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Résumé du Petit Provencal

du 16 octobre 1933

 

Les Marseillais vainqueurs à Paris

(De notre correspondant particulier)

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Paris, 15 octobre 

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Assistance nombreuse au Parc des Princes pour assister au match qui oppose les deux onze réputés. La formation des équipes est la suivante :

O.M. : Di Lorto, Kurka, Conchy, Charbit, Buhin, Rabih, Schilmann, Alcazar, Boyer, Eisenhoffer, Kohut.

R. C. Paris : Stiden, Gautheroux, Diagne, Jordan, Berkesay, Scharwatz, Javureck, Dufour, Delesse, Veinaaute, Galey.

Dès le début, le Racing attaque avec vigueur. Pendant un long moment, l'O.M. joue un rôle passif, coupé par instinct de réaction trop timide pour être efficace. Par Galley et surtout Javutrek la pression parisienne se fait pressante. L'O.M. est pris de vitesse et, cependant, on sent chez le onze marseillais de grandes possibilités. Petit à petit, le Racing ralentit son allure, diminue sa pression. Une descente amorcée par Kohut terminée par Boyer crée une nouvelle ambiance. Bien prêt d'aboutir, cette première et sérieuse attaque donne au onze olympien cette confiance qui paraissait lui manquée. Désormais la rencontre va se dérouler sur un rythme égal. Les deux équipes prenant tour à tour l'avantage.

Cependant, les offensives olympiennes s'avèrent plus dangereuses. Alcazar puis Schilmann rattent une belle occasion de traduire. Par contre le brio de Di Lorto empêche le Racing de prendre l'avance à la marque. Première mi-temps très disputé et très égal. Mi-temps : 0 à 0.

Dès la reprise, l'O.M. bénéficie d'un coup franc à la limite des 18 mètres. Kohut le tire au dehors. L'O.M. attaque. Corner. Résultat négatif. La pression olympienne se fait plus pressante. Bruhin empoisonne littéralement ses adversaires par ses interventions appuyées. Ce joueur et praticablement infatigable. À défaut de finesse, il possède un font inépuisable qui lui permet de parer à toutes les situations. L'O.M. domine manifestement à croire qu'il n'y a plus qu'une équipe sur le terrain. Hiden intervient avec brio à différentes reprises, sur des shoots pas très dangereux, il est vrai.

Le Racing essaie de contrarier les entreprises des adversaires mais l'O.M. donne à fond et opère de dangereuses incursions dans le camp parisien. Schilmann freine l'attaque par une incompréhension inexplicable et qui se traduit par des cris de désappointement de la part du public. De fait, ce joueur à plusieurs reprises rate des occasions qui auraient fait les délices de Durand. Mais Kohut est servi par Charbit et c'est l'attaque qui se développe, rapide, classique, semant le désarroi dans la défense adverse. Le shoot de Kohut succédant à un service de Boyer et arrêtez par Hiden, d'une détente superbe désespérée. Vivement encouragé, les olympiens conservent leur avantage territorial. Enfin sur dégagement d'arrière, la balle parvient à Boyer. Ce dernier envoie sur Schilmann et c'est l'offensive puissante, inexorable se traduisant par un shoot impardonnable de Kohut.

L'O.M. a marqué ! Kohut a battu le prestigieux Hiden. O.M.1 ; R.C.P. 0

Les deux formations donnent à fond. L'O.M. veut conserver son avance. Le Racing désire détruire l'avantage de son adversaire. Ces deux oppositions se heurtent violemment mais l'O.M. conserve la direction du jeu. Mieux même, il inquiète fortement Hiden et c'est miracle que Alcazar, gêné, il est vrai, par Boyer, n'aggrave le passif du Racing. L'effort de ce dernier est méritoire. Il joue sa chance avec une énergie farouche.

En toute logique, il convient de proclamer que l'O.M. mérite largement la victoire. Corner en faveur du Racing est renvoyé par Di Lorto titré judicieusement sert Kohut. Le joueur sème ses adversaires lancés à sa poursuite et centre devant un lot de co-équipiers maladroits. Une belle et unique occasion de perdu car Hiden désemparé n'aurait pu éviter le but. La partie se poursuit acharnée avec des chances diverses. La rapidité du jeu ne faiblit pas un seul instant. Les deux gardiens sont alertés fréquemment et à des intervalles très rapprochés ; la fin survient sur le résultat logique : l'O.M. bat le Racing par un but à zéro.

CONSIDERATIONS

Personnellement et malgré le récent échec de l'O.M., face à Sochaux, je n'entrevoyais pas le choc d'aujourd'hui sous un jour défavorable aux Olympiens. Les événements ont donné raison à ceux qui font confiance aux joueurs marseillais. Deux conclusions s'imposent.

D'abord l'O.M. a singulièrement relevé le prestige du Sud-Est, ensuite il a démontré qu'une équipe valeureuse peut et doit bien se comporter sur terrain adverse. Nonobstant, la défaillance de dimanche dernier, les Olympiens se tirent à leur bonheur d'une série de déplacements qui, pour d'autres, eussent été fatals.

L'O.M. a joué une excellente partie. Ménageant ses forces dès le début, il a su prendre un net ascendant sur un adversaire possédant un moral complètement renoué par deux victoires retentissantes. Certes le jeu n'atteignit point les sommets de la perfection mais, par instants, dépassa en valeur ce que nous sommes habitués à voir.

Le but marqué par Kohut fut un véritable chef-d'oeuvre. Hiden par une mimique expressive démontra qu'il ne pouvait rien contre le coup du sort. Je me suis plu à constater que nos représentants n'accusaient aucun des défauts dont souffrent les onze méridionaux. En plus de la rapidité du jeu, de la constance dans l'effort, ils mettent à disputer la balle un acharnement vraiment admirable.

Le onze est bien équilibré sauf sur la gauche ou Schilmann se montra inprécis, maladroits, insuffisamment tenace. Devant la faiblesse de ce joueur, la forme imparfaite d'Alcazar, l'O.M. employa la seule tactique possible, celle qui devait lui donner la victoire. Kohut, véritable virtuose de la balle, obtint des services de tous ces co-équipiers. Le meilleur joueur d'O.M. et même des 22 joueurs étaient opposés à l'arrière droit sur, le moins rapide du Racing. L'O.M. profita de ces circonstances avec le maximum de chances dans la réussite. De fait, Kohut sema la panique dans la défense parisienne et si ses camarades avaient su profiter de nombreuses occasions qu'il leur offrait sans partage, l'O.M. aurait dû enregistrer un succès plus éloquent.

Si Kohut mérite une mention spéciale tout les joueurs olympiens ont droit à des félicitations. Par leur bonne tenue, par leur condition physique, ils menèrent les opérations à leur guise. Bruhin infatigable. Rabih intransigeant participèrent de façon indiscutable au succès du onze. Kurka, Conchy, malgré de chaudes alertes, firent preuve de beaucoup de sûreté et de sang-froid. Excellente exhibition de l'O.M. et victoire largement méritée.

 M. RAFFAELLI

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 Résumé du Petit Marseillais

du 16 octobre 1933

 

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Debout de gauche à droite : Charbit, Kurka, H. Conchy, Di Lorto, Bruhin, Rabih.

Au premier rang : Schillemann, Alcazar, Boyer, Eisenhoffer, Kohut.

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