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Résumé Le Provencal

du 10 avril 1961

 

LES MARSEILLAIS PERDENT ENCORE UN POINT A DOMICILE !

AIX, animé par Gunnar ANDERSSON

n'a fait aucun cadeau à l'O.M. (2-2)

L'O.M. et Aix, pour des raisons diamétralement opposées, craignaient cette rencontre. Pour le premier, il s'agissait de vaincre une équipe mal placée et en forme néanmoins, pour conserver sa chance et son prestige de numéro un provençal.

Les Aixois voulaient éviter les dernières places, mais craignaient le mauvais jour qui conduit au "carton". Tout le monde était très crispé...

On s'apercevait que Rustico et Carnus le semblaient plus particulièrement. Ce fut d'eux que vint le premier but marseillais.

Il eut tout d'abord un mauvais dégagement au pied du gardien, puis une inopportune passe en retrait de l'arrière droit.

Un beau tir de Milazzo

Ce fut Lefevre qui récupéra la balle et centra. Milazzo reçu la balle sur le pied, la fit rebondir, il envoya tout droit dans les filets à la 20me minute... Pour l'O.M., cela commençait plutôt bien.

L'optimisme local ne dura guère, et l'O.M. encaissa très vite un but égalisateur que ces défenseurs devaient logiquement éviter.

Hors-jeu ou pas hors-jeu ?

Nous n'avons pas eu le sentiment que Andersson, démarqué à l'aile gauche, était hors-jeu, pas plus que Damai qui reçut le ballon, au centre. Les défenseurs de l'O.M. restèrent figés. Damai contrôla de la poitrine, et donna à Singier qui s'avança et marqua de près, sans réaction adverse, à la 26me minute...

On alla jusqu'à la pause sans qu'il se passe rien de notable.

Un chef-d'oeuvre d'Andersson

Les dix premières minutes n'amenèrent rien, mais, à 11me Andersson et Damai perçaient, et le dernier nommé plaçait la balle sur la transversale. Les défenseurs marseillais dégageaient mais la balle revenait aussitôt à Andersson. Bien que serré de près par Molla et Misiasek, L'ex roi des buteurs jonglait avec la balle et se la plaçait sur le pied gauche. D'un un tir tendu à ras de terre et Aix menait à la marque.

Stupéfaction dans le stade. Les supporters aixois n'osant en croire leurs yeux, sans plus d'ailleurs que ceux de l'O.M... il restait trente-quatre minutes à l'O.M. pour refaire son retard et tenter de vaincre.

Les Marseillais s'y employèrent avec plus de courage que de brio, tandis que les Aixois se repliaient massivement.

Milazzo égalise

Après un lob de Bruneton, renvoyé de la tête sur la ligne par Rustico (59me minute), un bel arrêt de Carnus sur tir de Milazzo (63me), un centre de Lefevre mit difficilement en corner (67me), Milazzo réussit à égaliser de près, malgré Camoin et Carnus, à la 70me minute.

Après ce but, l'O.M. continuera à dominer très nettement les Aixois, toujours repliés, et dont quelques-uns donnaient des signes de faiblesse. Mais Singier, Andersson et Damai montraient par quelques contre-attaques qu'il fallait compter sur eux.

La dénomination de l'O.M. fut marquée par un tir au-dessus de Vescovali (73me minute), un sauvetage de Carnus dans les pieds de Milazzo et Sansonetti (75me minute), et quelques corners...

À la 80me minute, sur coup franc donné par Kominek, Sansonetti partait seul, mais ne parvenait qu'à pousser la balle dans les bras de Carnus.

Alors que l'arbitre consultait son chrono, l'O.M. obtenait un corner et l'on voyait mêlés, 21 des 22 acteurs de la rencontre devant la cage aixoise. Cela n'empêchait pas l'O.M. de perdre une fois de plus un point sur son terrain, le dixième !

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Le Stade Vélodrome est-il

un terrain maudit pour l'O.M. ?

À la 16me minute de la partie, faisant suite à une hésitation de Carnus et à une mauvaise passe en retrait de Rustico, la balle revient à Lefevre. Ce dernier centra habilement sur Milazzo. Un contrôle, une frappe sèche au premier rebond... Et l'O.M. menait par 1 à 0.

Derrière nous, dans les tribunes, un spectateur enthousiaste s'écria :

"Allez les Marseillais, la demi-douzaine !"

En faisant la part de l'exagération méridionale, il est bien certain, qu'à ce moment de la rencontre, la victoire de l'O.M., paraissait très probable.

Deux opinions intéressées

On connaît déjà la suite, elle vous est longuement décrite par ailleurs, mais déjà une question se pose :

"Le stade vélodrome est-il un terrain maudit, pour l'O.M. ?"

Voyons d'abord ce qu'en pensent les deux adversaires de ce derby des Bouches-du-Rhône.

