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Retour - Fiche de la rencontre |
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Une image, une seule, fracasse les souvenirs au moment où l'on repense à la finale de Bari. |
C'est trop dur : car l'OM de Basile et de ses frères n'a pas mérité ça. Ils l'ont dominée, cette finale. Ils devaient la gagner dix fois.Et ils la perdent stupidement après un combat de deux heures, pour un tir au but repoussé par Stojanovic Décidément, le football français est maudit. En 1976,c'est un coup franc de Roth qui fait trébucher Saint-Etienne. Quinze ans après, l'histoire bafouille quand elle nous sert, tout froid, bien glacé, l'épisode d'Amoros tirant dans les bras du gardien yougoslave au cours d'une séance de penaltys, cruelle, injuste, inhumaine. Marseille pleure de ne pas avoir offert à la France sa première coupe européenne. |
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Trente-six ans que tout le pays attend cet évènement, mais la cinquième finale française en compétition européenne n'aura rien donné comme les autres. Comme celles de Reims en 1956 et 1959, comme celle de Saint-Etienne en 1976, comme celle de Bastia en 1978 (dans la Coupe de l'UEFA). Dommage, car l'OM n'a jamais été aussi près. Faudra-t-il attendre quinze ans maintenant pour espérer encore ? |
Les chants qui s'élèvent dans le soir qui vient prennent aux tripes. A l'heure où le Sicilien Tulio Lanesse regarde une dernière fois sa montre-chrono pour libérer les vingt-deux acteurs de la centième finale européenne, notre univers se colore de bleu et de blanc. Ce soir, ce sont les couleurs de l'espoir. Dans ce poker menteur où chacun cache bien son jeu, l'équipe yougolave tente un bluff. Elle ose attaquer d'entrée, toujours sur le côté droit. Savicevic, le meneur de jeu yougoslave ne mène pas vraiment les siens sur les sentiers de la gloire. |
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L'OM pousse, presse. Et Boli active ses troupes. Avec lui, l'équipe marseillaise crée le surnombre. En face, les Yougoslaves montrent une fébrilité de débutants doués. |
Pareil de l'autre côté avec Fournier et Germain acharnés à la perte de Posinecki et de Savicevic, tandis que Pancev rêve d'un ballon qui ne tombera que sur Mozer ou Boli. La finale est à ce point bridée, cadenassée, coincée, qu'elle ne réussira jamais à nous délivrer l'identité de son vainqueur. Même si l'OM l'a déclinée plus d'une fois. |
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Le match court à son terme, Waddle a deux occasions mais il est dit que rien ne sera inscrit, même dans les prolongations. Pour les tirs au but, Goethals, s'efforce de trouver la clef de l'énigme en désignant cinq tireurs à sang froid capables d'exécuter la sentence et d'enlever le morceau. Manu Amoros doit ouvrir le bal, juste dans la foulée de Prosinecki. Il a vu que le blond de l'Etoile Rouge a tapé dans le mille, il ne lui reste plus qu'à faire la même chose. |
Il s'élance, se bloque juste avant la frappe qu'il décoche trop précipitamment, trop tôt. Comme hypnotisé par Stojanovic, il lui tire dans les mains. Après Amoros, ceux de l'OM courront, sans vraiment y croire, après ceux de Belgrade. Casoni après Binic, Papin après Belodevic, Mozer après Mihajlovic. Toujours un but d'avantage pour les Serbes. Il est exactement 22 h 50 quand Darko Pancev s'élance pour le dernier tir yougoslave. S'il le manque, l'OM garde ses chances, sinon.... Il marque, c'est fini, La coupe est yougoslave. |
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On a beaucoup parlé, avant ce match fatidique, des deux trios magiques capables de chaque côté de faire naître l'étincelle, d'entretenir l'illusion, d'emballer la rencontre. Le PPW contre le PPS. Papin-Pelé-Waddle contre Prosinecki-Pancev-Savicevic. Mais on a trop attendu de ces six-là. Ce soir, le temps n'est pas aux arabesques. La force a pris ainsi le pas sur l'esprit. Les larmes de Basile hanteront longtemps le Stade de Bari et le cœur des Marseillais. Mais Basile reviendra à Munich pour nous délivrer de tous nos démons. |
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