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FIN DU PURGATOIRE

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L'O.M. en Division I. Cet événement attendu depuis trois ans, cet exaltant dénouement a été accueilli dimanche à la manière d'une véritable fête du sport marseillais.
Même à Bastia, où nous avons vu, l'hiver dernier un public extrêmement passionné à l'occasion des fameux matches de Coupe Ajaccio-Béziers, on n'avait pas fait mieux ; cette fièvre, ce public bruyant, cette frénésie telle qu'il y eut sur la fin du match un début d'envahissement de terrain, dont les conséquences, pour aussi pacifiques qu'ait été cette manifestation, auraient pu être fâcheuses.

Un tel spectacle, assurément sympathique, ne pouvait se voir qu'à Marseille. Le retour de l'O.M. parmi l'élite était souhaitable, dans l'intérêt même du football français tout entier. Depuis trois ans qu'on l'attendait -et qu'on désespérait- ce renouveau devait forcément engendrer un fol enthousiasme auprès de ce véritable peuple sportif qui a la réputation d'un public "en or" et qui demeure attachant à plus d'un titre. Quand on sait que les Marseillais ont été sevrés de grand football depuis un bon lustre, on ne peut donc que se réjouir avec eux de la résurrection de l'O.M.
Otto Gloria était dimanche avec le président Zaraya le plus heureux des hommes.

Il faut dire que l'entraîneur brésilien a réussi pour son coup d'essai un véritable coup de maître et, même si la chance lui a parfois fait risette, il n'en mérite pas moins un grand coup de chapeau.

Depuis qu'il a succédé à Lucien Troupel, dont le travail n'est pas pour rien dans cette réussite, le mentor sud-américain a ramené l'O.M. de la dixième à la quatrième place tant convoitée.On ne s'étonnera donc pas de savoir qu'il fut, lui aussi, chaudement félicité par la horde des frénétiques supporters phocéens.

Dans cette ambiance sensationnelle les joueurs n'échappèrent évidemment pas aux exigences de la foule. Leurs maillots furent arrachés et on leur réclama un tour qu'ils  accomplirent pour ainsi dire à bout de bras, la plupart d'entre eux ayant été portés en triomphe.
SANSO le puncheur. Le plus acclamé d'entre eux ne fut autre que le brave Etienne Sansonnetti, celui-là même qui était si vivement critiqué à l'époque où l'O.M. n'arrivait pas à se dégager du "Purgatoire". Il faut dire que "Sanso", buteur numéro un de l'équipe, fut encore l'artisan du succès qui ouvrait définitivement à l'O.M. les portes de la D I.

Dans son style direct et opiniâtre le puncheur de l'O.M. marqua en effet les deux buts qui ôtaient toute illusion aux Bisontins, lesquels, il faut bien le dire, s'étaient contentés, faute d'une attaque plus réaliste, de subir constamment le jeu. Autant en première mi-temps Sansonnetti s'était montré persévérant mais malheureux (il échoua trois fois seul devant Cluzel), autant après la pause il apparut percutant et sut forcer une victoire que lui seul pouvait assurer.
Le chaleureux accueil des supporters ne fut donc pour lui qu'un juste retour des choses. Les deux buts qu'il marqua lui procureront énormément de confiance.

Le triomphe de l'O.M. à une époque où notre football traverse un peu partout la sérieuse crise que l'on sait, prend la forme d'une consolation, voire d'une promesse. Puissent les dirigeants phocéens persévérer dorénavant dans la voie qui leur est grande ouverte. Il est évident qu'une ville comme Marseille, ne saurait se contenter de médiocrité. C'est pourquoi il n'est pas trop tôt pour préparer l'avenir, afin de redonner à l'O.M. son lustre d'antan et plus encore dans le but de refaire de Marseille ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : un bastion du football.

Quand aux Bisontins, il leur reste la consolation d'être finalistes de la Coupe Drago après avoir battu les meilleurs équipes de Division I, et d'avoir également accompli une saison fort honorable. Nul n'aurait cru au début de ce championnat une telle performance à leur portée. Précisons à propos des Franc-Comtois qu'ils ont cru bon de déposer des réserves techniques parce que quelques spectateurs trop enthousiastes, comme nous l'avons déjà mentionné, pénétrèrent sur l'aire de jeu à trois minutes de la fin.

Mais ce serait oublier que ces imprudents supporters furent vitre rappelés à l'ordre par l'arbitre, et surtout que les Doubistes, trop prudents eux, n'ont pas véritablement joué en hommes luttant pour l'accession.

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