Après la rencontre, M. Germain Reynier nous a dit : "Je suis désolé pour l'O.M., mais nous étions bien obligés de jouer le jeu.

Avouez, cependant, que notre équipe a fait un bon match."

Quant à Lucien Troupel, évidemment "catastrophé", il nous a déclaré :

"Je n'y comprends rien. Le moral de mes joueurs et excellent. L'importance de cette rencontre ne leur a pas échappé ; et pourtant, ils ont été méconnaissables. Entre ce match et celui de Boulogne, c'est la nuit et le jour..."

Un beau but d'Andersson

D'un point de vue objectif, on ne saurait donner tort, ni à Germain Reynier, ni à Lucien Troupel.

L'A.S. Aixoise, en dépit de quelques erreurs défensives assez grossières, a produit une impression favorable.

Par rapport au début de la saison, elle semble nettement améliorée.

C'est plus particulièrement son attaque qui, hier, s'est montrée en progrès.

Andersson, auteur d'un but qui nous rajeunit de quelques années se distingua aussi, par l'excellence de sa distribution. Nous n'avons pas revu le grand Gunnar ne demandons pas l'impossible, mais en chef d'attaque encore très valable.

Rossi : le meilleur demi

A ses côtés, Damai bien qu'un peu brouillon, et Singier en firent voir de toutes les couleurs, sans jeu de mots, aux défenseurs marseillais.

On a noté, également, la très bonne partie de Rossi, meilleur demi sur le terrain ; et le travail soutenu, encore qu'entachée de quelques imperfections de René Paulo et de Chebira.

En défense, où Camoin se battit avec beaucoup de bonne volonté. Carnus et Rustico en certainement l'avenir pour eux.

Le tout donne une équipe valant mieux que la "lanterne rouge", qu'elle vient d'ailleurs de passer au C.A.P. et à Besançon.

Un O.M. méconnaissable

Ceci bien précisé, il faut reconnaître que l'O.M. a joué, hier, très au-dessous de sa valeur.

Pour avoir vu les Marseillais assez souvent en déplacement, nous sommes obligés de partager l'opinion de Lucien Troupel.

Il est exact que les garçons comme Bruneton et R. Tellechea, plus particulièrement, furent méconnaissables.

Même des joueurs à la tête ordinairement froide et à la technique assurer, tel Kominek et Lefevre, commirent des erreurs de débutants.

On s'explique mal cette défaillance collective. A peine peut-on supposer qu'elle est due à l'importance de la partie et à l'énervement qui s'en suivit.

Sous le signe de l'énervement

Deux exemples marqueront mieux cet énervement qu'une longue digression.

En première mi-temps, toute la défense s'arrêta, sur un but égalisateur d'Aix, croyant au hors-jeu. Ce qui est une faute impardonnable.

En deuxième mi-temps, sur corner pour l'O.M., le maître technicien Kominek tapa dans le dos de Lefevre, mettant ainsi la balle en camp.

N'insistons pas, il reste aux joueurs marseillais de se racheter, en gagnant à Besançon et à Béziers.

Pourquoi pas, après tout..

Maurice FABREGUETTES.

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Lucien TROUPEL : "Nous allons perdre le championnat sur notre terrain"

Consternation et désolation dans le vestiaire de l'O.M.

M. Zaraya se tient dans le plus petit coin. A peine peut-on lui arracher quelques paroles. Les joueurs eux, sont affalés à leur place. Kominek paraissait le plus éprouvé, non seulement par le match nul, mais aussi par la chaleur.

Lucien Troupel, lui, cherche sans les trouver, des explications :

"C'est extraordinaire, nous dit-il, nous allons perdre sur notre terrain un championnat qui était à notre portée. Car enfin, nous avons pris 14 points à l'extérieur et nous en avons perdu 10 ici.

Pourtant le public soutient son équipe. On parle de béton, de jeu basé sur la contre-attaque... je n'y crois pas. Rien absolument rien n'explique les mauvaises parties de mes joueurs sur leur terrain. Pour moi c'est un mystère."

Germain REYNIER : "Cela m'ennuie pour l'O.M."

Nous avons vu Germain Reynier avant la rencontre et il nous avait fait part de ses pensées "C'est un match embêtant pour nous ! D'une part il nous faut faire le maximum, dans l'esprit du jeu, et aussi parce que nous avons besoin d'améliorer notre classement. Mais nous aimerions bien avoir l'O.M. en Nationale !"

Après la rencontre, les sentiments aixois été très mitigé... Johansson traduisait l'opinion générale "Nous avons conscience d'être passé à côté de la victoire, mais c'est bien pénible d'empoisonner ainsi la fin de saison de l'O.M..."

Et Germain Reynier conclut : "Finalement je suis bien ennuyé pour l'O.M. et pour M. Zaraya. La région a besoin d'une équipe en Division nationale."

 

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