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Résumé du Petit Provencal

du 16 mars 1936

AU STADE DU FORT CARRE

L'Olympique de Marseille

s'incline devant Antibes

après une dure partie

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ANTIBES : 3. - Marseille : 1

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Pour la première fois en championnat, Antibes a battu Marseille. La tradition est donc morte, mais je dois avouer que ce ne fut pas sans mal et il y a longtemps que nous n'avions assisté sur le stade du Fort-Carré à une partie aussi émotionnantes, aussi serrée. Il est vrai que les matches mettant aux prises Olympiens et Antibois ont toujours eu un piment qu'on ne trouve pas quand il s'agit d'autres rencontres. J'ajouterai même que les spectateurs n'ont pas assisté certes à une débauche de joli jeu, mais durant les 90 minutes ils ont été tenus en haleine car le match à toujours conservé un intérêt fort grand quant au résultat final.

Les Marseillais ont souvent eu l'égalisation à leur portée, mais chaque fois que Ehms paraissait battu, Masset, Kauffmann ou Chaniel renvoyaient le danger et c'est sans nul doute l'équipe qui a joué avec le pls d'ardeur, le plus de cran qui a forcé la victoire. C'est d'ailleurs le team antibois qui en avait le plus besoin et on ne peut reprocher aux locaux d'avoir abordé, joué et terminé la partie avec fougue. Je dois ajouter que les Marseillais ont donné l'impression tout au long de la rencontre de vouloir eux aussi le gain du match. On ne peut d'ailleurs que les féliciter de cela et c'est dans cet état d'esprit avec lequel les vingt deux hommes jouèrent le match qu'il faut trouver l'explication des nombreuses phases assez dures qui jetaient parmi les spectateurs des mouvements divers.

Pour tout dire les Antibois s'étaient plains du match aller au stade F. Buisson et les Marseillais se sont plains du match qui nous occupe. J'ajouterais cependant que le match se termina sans qu'il n'y eut de blessé et ce seul fait est là pour prouver que si le jeu fut heurté, il ne fut pas brutal.

Venons en maintenant aux acteurs :

Di Lorto encaissa un but de plus que Ehms, mais c'est encore ce dernier qui commit le plus de fautes, surtout au cours de la deuxième mi-temps alors qu'on ne peut rien reprocher au keeper national qui ne pouvait rien contre les buts marqués. Mais on ne peut pas en dire de même de Kurka et Conchy qui ne protégaient pas assez souvent leur portier. A ce point ce vue la paire antiboise Masset-Kauffmann fut meilleure et le second nommé a gagné ses galons d'équipier premier.

Par contre la ligne intermédiaire se montra supérieure à sa rivale. Elle joua avec plus de lasse et le meilleur des six demis fut Durand qui comme le vin se bonifie avec les ans. Antibes avait confié le poste de pilier au jeune Chaniel qui a fait montre de qualités.

Quant au avants s'il nous faut décerner la palme à Kohut non pas parce qu'il marqua les deux but pour son équipe, mais bien parce qu'il fut et de loin le meilleur footballeur. C'est la ligne antiboise qui dans l'ensemble se montra la plus dangereuse, car Meliga donna à s es partenaires cette confiance qui jusqu'ici lui faisait défaut.

Il nous faut maintenant parler de l'arbitre , M. Studer, fut sans cesse débordé et on peut presque dire que le match eut pu se dérouler sans lui. Il doit certainement valoir mieux que sur son arbitrage d'aujourd'hui sans quoi se serrait à désespérer.

LA PARTIE

A l'appel de M. Studer, les équipes se rangent dans les formations ci après :

Marseille : but : Di Lorto ; arrières : Kurka et H. Conchy ; Demis : Pascal, Mester et Durand ; Avants : Janin, Bastien, Zatelli, Roviglione et Kohut

Antibes : but : Ehms ; arrières : Kauffmann et Masset ; demis : Seméria, Chaniel et Aman ; Avants : Hudececk, Kern, Méliga, Fechino et Moselli.

Le public applaudit avec chaleur les deux teams et l'O.M. qui a fait cercle au centre du terrain pour saluer les spectateurs, geste que l'on aimerait voir se renouveler à chaque match recueille sa large part d'ovations. Le début est splendide et coup sur coup, Zatelli, puis Méliga, alertent Ehms et Di Lorto, mais c'est la défense des blancs qui est la première sérieusement alertée.

Le jeu est fort plaisant à suivre , d'autant plus que les maillots des deux équipes se distinguent parfaitement, c'est maintenant autour des olympiens de s'approcher des buts adverses et Kohut, par deux fois et dans son style si particulier, sème ses opposants mais Ehms bloque. A la 15e minutes, Janin shoote violemment, Ehms ne peut bloquer et Bastien reprend et marque. Toutefois, l'arbitre n'accorde pas le point, car un avant visiteur a chargé le goal qui était à terre.

Le jeu s'anime maintenant, quelques accrochages se produisent entre joueurs, mais le mal n'est pas grand. A la 20e minute, une descente des locaux crée un cafouillage devant la cage de Di Lorto et - coup de théâtre - Mester qui s'est replié pour prêter main-forte, ne fait qu'aggraver le mal en battant son propre gardien. Pourquoi faut il qu'à cet instant, quelques joueurs se laissent aller à des gestes regrettables ?

Enfin le calme revient mais avouons que l'arbitre n'a pas fait grand chose pour calmer certains joueurs. Marseille est bien près d'égaliser vers la 30e minute, et elle le mérite mais Ehms s'en tire avec tous les honneurs. Les spectateurs devant l'insuccès répété des Marseillais, ne sont pas loin de croire que l'équipe locale va conserver sa maigre avance au score, mais peu avant que l'arbitre siffle la mi-temps, Kohut, pour ne pas faire mentir la légende, égalise pour son club.

Aussi, à la reprise, les actions des locaux n'ont pas la faveur du public, d'autant plus que les joueurs aux blancs maillots se font menaçants, et Ehms souffle "in extremis" la balle à Zatelli. Par contre dix minutes après, alors que Di Lorto s'apprêtait à cueillir la balle, Hudececk surgit entre les deux arrières et loge, d'un retourné, la sphère du cuir au fond des filets.

Comme en première mi-temps, les Olympiens frisent l'égalisation, et cette fois, la chance aide les défenseurs locaux. La ligne intermédiaire de l'O.M. prend le pas sur sa rivale, mais les avants n'ont pas la partie belle devant Masset et Kauffmann ; par contre, Conchy et Kurka s'en tirent avec peine devant les descentes locales et sur l'une d'elles, Méliga, qui s'est montré aujourd'hui un véritable leader, trompe Di Lorto qui n'en pouvait.

Toutefois, Kohut va à nouveau se charger de réduire le score : Trois buts à deux, et il n'ya plus que dix minutes à jouer.

Aussi, on ne pourrait trouver fin de match plus émotionnante, mais le score ne changera pas, et le seul fait important à souligner est l'expulsion du terrain de Moselli et Pascal, mais vraiment M. Studer a fait preuve, en cette occasion, d'une sévérité trop grande, car au cours du match, il avait eu maintes occasions de prouver sa sévérité, et il ne 'en était pas alors servi.

Voila donc Antibes débarrassé pour l'instant, tout au moins, du spectre de la descente, et comme la seconde moitié des matches retour sera moins dure pour elle, on peut avoir confiance pour l'avenir.

 

J. BEGOU

 

 

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