa foulée une balle que Di Lorto ne peut parer.

À Lille, Winckelmans se montre d'une activité rare, sobre et élégant ses services et ses interventions sont toujours efficaces.

Zermani centre, Kohut reprend et passe à Alcazar qui met dehors un but tout fait eut-on cru ! Puis c'est au tour de Roviglione d'essayer son shoot sans succès. Chaque renvoi donne lieu à des attaques ; Winckelmans puis Simonyi tente en vain le but.

Sans négliger l'attaque, Lille resserre sa défense. À la 40e minute, après une action combinée avec Roviglione, Alcazar place dans sa foulée un but imparable. Encouragés par ce résultat, les locaux repartent à l'attaque et augmentent leur pression. À la 44e minute, Roviglione, bien servi par Zermani, marque le 3e but, à la suite d'une descente d'une rapidité extraordinaire.

Le deuxième half débute par un cafouillage devant les bois locaux, auquel succède une échappée de Kohut dans le centre shoot est mis dehors du poing par Desfossés alerté.

Lille accroît son activité malgré le vent qui maintenant le gène. Les locaux, grâce à des services longs, continue à être menaçants et de nombreux shoots, souvent très précis, oblige Desfossés à intervenir.

Tout le reste de ce half sera fait d'attaques et de contre-attaques de la meilleure facture. Malgré tout, le désir des uns et des autres de scorer à nouveau, les défenses ne laisseront plus rien passer, et le coup de sifflet final arrêtera la partie sur la marque acquise en première mi-temps.

À Lille, Baucourt, Windner et Winckelmans se mirent en évidence.

À Marseille, excellente partie de tous les joueurs. Cavalli prend de l'assurance à chaque sortie ; Rabih opéra, hier, un excellent retour, quant au quintette d'attaque, il paraît presque à point pour affronter avec confiance les autres rencontres.

L'arbitrage de M. Moerckx, de Rennes, fut excellent, il fut l'un des plus goûtés du public au cours de la saison. Intelligent, paternel et sévère tour à tour, M. Moerckx s'acquitta à la satisfaction générale et à celles des deux onze de la délicate mission.

 

P . EVIN

 

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Résumé du Petit Marseillais

du 14 janvier 1935

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