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Pardo, la "der" de "Ber"

OM-STRASBOURG 9 mars 1991: le milieu défensif olympien ne le sait pas encore, mais il dispute ce soir-là son ultime match sous le maillot marseillais. Blessé quelques jours plus tard au genou, il ne reprendra pas la compétition avant son transfert à Paris l'été suivant

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Ne lui parlez pas du Racing. "C'est une malédiction, ce club me porte la poisse !", souffle-t-il. "Quand je jouais à Brest, je m'étais déjà pété l'autre genou contre Strasbourg", souligne d'emblée Bernard Pardo.

Cette fois, ce n'est pas directement face aux Alsaciens que la blessure est survenue, mais quelques jours plus tard, à l'entraînement, avant un déplacement à Saint-Étienne. Un énorme point noir au milieu d'une période fastueuse, puisque ce couac s'est produit entre les deux quarts de finale de coupe des clubs champions entre l'OM et le Milan AC. "La veille du match à Geoffroy-Guichard, je me suis retrouvé épaule contre épaule avec Chris (Waddle) durant une séance. Il y avait un petit trou et mon genou (droit) a lâché..."

Une attelle américaine

Le traitement de mésothérapie d'abord prescrit n'y a rien fait : "Ber" n'a plus été en mesure de porter le maillot du club marseillais par la suite, malgré les soins prodigués par le regretté docteur Franceschi.

"Au départ, Bernard Tapie ne voulait pas que je me fasse opérer. Il s'est débrouillé pour faire venir des États-Unis une attelle en fer utilisée par les footballeurs américains, poursuit le Gardannais. Il voulait que je reste avec le groupe, parce qu'à l'époque, j'étais relativement important dans le vestiaire."

 

Le miracle a bien failli avoir lieu : malgré sa lésion aux ligaments croisés et au ménisque, l'aboyeur de l'entrejeu marseillais fut à deux doigts de rejouer, en demi-finale de C1. Mais c'était trop juste. "Je faisais les voyages avec l'équipe. À Moscou, je me suis entraîné normalement avec cette attelle. Raymond Goethals m'a alors dit : 'Bernard, ça va ? On dirait que tout va bien, tu peux jouer ?' J'ai répondu : 'Non, non, coach, c'est une demi-finale de coupe d'Europe. Il est possible que je ne puisse tenir que dix minutes et que mon genou cède...' Je ne pouvais pas prendre ce risque, d'autant qu'il n'y avait que deux remplaçants à l'époque."

Pardo a donc suivi la fin de saison 1990-91 depuis les tribunes. L'épilogue de sa courte aventure à l'OM. "Cette blessure m'a massacré. Je suis ensuite parti lorsque Didier Deschamps est revenu à Marseille (à l'issue de son prêt d'une saison à Bordeaux). On jouait tous les deux en équipe de France et je savais pertinemment que je prenais du retard sur lui. Charles Bietry et Michel Denisot, qui venaient de reprendre le PSG, m'ont demandé de les rejoindre à Paris. J'ai fait quelques matches, mais ça ne s'est pas très bien passé avec Artur Jorge...Avant cela, j'avais donc raté la finale à Bari (perdue aux tirs au but contre l'Étoile Rouge de Belgrade), celle de coupe de France contre Monaco (également perdue, 1-0).

 

Et comme je n'ai pas beaucoup joué à Paris, j'ai manqué l'Euro-92 en Suède. Michel Platini ne voulait pas prendre le risque de m'emmener. Quand il est rentré, après l'élimination, il m'a appelé pour me dire que j'étais le premier à savoir qu'il allait démissionner et que s'il avait su, il m'aurait pris. Mais c'était trop tard..."

Le 9 mars 1991, alors que l'OM surclassait Strasbourg dans un Vélodrome aux deux tiers vide (12 790 spectateurs), Bernard Pardo, 59 ans et double greffé du coeur, ne se doutait donc pas que la suite allait être si difficile.

Finalement, le score (4-1) et les buts (deux doublés de Jean-Pierre Papin et Philippe Vercruysse) resteront complètement anecdotiques pour lui.

 

Alexandre Jacquin

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Lien vers la rencontre >>>

Fiche joueur Bernard Pardo >>>

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