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Résumé du Petit Provencal

du 22 avril 1935

 

O.M. : 4

RENNES : 1

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De la rencontre qui s'est dispute hier après-midi, au stade Fernand Bouisson, en ne saurait retirer le moindre enseignement pour le match qui, dans quinze jours, va remettre en présence à Paris cette fois, est en finale de Coupe, Rennais - Olympiens.

Il était trop naturel que les deux teams qui aspirent l'un et l'autre à la gloire prochaine n'est voulu compromettre leur chance par un affaiblissement toujours possible de leurs moyens. C'est pourquoi nous eûmes en présence deux équipes représentatives assez mixtes et partant, jouant bien au-dessous de leurs possibilités. Quatre ou cinq remplaçants dans chaque camp, on avouera qu'il y a là plus qu'il n'en faut pour transformer la valeur des " onze ".

L'exode pascale, d'une part, un temps maussade autre part, la connaissance des équipes enfin, contribuèrent à ce que la foule ne fut pas, hier, des plus denses (comme elle l'eut été si ce match avait dû se dérouler dans trois semaines, n'en doutons pas).

Quoi qu'il en soit c'est avec un vent gênant et soufflant par rafale que les équipes se présentèrent dans les formations suivantes :

Rennes : Collet, Pleyer, Roze, J. Laurent, Le Moal, Gardet, Couet, Schneider, Boccon, Bernasconi, Cahour.

Marseille : Bistolfi, Max et Henry Conchy, Charbit, Kurka, Ugona, Zermani, Alcazar, Roviglione, Koenig et Durand.

Deux mi-temps bien dissemblables constituèrent le jeu. Si la première fut faite de belles actions, si elle fut fertile en phase agréable, la deuxième par contre fut excessivement hachée brutal parfois, " ficelée " souvent jouée au ralentit par a-coups à maintes reprises pour finir très fort dans le dernier quart d'heure.

L'Olympique avait le match gagné à la mi-temps car les trois buts contre rien inscrit (1 par Alcazar (penalty), 1 par Zermani, 1 par Roviglione, quand vint le repos ne paraissaient par devoir constituer un handicap susceptible d'être remonté par des hommes de Roze. Et pourtant, avec un peu plus de chance, ajoutée à plus de précision et de netteté dans les shoots rennais, la partie eût pu être beaucoup plus passionnant au cours du deuxième half.

L'O.M. pendant ce laps de temps ne joua guère que par Henri, brillant défenseur ; Charbit et Ugona, qui enrayèrent maintes offensives.

À la quinzième minute, Rennes avait ouvert la marque par Baccon malgré un superbe plongeant de Bistolfi. Ce but fut suivi de bon nombre de tentatives pas heureuses. À la 35e minute, Zermani, par un heading très claire, sur corner aggrava le score en faveur des locaux.

À ce moment-là, Roze qui veut forcer la victoire passe avant centre, mais les Marseillais, de leur côté, se sont ressaisis et le dernier quart d'heure et des plus disputés, sans que rien ne soit marqué, malgré ce regain d'activité et d'ardeur.

COMMENT ILS ONT JOUE

Chez les Rennais : Collet ne s'avéra pas goal de grande classe, trop imprécis dans ces blocages, interventions à retardement.

Des deux arrières, Roze fut le plus puissant, et le plus efficace ; difficile à passer il commit peu de fautes ; son voisin Pleyer ne fut pas à son gabarit.

Chez les demis, le plus en vue fut certainement Gardet dont la vitesse fut très remarquée, Jean Laurent continua la série de ces exhibitions pas toujours goutées à Marseille.

Enfin Le Moal n'eut aucune peine pour prendre le meilleur sur son vis-à-vis, sans pour cela se réveler un pilier de grande tenue.

Aux avants : les intérieurs et Schneider et se Bernasconi firent de jolies choses mais manquèrent souvent d'à propos, toutefois, Bernasconi sut assez bien ouvrir sur son ailier et utiliser son avant-centre.

Ce dernier : Bosson s'il ne possède pas une taille imposante, s'est montré le plus brillant et le plus dangereux des attaquants rennais il ne dut qu'à des intervention in-extremis d'Henri Conchy de ne pas égaliser pour elle dans la première phase de la deuxième mi-temps.

Cahour, très rapide, fit un premier half honorable mais fléchit énormément par la suite ; enfin Couet compléta la ligne sans plus de brio que ses coéquipiers.

Chez les locaux : Bistolfi eut des arrêts impeccable et fut aidé par une bonne part de veine ; malgré ce il fut de loin le meilleur portier.

Les deux frères Conchy furent de bons défenseurs ; Henri surtout eut de belles interventions qui en disent long sur sa forme. On se demandait pour quelle raison, Max, devant le jeu inexistant de Kurka au poste de demi-centre, ne fit pas montre de son savoir-faire ! Car il est évident que si Kurka peut faire un excellent arrière il ne possède pas (en ce moment tout au moins) les qualités requises pour tenir le rôle de pilier.

Ugona, un jeune dont l'essai fut des plus prometteurs, se dépensa sans compter, il couvrit un terrain énorme, et tout au plus peut-on lui reprocher d'avoir conservé des dégagements d'arrière plutôt que de services de demi.

Charbit, toute auréolé de son récent match international, ne fut pas au-dessous de sa forme.

Chez les avants, le trio Zermani, Alcazar, Roviglione ne donna pas l'impression de pousser à fond ; les actions des trois hommes intervinrent dosées.

Koenig et Durand par contre, s'en payèrent à qui mieux mieux, et contribuèrent pour une large part à l'animation de la rencontre.

Arbitrage assez confus

 

 P. EVIN

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Photos journal "L'Eclair"

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Résumé du Petit Marseillais

du 22 avril 1935

 

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