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Résumé du Petit Provencal

du 23 mars 1936

MARSEILLE : 2

ALES : 0

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Sous la pluie et par un vent du Sud Est, l'Olympique de Marseille s'est assurée la victoire par 2 buts à 0 sur le team d'Alès. Victoire péniblement acquise, dirons nous et aussi après une partie quelconque.

En effet, on pensait qu'en raison du demi-succès remporté par les Cévenols sur Sochaux, l'Olympique allait pouvoir s'exhiber avec son talent coutumier et nous faire assister à une rencontre intéressante, surtout passionnante. Il n'en fut pas ainsi.

Dès le coup d'envoi, les phocéens donnèrent l'impression de ne point posséder le même dynamisme qu'à l'accoutumée et comme par ailleurs, les visiteurs fournirent un jeu à défaut de technique, plein d'activité et de volonté, nos représentants ne furent jamais dans le '"bain". Il est vrai à leur décharge qu'ils jouaient dans des conditions atmosphériques peu favorables et que le vent ne leur permettait pas toujours de concevoir avec assurance. Cependant, durant ce premier half, les Olympiens, handicapés par le vent, purent terminer cette première phase de la rencontre sur un score nul.

La cohésion leur fit grandement défaut, surtout en attaque, qui avait affaire à une très honnête défense. Jamais les inters et plus particulièrement Roviglione, lent à l'excès, ne permirent aux ailiers de partir convenablement, tout comme ils ne surent jamais épauler le trio offensif lorsqu'il rencontra une résistance.

La deuxième mi-temps, sans être beaucoup plus intéressante, fut tout au moins plus ardemment jouée et partant un peu plus passionnante. Kohut ne pouvant rien à l'aile permuta avec Roviglione ; Mester épaula un peu mieux l'attaque et dès lors les Alésiens durent faire appel à toute leur énergie pour ne point subir la volonté de s Marseillais. Cabannes, qui gardait la "cage" des mineurs, eut l'occasion de montrer ses belles qualités. Plusieurs fois il sauva ses buts avec brio, mais quatre ou cinq fois la chance le seconda utilement... et les barres de buts également. Cependant l'action de Kohut, intelligente et raisonnée, eut enfin raison du portier alésien et d'un shoot en coin le prit à contre-pied.

Malgré cette première réussite, les visiteurs, qu'un match nul aurait grandement servi pour leur classement, ne se tinrent pas pour battus. A plusieurs reprises, ils tentèrent mais en vain de surprendre la vigilance du Keeper national.

Toujours grâce à de beaux déplacements de jeu effectués par Kohut, Zermani put s'employer de façon plus profitable qu'en début de partie. C'est ainsi que sur l'un de ses déboulés, Cabannes sortit prématurément de ses bois, fut gêné par son arrière Petit et la balle n'eut alors aucune peine à pénétrer dans les buts.

Dès cet instant tout espoir était perdu pour Alès, les Olympiens tentèrent encore d'aggraver la marque. Zatelli loupa un but tout à sa portée, à deux mètres de la cage. Roviglione voulant pousser trop en avant son action en fit de même quelque instants après et la fin survint sur le score de deux buts à zéro en faveur des Marseillais.

Le onze alésien fut surtout remarquable par la volonté, la rapidité déployée dans le jeu. La défense fut la partie la meilleure de son team soutenue d'ailleurs sérieusement par deux demis ailes très mobiles. Quant à son attaque, elle n'est certes pas à dédaigner, mais elle parut imparfaite en plusieurs points. Les ailiers, de même que Pybert, ne surent jamais comprendre les phases amorcées par Padron qui s'avéra un inter de marque et fit de son mieux pour lancer judicieusement ses camarades du quintette. Ceux-ci ne donnèrent d'ailleurs jamais l'impression non seulement de hisser au niveau de l'Espagnol, mais aussi d'être à même de réaliser.

Quant aux Marseillais, ils ne peuvent pas être crédités d'un très bon match. L'équipe manqua de potentiel. Elle ne doit de mieux faire. Mester, en demi, joua beaucoup trop en retrait, alors que Roviglione délaissa totalement Kohut. Il fut beaucoup trop lent et lorsqu'il voulut disputer la balle, chaque fois l'adversaire en eut raison. Alcazar, un peu plus courageux qu'à l'ordinaire, fut lui aussi assez désordonné dans ses services.

Aussi dans ces conditions les ailiers ne purent jamais être utilisés convenablement, de même que le rôle de Zatelli devenait particulièrement difficile. On avait jusqu'à ces jours derniers fait confiance à Janin. Sans avoir été transcendant, ce joueur donna cependant une certaine satisfaction. Pourquoi alors ne pas utiliser au mieux des intérêts de l'équipe, de même que l'entrée de Bruhin pourrait permettre des combinaisons beaucoup plus productives

De l'arbitrage de M. Kissemberger, nous ne dirons pas grand chose. Il est bon cependant de dire que sa clairvoyance ne fut pas toujours exemplaire. Peut être aussi était il mal secondé par ses linesmen.

Georges DARBOS

 

 

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