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Résumé du Petit Provencal

du 25 février 1935

EXCELSIOR : 4

MARSEILLE : 2

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Il est à penser que le championnat de France professionnelle n'est plus désormais d'un grand intérêt pour certains clubs. Cette épreuve ne peut en effet, refléter une vivacité réelle que pour Sochaux et Strasbourg à égalité de points et désireux de s'adjuger le titre national et aussi pour les dernières places afin d'éviter une descente en série inférieure toujours préjudiciable aux intérêts du club.

La partie qui opposait, hier, au stade Fernand Bouisson l'Olympique à l'Excelsior de Roubaix n'eut pas un caractère véritable de compétition et fut quelque peu jouée avec un manque évident de conviction et de volonté.

Il n'apparut pas, sauf dans le dernier quart d'heure, que l'Olympique désirait ardemment sortir en vainqueur de ce match.

On ne sentit d'autant moins que la majeure partie de la rencontre fut à leur avantage et qu'il pouvait devant la formation roubaisienne bonne il est vrai, mais pas au point de tenir en échec les marseillais sur leur terrain et devant leur public, enlever la décision comme ils le firent d'ailleurs lors du match aller.

Il est vrai que l'absence de Di Lorto fut pour les Olympiens un très dur handicap et que le sympathique Régnier autrefois excellent à ce poste n'eut que le mérite d'accepter de suppléer au keeper titulaire au pied levé, geste dont il convient de tenir compte.

Ainsi si le club local avait eu l'appoint de son gardien de but, étant donné les points indiscutables marqués en fin de partie par nos représentants, on peut dire sans hésitation qu'ils eussent enlevé la décision même avec le peu de conviction dont ils firent montre.

Au fond si cette façon d'opérer d'enthousiasme guère les spectateurs, il ne faut pas en ce moment en vouloir au team marseillais qui a grandement besoin de tous ses éléments, de toute sa vigueur pour le match du 3 mars qui doit l'opposer à Lyon en quart de finale de la Coupe au réputé team de Sochaux. C'est là une raison importante, suffisamment sérieuse, pour ne point se montrer sévère.

Pour le match d'hier, les visiteurs avaient modifié leur ligne intermédiaire en plaçant face à Kohut, le volontaire Lietar, Delmer prenant lui aussi la place au centre de la ligne, alors que Kalmar passait inter gauche.

Cette constitution d'équipe eut le don d'opposer aux locaux une défense mieux armé, plus susceptible d'enrayer les actions des Marseillais alors que le quintette espèrant sur sa seule vitesse d'exécutions comptait vaincre en surprenant la vigilance de la défense locale. En fait l'Excelsior réussit pleinement dans ses projets, mais empressons-nous de dire qu'il y parvint sans phase brillante et par des shoots qui n'eussent point effrayé Di Lorto.

Par contre, les Olympiens surtout, en deuxième mi-temps mirent à l'ouvrage Vincent, le portier nordiste, que se tira toujours fort bien d'affaire. Il dut cependant, sur une très jolie ouverture de Roviglione, concédait un but sur shoot Eisenhoffer, alors que sur coup franc Zermani, très intelligemment portait la marque à deux.

Dans l'ensemble, l'attaque locale prit un bon galop. Seule Zermani ne fut pas très à son affaire, de même que Rabih en demi. Les frères Conchy ne conjuguèrent pas d'une façon suffisante de leurs efforts. Max se montra cependant plus audacieux que son frère.

Chez les visiteurs signalons les arrières et demis qui exécutèrent fort bien leur tâche. En avants, grande vitesse d'exécution, beaucoup de volonté, mais jeu peu lié et efficacité pas en rapport avec la réputation des éléments composant la ligne.

M. Courié arbitra avec clairvoyance cette rencontre. Il ne fit que confirmer la bonne impression que l'on avait de lui, et c'est avec plaisir qu'on le verra officier à nouveau dans notre ville.

 

Georges DARBOS

 

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