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Résumé Le Provencal

du 22 septembre 1958

 

3' suffisent à VALENCIENNES pour estoquer l'O.M. (5-1)

LEGRAND ouvre le score et OLIVER

aggrave lui-même la marque

(D'un de nos envoyés spéciaux : Georges LEOST)

VALENCIENNES (par téléphone) - C'est la pluie qui, accueille les équipes de l'O.M. et de Valenciennes, à l'appel de M. Fauquemberghe.

Les Marseillaises attaquent, et Valenciennes s'empare du ballon et attaque par Lubiato. Péri est sauvé in extremis.

À la 3me minute, les locaux dominent et placent par Liron un shoot qui frôle la cage adverse. À la 5me minute, Stako se fait menaçant et l'arbitre signale hors-jeu alors que Péri était sorti.

À la 6me minute, Célestin Oliver alerte Eschman, Schaeffer plonge sans pouvoir contrôler et sa défense dégage providentiellement.

PERI splendide

A la 8me minute, Legrand surgit dangereusement : Péri s'envole au prix d'un saut acrobatique. Tout aussitôt l'ex-goal aixois décidément en verve, se jette dans les pieds de Stako pour réparer une erreur de Bruneton.

À la 12me minute, Célestin Oliver rate lamentablement la reprise d'un centre d'Hédiart en glissant dans la boue et Ikonga déclenche un bolide que le poteau renvoi.

Six minutes plus tard, au terme d'une rapide combinaison avec Tillon, Ikonga manque son tir. Sur la remise en jeu, Liron l'imite et le jeu s'équilibre, Valenciennes ne faisant pas la loi comme au début de la rencontre.

Le bolide d'OLIVER

A la 28me minute, Puccar tente sa chance, mais sans conviction et de trop loin si bien que Péri n'a pas à intervenir.

Au cap de la demi-heure, Péri en extension, maîtrise la balle devant Baulu.

À la 32me minute, en conclusion d'un excellent travail préparatoire d'Ikonga, Célestin Oliver décoche un très long tir à mi-hauteur, Schaffer plonge, lâche le ballon puis le reprend. Trente secondes plus tard, Marcel sauve pourtant son camp sur un centre de Lubiato, Péri étant mal sorti.

But de LEGRAND

et d'OLIVER contre son camp

A la 36me minute, Valenciennes bénéficie d'un coup franc pour faute d'Alauzun sur Lubiato. Sur cette phase, Péri s'élance, ne peut capter le ballon que Stako adresse à Legrand qui obtient le but en coin.

À la 38me minute, après un cafouillage numérique, homérique, Liron place une tête qui échoue de peu. L'O.M. flotte et Valenciennes en profite.

À la 42me minute, joli centre : Oliver ne laisse à personne le soit de prendre Péri à contre-pied dans l'angle droit de ses buts.

Quand la mi-temps survient l'O.M. s'est ressaisi, mais le score n'en reste pas moins à 2 à 0 en faveur des Nordistes.

PERI sauve

A la reprise, Tillon est ailier droit, Hédiart ailier gauche, Ikonga inter et Eschman avant-centre.

À la 49me minute, pressé par Baulu, Gransart passe en retrait à Péri qui plonge, mais est sauvé par le montant alors que le but semblait acquis.

À la 51me minute, Lubiato centre sur la barre. Péri sans plus de dommages, concède un corner. À la 53me minute Tillon paraît bien partie mais Schaeffer surgit et lui souffle littéralement le cuir.

À la 55me minute, Stako part sur la gauche, transmet à Baulu qui attire Péri avant de mettre la balle astucieusement dans les filets.

À la 57me minute, Célestin Oliver ouvre opportunément sur Ikonga, derrière de tangible n'en résulte.

À la 62me minute, Cauweller manque d'un rien la reprise d'un centre de Baulu et Hédiart botte sur Schaeffer.

PERI encore battu

A la 63me minute, Legrand lance Liron qui dribble le plus facilement du monde Péri. C'est le quatrième but alors que le gardien provençal est à genoux.

Les Valenciennois dominent la situation autant qu'il est possible de le faire, encouragés par leur public.

Les occasions de but se multiplient donnant à Péri le loisir (si l'on peut dire) de se faire applaudir.

Comme pour participer à la réussite des footballeurs locaux, le soleil fait son apparition. Mais il ne donne pas des ailes aux Marseillais, notamment mystifiés et sentant la vanité de leurs efforts.

À la 78me minute, Puccar place un shoot vicieux que Péri met en corner.

