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Résumé du Petit Provencal

du 04 novembre 1935

 

APRES UN MATCH QUI FUT MEMORABLE

L'OM bat Sète par 1 but à 0

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C'est Kohut qui, en première mi-temps, inscrivit le but vainqueur,

et ce devant plus de douze mille personnes

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On a suffisamment épilogué sur l'attrait des rencontres Sète-O.M. pour qu'il soit besoin de remettre en mémoire la vieille rivalité amie des deux grands clubs de notre ligue.

Pour ne pas faillir à la tradition, c'est devant un public record que se déroula cette rencontre reine de la journée des championnats. Toujours pour ne pas faillir à la tradition que de biens rares exceptions toutefois ont moins démentie que consolidée, les visiteurs ont été battus par les visités.

A la 18' minute, se plaça le seul but de la partie, oeuvre du tandem Kohut-Janin, le premier occupant le poste d'inter, l'autre celui d'ailier. Ce but fut de toute beauté, il fut aussi d'une clarté extrême et tant il fut rapide en sa science, que Llense bien placé pourtant, ne put rin au shoot qu'à contre pied Kohut expédia à ras de terre dans le coin opposé.

Plus tard, au cours de la deuxième mi-temps, le même Kohut, à la 16e minute; eut bien dans son déboulé, un shoot magistral qui ne fut stoppé que par le fond des filets, mais les Dauphins ayant réclamé par le truchement d'Hillier, M. Raguin arbitre, fut obligé de convenir que le filet était troué sur le coté, et que le ballon était passé par là... La décision de ne pas accorder le but était conforme à la réalité, puis que Kohut avait son shoot bouché par Llense à la parade contre la barre ; il fallait donc que la balle passa d'un coté ou de l'autre da gardien sétois : n'étant pas passée par l'intérieur du terrain, il fallait qu'elle ait pénétré par une petite porte... mais l'illusion avait été parfaite. Le but d'ailleurs aurait été mérité.

Il aurait d'autant plus été mérité que tout a long des deux mi-temps, à quelques phases près, les locaux eurent l'exclusivité de la direction des opérations. Au cours du premier half tout d'abord après une mise en train "avec le grand braque" comme diraient nos confrères spécialisés dans le cyclisme, Llense eut à subir les assauts maintes fois répétés de la cavalerie marseillaise puissamment soutenue par une ligne intermédiaire d'une activité débordante, et dans laquelle chaque élément surclassa sou vis à vis. Les arrières locaux ne commirent pas de fautes sérieuses, du moins elles furent sans conséquence, puisque rien ne fut marqué contre l'O.M. Il convient de dure que Di Lorto à son accoutumée, fournit un grand match, et ses interventions, sans être aussi nombreuses que celles du keeper sétois, furent toujours opportunes.

Chez les Dauphins cette première mi-temps fut conduite avec une certaine réserve de la part des lignes intermédiaire et arrière. Quant à l'attaque, Bastien, le demi marseillais, annihila presque à chaque coup les tentatives de Benouna et de son inter. L'avant entre Ironio ne produisit pas la grande impression attendue. Très bon joueur, certes, mais sobre et parfois timoré, il eut en Bruhin un adversaire qui maîtrisa ses actions. L'aile droite avec Monsallier, fut beaucoup plus dangereuse au cours de la première mi-temps, et c'est pas ele que furent amorcées les plus belles offensives sétoises.

Chez les demis, Hillier couvrit un terrain énorme et n'oublia pas qu'il fut back jadis, hier il était un troisième arrière ; Gabrillargues sortit une partie honnête, sans plus, et nous eussions aimé le voir aux prises avec un avant centre "mieux dans le bain" que ne l'était Roviglione. Certainement si Zatelli avait tenu sa place, le pilier de l'équipe de France se fut trouvé handicapé.

Accimovitch enfin, fit un début de partie étincellent, puis se calma par la suite.

Les arrières Franquès et Ben Bouali, sont des hommes de valeur précieux pour le gardien de but. Leurs interventions toujours opportunes évitèrent bien des essais. Llense enfin, fut le Llense des grands jours, et c'est tout dire.

Cette première mi temps s'était déroulée a une vitesse rare, et il apparaissait intéressant de voir quelle serait la tactique adoptée par la suite.

Elle ne varia pas, les blancs olympiens reprirent la direction du combat et menèrent la danse à une allure accélérée pendant trente minutes ; Kohut ayant un moment repris sa place à l'aile, on assista à des combinaisons locales très belles et classiques, les essais aux buts sétois se succédèrent, puis n'ayant pas réussi à augmenter leur score, les locaux ralentirent, ce que voyant, les Sétois en profitèrent pour jouer le forcing ; les bits de Di Lorto furent à plusieurs reprises l'objet d'un véritable tir ; dans cette occurrence, la défense locale prouva qu'elle possédait une sûreté digne de l'équipe, puisque rien ne passe, et à la 40e minute, les poulains d'Eishenhoffer repartirent à l'attaque pour atteindre le coup de siffle final en campa adverse.

