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Résumé du Petit Provencal

du 27 janvier 1936

HIER AU STADE FERNAND BOUISSON

Victoire à l'arraché de Marseille

devant Valenciennes

OLYMPIQUE : 1 - VALENCIENNES : 0

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Les joueurs de Valenciennes n'auront pas trouvé grand changement entre notre climat et le leur, malgré un déplacement d'un millier de kilomètre. Le soleil, en effet, brilla... par son absence et la rencontre se déroula sur un terrain boueux et glissant, à rendre jaloux ceux du Nord. Aussi les Nordiste, se sentant là dans leur élément comme poissons dans l'eau, fournirent ils une partie endiablée qui força maintes fois l'admiration du public marseillais, renommé pour sa sportivité.

Pas de handicap donc - à part l'absence d'O'Dowd - pour des visiteurs qui purent faire étalage de leur excellente technique et de leurs qualités de vitesse et de souffle tout au long de la partie. Cette tactique leur réussit puisqu'ils tinrent en respect leurs dangereux adversaires pendant tout le premier half et la moitié du second, moment ou les Olympiens finirent par obtenir l'unique but de la rencontre. Mais, disons que sur leur partie d'hier, les Nordistes méritaient le match nul.

Equipe jeune et sympathique - le public le lui fit bien voir par ses applaudissements répétés - l'U.S. Valenciennes fit jeu égal avec les blancs, grâce à ses inters, Mostchmann et Ignace et à ses demi-ailes qui dominèrent nettement leur vis à vis olympiens. La valeureuse partie fournie par sa défense, renforcée par le demi-centre Plummier, se reflète dans l'étroitesse du score. Chardar à l'arrière fit une partie digne de sa longue expérience, dégageant avec sang froid et pondération. Dans les bois, Parmentier, athlétique et sûr, fut une révélation. Le but qu'il concéda était quasi imparable. A l'aile gauche Wagi, international d'un jour, nous a déçu. Il eut plusieurs fois le but au bout du pied, mais ne sut en profiter, comme d'ailleurs son symétrique Pinteau, à l'aile gauche.

Il fut évident que l'Olympique péchait par ses demi-ailes Pascale et Gorelli, qui nous firent regretter Curcuru et Bastien. Ce dernier qui opérait à l'arrière droit fut très mobile comme à son habitude et sauva maintes fois son camp. Mais il n'a pas le dégagement ni le poids d'un arrière classique, aussi estimons nous que ce poste doit n'être que provisoire, si l'on tient à respecter le principe d'utilisation des compétences.

A ses côtes, Cavalli fit preuves de beaucoup de courage et d'un peu de chance. Il dut redoubler de vigilance, mal soutenu qu'il était par son demi-aile.

Dans les bois, Di Lorto a fourni une très brillante partie et le duel qu'il livra à son vis à vis Parmentier se termina à son avantage.

Nous avons dit que la ligne de demis olympienne fut le point faible de l'équipe, qui eut la chance de s'en tirer à si bon compte. Seul Bruhin, au centre, fut tel qu'on le souhaitait.

A l'aile droite, Zermani très en forme sortit une belle partie et si le score n'est pas plus élogieux, ce ne fut pas faute de centres. Le but victorieux vint d'ailleurs de lui.

Kohut, à l'autre aile, fut également en verve, mais on l'utilisa moins souvent.

A ses côtés, Roviglione joua une partie intelligente et impersonnelles. Mester, plein d'allant et d'initiative se révéla goal-getter de classe. Enfin Alcazar, sens démériter, fut moins brillant que de coutume.

La partie

Dès le début, le jeu est animé. Bien lancé par Roviglione, Mester passe sur le pied de Zermani qui place un bolide du gauche... à côté. Les descentes des rouges sont rapides et bien dessinées. Leurs attaques sont plus nombreuses, sinon plus dangereuses que celles des blancs. Mais le snoot ne part pas.

Le jeu est beau, mais sans conclusion. Coup sur coup, deux buts sont près d'être marqués de part et d'autre : Kohut reprend en force un centre de Zermani, mais Parmentier sauve en corner. Puis Pinteau seul devant Di Lorto shoote, mais celui-ci sort opportunément et stoppe. Un shoot d'Alcazar est encore mis en corner par le goal nordiste en un plongeon classique. Trois corners successifs pour l'O.M. restent sans résultat. Puis, lancé dans le trou par Rovi, Mester met de peu à côté. Enfin un cafouillage devant les buts de l'O.M. donne des frissons aux supporters marseillais, mais Di Lorto est impassable aujourd'hui.

Et le repos survient sur le score vierge de 0 à 0.

A la reprise, l'ardeur est un peu ralentie, mais n'en subsiste pas moins. Un service en profondeur de Rovi est repris en ras de terre par Zermani, mais Parmentier plonge et bloque. Très en verve, Zermani déboule souvent, mais ses centres ne sont pas utilisés.

Les corners se suivent... et se ressemblent en ce qu'ils n'aboutissent pas. Cependant, sur l'un deux, Wagi réussit à marquer, mais M. Conrié avait sifflé un cou franc auparavant.

Enfin Zermani centre et Mester bien placé au point de chute reprend et marque en force dans le coin.

O.M. : 1 : Valenciennes : 0

Les rouges ne sont pas le moins du monde démoralisés, i fatigués par leurs stériles efforts. Ils repartent franchement à l'attaque et Ignace par deux fois me Di Lorto à l'ouvrage. Mais il est dit que rien ne passera.

M. Conrie qui arbitra avec sa compétence coutumière, siffle donc la fin et les joueurs quittent le terrain très applaudis, mais méconnaissable après ce "véritable travail de boueux", comme le fit remarquer à côté de nous le sympathique dessinateur et humoriste S'tick.

Ce sera le mot de la fin.

Albert Mirane

Les équipes opéraient dans les formations suivantes :

U.S. Valenciennes : Parmentier, Thiéry, Chardar, Tison, Plummer, Mauris, Pinteau, Mostchmann, Kowacs, Ignace, Wagi

O. Marseille : Kohut, Roviglione, Mester, Alcazar, Zermani, Pascal, Bruhin, Gorelli, Cavalli, Bastien, Di Lorto.

 

 

 

 

 

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