À la 80me minute, Cauweller descend tout le terrain avec sérénité. Malheureusement pour lui, son tir frappe l'arrière des filets marseillais.

À la 82me minute, sur attaque Eschman, Provelli en difficulté, bat lui-même son gardien Schaeffer sauvant ainsi l'honneur de l'O.M. et rendant sa politesse à Oliber.

À la 85me minute, Stako botte à côté, mais tout aussitôt le même Stako profite d'une erreur de Péri pour transmettre à Baulu une balle en or que l'ailier gauche transforme prestement en but, le cinquième.

À la 89me minute, sur coup franc, l'Olympien Eschman réussit un retourné et c'est la fin, une fin encore une fois très triste pour les Provençaux.

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L'O.M. n'avait pas de carré magique

VALENCIENNE - Le bel optimisme affiché par M. Zaraya avant la rencontre ne dura guère. D'entrée Valenciennes prit la direction des opérations. Puis, l'O.M. se ressaisit accapara le ballon.

À la 36 minute, pourtant, Legrand porta un sérieux coup au moral les visiteurs en ouvrant la marque.

Trois minutes ne s'étaient pas écoulées qu'Oliver sollicité par un centre de Baulu, battait son propre gardien.

C'en était trop.

En fait, le match était joué et quand les représentants des deux équipes regagnèrent les vestiaires, les dés étaient jetés.

Les buts de Baulu à la 55e minute, Liron à la 63me minute de Baulu encore à la 85me minute n'apportèrent rien à des débats désormais sans signification.

Le point inscrit à Schaeffer par Provelli à la 82e minute n'avait pas davantage de signification : après le coup assommoir très involontaire d'Oliver à Peri, le score n'avait plus d'importance.

La manière

En toute chose, il y a la manière. Si Robert Doumergue peu enclin à critiquer un adversaire aussi malheureux que l'O.M., hier nous faisait remarquer qu'il ne partageait pas notre pessimisme, si Louis Maurer appuyait sur le fait que chaque élément joua de son mieux, ce n'est ni le sentiment de Marcel Poulenc, représentant de l'O.M. à Paris ; "Je n'ai pas vu l'O.M. jouer aussi mal depuis six ans", ni M. Zaraya.

Le président de la section Professionnelle résumée ainsi ses impressions :

"Jouer ainsi c'est honteux".

Les Marseillais qu'il est difficile d'accabler dans leur détresse et grande aujourd'hui se battirent, en fait jusqu'à la 40me minute. À cet instant le sort leur paru contraire, la barque partie alors à la dérive.

Peu importe, avons-nous dit, la marque. La réaction de l'O.M. et navrante, mais compréhensive.

Tout, essayer !

Louis Maurer, à la mi-temps apporta cependant à la composition de son onze quelques modifications. En faisant de Tillon et Hédiart ses ailiers il redonna à Ikonga sa vraie place d'inter, l'entraîneur tenta l'impossible. Hélas c'était impossible.

Le ressort de l'efficacité était cassé et, bien cassé. Deux nouveaux points venaient de s'envoler. Comment expliquer cette défaite.

En l'expliquant réellement, on découvrirait du même coup le remède à apporter.

Or, les choses ne sont pas si simples.

Sans doute Fischbach encore que Péri ait accompli des débuts satisfaisants, Leonetti, Molla et Chicha ont marqué à l'ensemble vaincu du Stade Nungesser, mais le mal ne résiste pas dans ses forfaits.

Sans doute, Oliver connut-il le comble de la malchance en assénant un coup terrible à Péri mais c'était encore insuffisant.

Avec Bruneton assez mal à l'aise, Hedelian, visiblement dépaysé, Oliver et Eschman pas encore au point, l'O.M. affronta Valenciennes sans carré magique.

La défense eut ainsi à accomplir une besogne écrasante d'autant qu'Hédiart plaçait un seul shoot que Tillon ne passa jamais son adversaire direct, qu'Ikonga excellent dans la préparation, ne trouva pas le punch.

Ce sont là probablement quelques vraies raisons.

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Commentaires attristés

sur une équipe fantomatique

(D'un de nos envoyés spéciaux : Marcel SERRES-SUBE)

VALENCIENNES (par téléphone) - Les commentaires sont différents, les conclusions amères.

L'Olympique de Marseille, battu à Valenciennes par 5 à 1, aurait pu, tout aussi bien l'être par un score supérieur, tellement l'inexistence fut la caractéristique que des onze hommes que le sort et la malchance semblent avoir réunis malencontreusement sur un terrain de football.

