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Résumé du Petit Provencal

du 14 octobre 1935

Pour la première fois et après une brillante partie

L'Olympique parvient à triompher

du Red-Star chez lui

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Marseille : 2 - Red Star : 0

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Paris, 13 Octobre

L'O.M. aujourd'hui a mis fin à une légende. Désormais, l'équipe pourra se présenter sur le terrain de Saint Ouen sans craindre le sort contraire. Elle a acquis une victoire bien méritée qui, d'ailleurs, aurait dû être plus éloquente. Elle l'a acquise grâce à un jeu plus cohérent, plus constructif, productif aussi. Cependant les Olympiens ne cachaient pas leurs craintes avant le début de la rencontre. Une visite aux vestiaires ne nous aurait pas permis de recueillir les pensées des acteurs, mais point besoin de recevoir des confidences pour réaliser l'état d'âme des gens que l'on observe. L'O.M. se souvenait du succès remporté par son adversaire sur l'excellent onze de Sochaux. Aussi, soucieux de se concerter sur la tactique à entreprendre et à suivre si elle répondait au résultat escompté, nous laissâmes nos concitoyens tenir leur conseil dans le calme et le silence.

Dès le début des hostilités, on put se rendre compte que le Red-Star employait la tactique qui lui avait si bien réussi le dimanche précédent. Mais averti par l'expérience de Sochaux, l'O.M. ouvrit le débat à une allure qui laissa supposer que les choses n'allaient pas traîner en longueur. De fait, pendant un long moment l'O.M. accusa une supériorité manifeste. Soutenu par un trio intermédiaire d'une activité débordante, d'une compréhension très nette de sa charge. La ligne attaquante put faire montre de sa valeur. Zatelli qui multipliait ses ouvertures aux ailes reçut en retour une balle qu'il expédia de volée dans les buts de Gonzales. Ce but acquis, les Marseillais augmentèrent leur pression. Max Conchy, Kohut se livrèrent un duel qui jusqu'à la fin du match resta indécis. Le Parisien de fraîche date accomplit comme d'ailleurs dimanche dernier, un labeur formidable, supportant à lui seul la plus grosse part dans la défense de ses buts. Mais le Red-Star parvint à se reprendre sans cependant donner à ses attaques une puissance, une autorité réconfortantes pour ses partisans.

La reprise ne modifia en rien l'allure et la facture du jeu. J'avais oublié de vous dire qu'après vingt minutes, le niveau avait singulièrement baissé. Le Red-Star qui joue toujours à trois avants parvient à limiter les dégâts selon l'expression désormais consacrée. Le jeu évidemment s'en ressent et l'O.M qui avant tout veut éviter toute surprise laisse ses demis très e derrière. Cependant la pression imposée par Bastien, Bruhin, et Curcuru se fait très nettement sentir. Un moment neutralisé, l'O.M. se retrouve et nous fait assister à une exhibition qui soulève des applaudissements unanimes.

Le Red-Star acculé, joue en désespéré. Tous ses hommes repliés font un rempart efficace aux assauts répétés des olympiens. Les corners se succèdent, les shoots se suivent sans amener de changements à la marque. Cependant Roviglione fait un centre plongeant en reprenant la balle de volée, Zatelli réceptionne, contrôle, passe à Janin qui shoote sans hésiter. Gonzales arrête, mais ne pouvant bloquer la balle, la laisse glisser dans les pieds de Kohut vivement rabattu. C'est le deuxième et dernier but de la partie, le but qui concrétise irréfutablement mais faiblement, la différence qui, aujourd'hui, séparait les deux onze.

Ce rapide examen de la rencontre démontre péremptoirement que l'O.M. possède un onze capable de lutter avec les meilleurs. Avant toutes choses il est utile de souligner que les formations qui se produiront à Saint-Ouen ne sont pas certaines d'y cueillir une victoire. Nos concitoyens ont droit par conséquence à des éloges. Ne les leur ménageons pas. Habitués à en recevoir ils y seront sensibles. Cela nous permettra aussi de ne pas ménager nos critiques quand elles se trouveront justifiées

Je ne connaissais pas le onze qui opère dans les rangs olympiens ou plutôt j'ignorais les nouveaux incorporés. Et bien, malgré des défections sensationnelles, la formation de l'O.M. ne se trouve pas le moins du monde affaiblie. J'attendais avec impatience de voir à l'oeuvre Bastien, Janin, Curcuru. Faut-il dire tout de suite qu'ils se sont montrés les égaux de leurs aînés en promotion. J'ai pu apprécier l'intelligence de jeu de Bastien qui, malgré son jeune âge accomplit sa besogne de demi à la satisfaction générale. Curcuru secourut brillamment la défense quand le jeune Moulet, nouvelle recrue du Red-Star, descendait dangereusement vers les buts de Di Lorto.

Quant à Bruhin, c'est le Bruhin que je signalais lors de sa première sortie à Paris. Il pulvérisa complètement son vis à vis Delmer. Il porta à l'attaque, seconda la défense couvrit un terrain énorme. C'est à croire vraiment que la fatigue ne saurait avoir de prise sur lui.

Tous, de la défense à l'attaque, participèrent au succès. Mais une mention spéciale doit être décernée à Zatelli, pour la façon dont il marqua le premier but. Je ne crois pas me tromper en prédisant un bel avenir au niveau avant centre de l'O.M. A ses côtés, Janin qui paraissait en difficultés en première mi-temps, se révéla par la suite véritable constructeur et excellent stratège. De plus, ce qui ajoute à ses deux qualités, il sait tenter sa chance à bon escient.

Kohut, Alcazar, vivent sur leur réputation. On sait qu'elle est bien établie. Ils ne l'ont pas affaiblie aujourd'hui. Roviglione qui avait la lourde tâche et le redoutable honneur de remplacer Zermani, subit cette épreuve avec succès. Certes, il ne fait pas oublier le titulaire, ce n'était d'ailleurs pas dans ses intentions. Il utilisa sa vitesse et son activité au mieux des intérêts de l'équipe. Il participa à l'acquisition du deuxième but et fournit au cours de la deuxième mi-temps, plusieurs occasions qui méritaient une conclusion victorieuse.

Kurka et Cavali dressèrent devant les faibles assauts parisiens, un rideau impénétrable. Leurs interventions rapides, décidées, quelquefois "audacieuses" ne laissaient aucun espoir aux attaquants adverses. Di Lorto ne pouvait être battu aujourd'hui. Les quelques rares balles qui lui furent adressées ne présentaient aucun danger pour ses buts.

M. RAFFAELLI

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