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Résumé du Petit Provencal

du 13 janvier 1936

POUR LE CHAMPIONNAT DE FRANCE

A Roubaix l'Olympique obtient

un joli match nul sur l'Excelsior

EXCELSIOR : 1 - MARSEILLE : 1

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Roubaix, 12 Janvier.

Décidément l'Olympique de Marseille est bien l'équipe surprise. Après une formation très mixte, le onze phocéen contre toute attention était sorti victorieux, il y a quinze jours, du match qui l'opposé à Fives, voila qu'hier avec un nombre de remplaçants plus élevé, l obtient un score nul avec l'Excelsior de Roubaix.

Ce résultat flatteur pour les olympiens qui auraient très bien pu se traduire par une victoire, prouve une fois de plus qu'avec des éléments moyens, mais plein d'ardeur, de volonté et d'énergie, il est possible d'obtenir de très bonnes choses. Il est certain que les réserves olympiennes abordèrent ce match avec l'esprit bien arrêté de conclure. Ils voulurent montrer que malgré la décision fédérale qui obligeait leur club à jouer à trois jours d'une rencontre capitale pour lui, qu'ils étaient capable d'affronter victorieusement ce coup du sort. Ils y ont en partie réussi. Bel exemple de volonté.

Certes, la tâche des olympiens ne fut pas facile. Les Nordiste possèdent un team qui a fait ses preuves. Il est quelque peu audacieux de lutter avec lui avec des forces diminuées. Il convient de déclarer tout de suite que les Marseillais firent mieux que se défendre ; ils furent également de nombreuses fois dangereux et jamais ne faiblirent devant les assauts de leurs adversaires.

Erevanian qui s'était signalé contre Cannes, fut certainement le héros du match. Il fit preuve d'une splendide assurance de lui-même. Souple, adroit et toujours bien placé, il para avec brio tous les shoots et démontra que sa réputation naissante n'était nullement surfaite.

Très utile aussi, fut la présence de Cavalli, Très adroit sur la balle et excellent sur l'homme il ne se laissa jamais déborder et compléta fort heureusement la défense. Cavalli est certainement en ce moment au mieux de sa condition.

Aux demis, Pascal, surprit agréablement ses camarades, pendant toute la rencontre il fit preuve d'un allant remarquable et fut à l'origine du but marqué par l'Olympique.

Mester, qui jouait au poste de centre demi, fut honnête, sans cependant faire oublier Bruhin. Il faiblit légèrement en seconde mi-temps et ne se montra pas toujours précis dans ses services.

Gorelli, peu à son aise comme demi-aile n'apparut pas toujours très heureux en attaque, se montrant bien meilleurs en défense.

Durand qui remplaçait Zermani, fit preuve d'une louable activité, prit souvent la défense adverse à défaut et participa sans répit à toutes les offensives.

Les débuts de Roviglione au poste d'inter furent satisfaisants. Travailleur infatigable, il joua une première mi-temps avec une très grande autorité. Il eut cependant le tort d'exagérer ses dribbles. Il faillit quelques peu sur la fin du match.

Zatelli, au centre de l'attaque, n'eût pas de nombreux services. Les rares fois où il fut en possession de la balle, il commit l'erreur de ne pas tenter sa chance, alors qu'il eut pu surprendre Gonzalès.

Jannin fut assez long à se mettre en action. Il peut être cependant crédité d'un match excellent. Son entente et ses combinaisons avec Kohut donnèrent beaucoup de mal à la défense nordiste.

Quand à Kohut, toujours aussi précieux, il confirma sa réputation de grand ailier, fut un danger constant pour les Roubaisiens par ses déboulés irrésistibles.

Dans l'ensemble, l'Olympique à fourni une très jolie partie. Quoique dominés, les Marseillais ne se montrèrent jamais inférieurs à leurs adversaires et amorcèrent de belles actions offensives qui avec un peu plus de chance auraient dû trouver un meilleur sort.

A la mi-temps les deux équipes étaient à égalité, aucun but n'ayant été marqué. Ce fut les Olympiens qui les premiers ouvrirent la marque. Six minutes avant la fin, à la suite d'un cafouillage, Pascal shotta fortement en direction des buts et Roviglione dévia la balle de la poitrine dans les buts. Quelques instants les Nordistes soucieux d'obtenir l'égalisation y parvinrent grâce çà un penalty. Il était temps car le coup de sifflet final retentit peu après.

Et maintenant, heureux de cette belle performance, les olympiens vont se diriger vers Paris pour se préparer à la rencontre capitale qui doit les opposer pour la Coupe de France, aux redoutable Sétois.

Souhaitons leur de mieux faire qu'à leur première édition. Ils en sont très capables.

LA PARTIE

Roubaix obtient le coup d'envoi et attaque. Le jeu au début est très spectaculaire. Roubaix rend bientôt l'avantage qu'il conserve une bonne partie de la première mi-temps ; ses essais aux buts sont des plus dangereux, mais Erevanian stoppe tout.

Sur les attaques rapides de Marseille, Gonzalez doit s'employer notamment sur un ras de terre de Zatelli. Puis le gardien marseillais détourne en corner, une balle de Martin et Caezember botte de peu à côté.

Sur la fin, Marseille attaque par son aile gauche et Gonzalez est encore une fois à l'ouvrage. La mi-temps survient sans qu'aucun but soit marqué, Excelsior : 0, Marseille : 0

A la reprise les deux équipes attaquent à tour de rôle, mais sans succès. Pourtant sur shoot de Martin, Erevanian lâche sa balle mais la rattrape. Peu après, Marseille manque une belle occasion sur shoot de Kohut sauvé par Browers.

L'Excelsior parvient à prendre le meilleur et Eravanian est encore en difficulté à la suite d'un corner. A la 34e minute, après une longue phase de jeu devant les buts, Roviglione marque pour Marseille.

Excelsior réagit vigoureusement ; le gardien marseillais et Eisenhoffer se rencontrent et le jeu est arrêté un moment, mais ils reprennent tous les deux ; Hittl, en position de shoot est fauché dans la surface de réparation et c'est le penalty, transformé par Hittl à la 42e minute.

Jusqu'à la fin Roubaix dominera, mais finalement Excelsior Roubaix et Marseille font match nul par 1 à 1.

Jean CAILLOL

 

 

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