Partie de bout en bout passionnante. Phases de jeu d'une raree qualité. Rapidité, précision de part et d'autre, furent les qualités prédominantes des deux équipes ou se signalèrent :

A Sète : Benouna, Monsallier, Hillier et Llense.

A Marseille : Janin, Kohut, Bastien, Bruhin, Kurka et Di Lorto.

Hier l'O.M. aurait pu obtenir une victoire plus nette ; il nous est apparu que Zermani joua au dessous de sa forme et fut un ralentisseur par moment dans une ligne plein d'ardeur.

D'autre part Kohut inter, c'était renforcer ce poste ; il est évident qu'un pendant avec Alcazar, le public ne se plaignit pas de la chose, mais tout de même, Kohut n'est pas un inter. Janin au contraire qui faisait l'extérieur serait mieux à ce poste qu'illustra de si belle manière l'actuel entraîneur de l'équipe olympienne. Chacun à sa place et tout ira pour le mieux.

La partie

L'O.M. manque de peu le but sitôt après la mise en jeu, puis Cavalli a un loupé sans conséquence puisque Di Lorto cueille dans difficulté la sphère.

Nouvelle attaque locale ; le but de Zermani frappe sur la barre transversale et revient en jeu. Les dauphins à leur tour lancent leur aile droite ; Monsaillier est arrêté par Curcuru dans sa course au but. Sète nous fait assister à une phase de "fair play" feintes fort belles qui amènent leur ligne devant les buts locaux ; Kurka déblaie, Kohut a un shootà ras que Llense à terre stoppe sans mal, puis c'est Roviglione qui en bonne position, loge la balle dans les nuages.

Accinovitch, le blond Sétois, s'emploie avec brio pour paralyser Zermani; il y réussit fort bien et son travail est plein d'à-propos. Après une attaque sétoise, Kohut bien servi par Janin, biaise et du gauche trompe Llense à ras, dans le coin opposé.

Alcazar servi par Janin, shoote. Llense bloque.

Sète obtient le premier corner de la partie, sans résultat, mais maintenant quelques minutes de jeu en camp local.

Puis Bruhin lance à nouveau son attaque. Deux shoots de Kohut sont renvoyés au poings.

C'est au tour de Benouna de tenter l'échappée ; il parait devoir réussir, quand Bastien intervient et sauve une situation qu s'avérait périlleuse.

Après de nouveaux essais locaux, sans cesse renouvelés grâce à une activité débordante de la ligne intermédiaire. Monsailier bénéficie d'un loupé de Cavalli, mais l'ailier sétois met de beaucoup à coté. Ironio à son tour trouve dans Di Lorto un gardien vigilant, qui, stoppe son déboulé.

Sète bénéficie d'un coup franc contre Bruhin, que Hillier, de 30 mètres, place très au dessus. La mi-temps est sifflée.

Dès la reprise Llense doit renvoyer un shoot local. Cros shoote à son tour de loin et fort au dessus. Zermani à plusieurs reprises, est lent dans ses actions et souvent bien servi ne tire pas le maximum de situations qui paraissent favorables.

Frauques et Ben Bouali tour à tour, font montre de leur savoir faire en endiguant le flot des attaques olympiennes. Puis c'es la réaction sétoise qui se produit ; les bois de Di Lorto subissent un véritable bombardement, mais les backs sont sûrs d'eux aussi, et le danger est écarté.

La partie après un peu de calme s'anime à nouveau. Janin centre, Zermani sert Kohut qui trouve Ben Bouali sur son chemin. Un centre de Kohut est mis en corner par Franques (pas de résultat). Kurka vient lieu aussi jouer "les attaquants". Mais sète se reprend, une descente de Monsailier se termine par un shoot que Cros laisse passer et Fronio shoote à ras mais à côté.

Voici maintenant Zermani qui obtient d'Hillier un corner sans résultat.

Kohut sert ensuite Zermani qui passe à Alcazar, lequel de volée met au dessus.

Au cours d'une nouvelle offensive locale, Gabrillargues tient tête à quatre attaquants locaux et justifie par son cran le bien qu'on dit de lui.

L'OM joue maintenant la défense, Un shoot sétois frappe la transversale et revient en jeu. Llense dégage au poing un corner tiré par Kohut. Les cinq dernières minutes se jouent dans une atmosphères de fièvre, la bale va d'un camp à l'autre, mais rien n'est plus marqué

P. EVIN

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