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Résumé Le Provencal

du 09 mars 1964

BOUCHER montre le chemin !

Nancy est assommé (3-0)

dans les cinq dernières minutes

À la simple lecture du résultat, les milliers de supporters marseillais restés chez eux, pour cause de froidure, vont penser :

"Enfin une nette et brillante victoire de l'O.M. au stade-vélodrome.

Rien n'est pourtant plus faux et les spectateurs présents, eux, boulevard Michelet, en eu leur part habituelle d'émotions et l'incertitude.

À cinq minutes de la fin, pour tout dire, alors que les gradins commençaient à se vider, l'O.M. ne menait que par un tout petit but à zéro.

Un but à zéro, on le sait, surtout à Marseille où les précédents d'un adversaire égalisant à la dernière seconde sont nombreux, ne constitue qu'un bien faible marge de sécurité.

Mais cette fois la fortune voulut bien sourire aux Olympiens qui, pendant ces cinq dernières minutes, marquèrent deux nouveaux buts : un par Viaene et l'autre par Keller.

L'exploit de Boucher

Mais nous partageons complètement opinion de Mario Zatelli qui, de retour aux vestiaires, après avoir piqué une sainte colère et dit à ses joueurs un peu plus que deux mots déclara :

"Le véritable vainqueur de cette rencontre est Richard Boucher. En voilà au moins un qui a un moral de "gagneur"".

Le fait est que l'arrière gauche et capitaine de l'O.M. a joué un rôle prépondérant dans cette rencontre.

Il fut, non seulement et à son habitude le sort et sur défenseurs que l'on connaît, mais encore, montrant le bon exemple à son attaque, il marqua un but que l'on peut qualifier de décisif.

L'affaire se situe à la 70me minute.

L'O.M. dominait, mais piétinait. Déjà on envisageait un pénible match nul, quant à l'occasion d'une attaque marseillaise ressemblant à tant d'autres, Boucher, venu en renfort, tira de la ligne des 18 yards. Le ballon tel un bolide, alla se loger dans le coin droit (pour le gardien) de la cage de Ferrero.

Le stade jusque-là plutôt gelé pour différentes causes toutes faciles à comprendre, explosa littéralement. Et l'on vit Boucher, à l'issue d'un saut périlleux à demi réussi, à demi raté, retomber sur le dos, avant que le de manquer périr une nouvelle fois sous les embrassades de ses camarades.

Il semblerait que, dans un tel cas pareil, le plus dur ne soit pas de marquer.

Joseph déchaîné en première

mi-temps

L'essentiel étant écrit, il reste à faire mention de l'état du terrain et de l'assez remarquable première mi-temps de Joseph.

Jusqu'à la fin exceptionnellement heureuse de la partie, le public se montra assez déçu et de la qualité de la partie et de la tenue des deux équipes.

Il est bien certain que passe à l'adversaire, loupés et erreurs diverses furent à l'ordre de ce dimanche de Toussaint en mars.

Mais les vingt deux joueurs ont de sérieuses excuses à faire valoir, car l'état de la pelouse ne se prêtait pas au beau jeu ni surtout au jeu simplement précis.

Dans d'aussi mauvaises conditions, il ne faut pas se montrer trop difficile.

Cependant, en première mi-temps, Joseph, l'homme du grand Sud, d'un grand Sud. Il est vrai ou la pluie est fréquente, évolua sur la gadoue comme crocodiles dans l'eau.

Irrésistible à l'aile gauche, le bon Joseph donna cinq occasions de but, toutes ratées, à ses partenaires du centre, et fut bien près lui-même de marquer à deux reprises.

Deux ou trois minutes après le but décisif de Boucher, Joseph devait se claquer, terminant la partie emboîtant.

Sera-t-il remis dimanche prochain ? Lui-même nous a dit qu'il l'espérait.

Nancy assez désabusé

On parlera très peu de Nancy, car ses joueurs, habiles à manier le ballon au centre du terrain, au Chevalier (N.6) et Schultz (N.8) se mirent en évidence surtout en première mi-temps, parurent très inefficaces en dépit des efforts généreux et de la vitesse de l'avant-centre Sérafin.

Quant à la défense, malgré la valeur de Ferrero et d'Amanieu (N.3) elle fut assez bonne, sans plus.

Bref, une équipe ne manquons pas de valeur, mais qui nous a semblé assez désabusée.

Dans les vestiaires, sous la volée de bois vert que leur infligeait Mario Zatelli, la plupart des joueurs de Nancy souriaient et Schultz déclara :

"Bah ! perdre 1 à 0, 2 à 0, 3 à 0... ou 5 à 0 c'est toujours pareil".

Nous on veut bien, mais voilà qui ne doit pas faciliter la tâche du trésorier du F.C. de Nancy à la fin du mois.

L'O.M. doit mieux faire

L'O.M. n'a pas fait un bon match. Écrire le contraire, sous l'effet de ce 3 à 0 des dernières minutes, serait lui rendre un mauvais service.

Il n'a pas semblé que le courage et consciencieux Markiewicz était le remplaçant idéal de Milazzo. Keller, Peretti et Viaene ont souvent mieux joué qu'ils le firent mieux hier et Bernard, toujours aussi remarquable dans le jeu offensif, accusa quelques passages à vide.

En défense, seul Boucher et Escale, ce dernier ayant eu très peu à faire, furent à peu près irréprochables.

L'O.M. a gagné, nettement amélioré son goal-average, la défense lui a été on ne peut plus favorable, mais le montant n'est pas venu pour lui de s'endormir sur ses lauriers.

Maurice FABREGUETTES

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Jean ROBIN : "Que d'occasions perdues"

Chez les Marseillais régnait une ambiance des plus détendues.

L'entraîneur Jean Robin nous dit : "Dans l'ensemble nous avons fait un bon match. Nous avons raté de nombreuses occasions dans la première mi-temps !"

Milazzo constatait : "Dans le dernier quart d'heure, les Marseillais ont su foncer la cadence."

Boucher remarquait : "Le terrain était vraiment sale ! Mon but a sans doute émoustillé nos énergies".

Bernard était philosophe : "On a bien gagné, c'est l'essentiel !"

Peretti soupirait : "En première mi-temps, le ballon fusait, à la reprise, il y avait de la boue, le ballon était plus lourd ça allait mieux !"

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Zatelli : "C'est Boucher qui gagne le match"

Dans le camp nancéien les joueurs arboraient des mines tristes, défaites.

L'entraîneur Mario Zatelli c'est montré très volubile : "C'est Boucher qui gagne le match par sa volonté, son courage, sa détermination. Nous n'aurions pas du perdre aussi nettement ! Le 2me but est provoqué par un rebond de balle, mais pour le troisième, nous avons laissé jouer les Marseillais !

"C'est trop lourd et le score ne reflète pas la physionomie de la partie".

Le gardien Ferrero nous a dit de son côté : "C'est le premier but qui fait tout ! Nous avons voulu égaliser à tout prix et nous nous sommes dégarnis".

Knayer soupirait : "Nous ne méritons pas un tel score ! Les Marseillais ont eu de la chance et nous pas du tout".

Gassert constatait : "Pendant longtemps j'ai cru que nous allions faire match nul et puis, la partie a tourné autrement. Mais 3 à 0, ça ne reflète pas le déroulement des événements".

Alain DELCROIX

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