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Une rouste sur fond d'affaire

PSG-OM 8 janvier 1978. Le président parisien Daniel Hechter radié pour cause de double billetterie, ses joueurs lui offrent un énorme succès sur les Olympiens champions d'automne mais ...

 

 

 

L'OM champion d'automne, c'est rarement une bonne nouvelle. Les dernières fois où cela s'est produit, en 2002-2003, l'équipe d'Alain Perrin a glissé finalement en troisième position et en 2014-2015, celle de Marcelo Bielsa s'est effondrée jusqu'à la 4e place, perdant 14 points sur Monaco lors de la phase retour.

En 1977-78, il s'est produit la même chose, l'OM terminant cinquième. "La blessure d'Hervé Flores en fin de championnat, alors que notre effectif était réduit, nous avait coûté très cher, peut être le titre, sans doute le podium", nous répétait Josip Skoblar l'été dernier. Premier à la trêve, l'OM avait pris une terrible claque à la reprise de janvier, suivie de quatre autres rencontres sans victoire. "Il ne sert à rien de se lamenter de ce revers. Il faut mettre en oeuvre pour le faire oublier, la semaine prochaine contre Monaco, disait Marius Tresor au Parc des Princes. Peine perdue.

Ce match de reprise était très particulier. "La trêve a coupé notre rythme et nos efforts. Nous n'étions pas assez concentrés, pas en mesure de rivaliser sur le plan physique", avançait Francois Bracci." Peut Être que notre reprise a été trop tardive, mais j'estimais que quinze jours de repos étaient nécessaire à nos joueurs", jugeait cependant l'entraîneur olympien Ivan Markovic.

"Bien que j'estime le score assez sévère, les Parisiens ont bien joué, mieux que nous, parce que, visiblement, nous manquions de rythme", confirmait d'ailleurs le manager général Josip Skoblar. "Le Parisiens ont eu plus d'occasions en 90 minutes que toutes les autres équipes réunies pendant la phase aller", précisait le gardien olympien Gerard Migeon, suppléé quatre fois par ses poteaux. "Ils ont marqué leurs buts à des moments importants avec beaucoup de réussite" ajoutait Gérard Bacconnier.

Le début de match avait pourtant souri à l'OM avec un penalty raté par Carlos Bianchi et un autre, en face, réussi par Boubacar Sarr, donnant l'avantage de l'OM. Mais un quart d'heure plus tard, tout était remis en cause avec l'égalisation de François Brisson, futur Olympien (en 86-87, puis à la cellule recrutement dans les années 2010), avant que Mustapha Dahleb ne fasse basculer la rencontre, donnant l'avantage au PSG, Francois M'Pele se chargent ensuite d'alourdir la note. "Croyez-moi, Dahleb, c'est un très grand joueur", remarquait d'ailleurs avec admiration Jean Fernandez dans les vestiaires.

Motivés par "l'affaire"

Ils étaient surtout plus motivés que nous, pour faire plaisir à leur ancien président", expliquait à juste titre Boubacar Sarr, futur joueur et entraîneur adjoint du PSG, entre 1979 et 2012. "Nos adversaires sont entrées le couteau entre les dents, pour prouver quelque chose", ajoutait le président Norbert d'Agostino. "Ils étaient "dopés" par l'affaire et la radiation de leur président". Concluait Roger Magnusson, venu en spectateur au Parc des Princes.

L'affaire ? Une double billetterie découverte au PSG, dans laquelle le président fondateur du club, le couturier Daniel Hechter allait être le seul coupable désigné, radié de son poste par les autorités du foot, interdit de pelouse et de vestiaire, mais toujours très apprécié de ses joueurs et techniciens, qui avaient gagne pour lui, lui offrant le ballon au coup de sifflet final.

"Hechter, Hechter !" Le public du Parc était lui aussi au soutien de l'ex président, vivant une après -midi de triomphe populaire. Il ne devait jamais revenir au club et allait voir aussi, peu à peu, le maillot qu'il avait dessiné, changer de look, au fil des modes. Quant à l'OM, il commençait sa lente glissade, qui se finirait en D2 dix huit mois plus tard. Et attendrait 1989 pour redevenir champion de France mais sans avoir été champion d'automne... 

Mario Albano

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Lien vers la rencontre >>>

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