Ne croyez pas qu'il y ait exagération quelconque.

Hier, c'était le néant du côté marseillais. Rares sont les joueurs qui peuvent être cités autrement que pour leurs maladresses.

Sans espoir

Jamais l'espoir ne sembla effleurer les équipiers de Jean-Jacques Marcel.

Dès le deuxième but obtenu, il est vrai de façon assez heureuse, par Valenciennes, les jeux étaient faits et rien, mais alors vraiment rien, n'allait plus...

Nous plaignons le malheureux Péri qui effectuait ses débuts dans l'équipe olympienne. Il ne peut être rendu responsable de la défaite, c'est avant toute une défaite collective.

Peri réussit d'ailleurs quelques bonnes interventions.

Gransart à lutter avec beaucoup d'énergie. Il contre-attaqua même à plusieurs reprises et à part deux passes hasardeuses faites à son gardien de but, il est à créditer d'un match acceptable.

Alauzun fut très quelconque, sans être franchement mauvais.

Jean-Jacques Marcel : sa classe est réelle, lui aussi tenta quelques contre-offensives mais "baissa les bras" ensuite victime du découragement et du fiasco général.

Bedelian fut dépassé par les événements. Il gardera un mauvais souvenir de cette journée. Bruneton, après un début de partie satisfaisant, se mit à son tour au diapason général en commettant des maladresses.

Hédiart cours, on ne comprend pas pourquoi, car la balle ne l'accompagne pas dans ses évolutions. A tiré pourtant une fois au but.

Célestin Oliver a été l'ombre grassouillette du beau joueur que nous avons connu. Il est devenu brouillon, lourd, maladroit.

Tillon a manqué totalement de hardiesse, de talent.

Eschman a fait de son mieux, mais ses possibilités étaient visiblement fort entravées.

Ikonga fut en fait le moins mauvais des avants marseillais. Termine moins bien ses actions qu'il ne les commence. C'est, il est vrai, un inter et non un ailier.

Valenciennes possède une bonne petite équipe courageuse composée de onze camarades, de onze lutteurs ou la vedette est inconnue.

Se sont faits particulièrement remarquer : Matzky, arrière rude, sachant pratiquer l'offensive ; le demi-centre Provelli, authentique espoir, âgé de 19 ans ; le demi Pucar, les avants Legrand et Stako, Baulu pour sa "production" et Liron en progrès.

Le silence de mort qui régnait dans les vestiaires marseillais après la partie aurait-il inspiré des solutions aux responsables de l'O.M. ?

Le mal semble très profond.

Est-il incurable, comme certains le prétendent ?

Nous ne le savons, mais n'oublions pas qu'il existe une loi punissant la non-assistance aux personnes en danger de mort. Aujourd'hui, nous nous portons partie civile...

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C'était le plus mauvais match

Un entraîneur

heureux

M. Fauquemberge :

"J'ai de la peine pour l'OM"

Après la partie M. Zaraya et l'entraîneur Maurer s'abstenaient de tout commentaire.

Mais le supporter fidèle Marcel Poujene disait : "Depuis que je connais l'O.M. et que je suis ces parties, c'est le plus mauvais match que l'équipe ait jamais fourni. C'est la catastrophe !

Poujene essayait en vain de comprendre

Domergue, entraîneur de Valenciennes est un homme heureux et il y ne craint pas d'affirmer cet état d'âme et d'esprit.

En pleine entente avec ses dirigeants, il entraîne au mieux une équipe modeste, courageuse faite de bons camarades.

Pendant l'intersaison les finances du club ont été assainies : 49 millions sont entrés dans les caisses du Club grâce au transfert de Chiarelli, Van Rhijn etc. Alors que 25 millions seulement ont été dépensés pour de nouvelles acquisitions.

Et Domergue conclut : "Pour l'O.M. je suis navré du résultat de ce jour. J'espère que l'équipe marseillaise saura réagir en temps voulu".

M. Fauquemberghe, qui arbitrait le match Valenciennes O.M. était félicité, après la partie pour sa façon dont l'une avait dirigé le match.

Interrogé sur le résultat acquis par Valenciennes, M. Fauquemberghe nous dit : c'est incroyable, je ne peux imaginer que ces joueurs au maillot blanc sont ceux du glorieux O.M. et sérieusement j'ai de la peine en constatant la médiocrité actuelle de l'O.M. C'est incompréhensible.

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